Ayrton Senna da Silva est un pilote automobile brésilien, né le 21 mars 1960 à São Paulo, Brésil, et mort le 1er mai 1994 à Bologne (Italie), suite à un accident lors du Grand Prix de Saint-Marin. Véritable idole au Brésil où son statut a dépassé celui de simple champion sportif, il est considéré comme l’un des plus grands pilotes de l’histoire de la Formule 1 dont il remporta trois fois le titre de champion du monde en 1988, 1990 et 1991, après avoir remporté 41 Grands Prix et signé 65 pole positions. Il est le dernier pilote mort dans cette discipline.
Initié au pilotage dès son plus jeune âge, Ayrton Senna dispute ses premières compétitions de karting à l’adolescence. Champion d’Amérique du Sud de karting en 1977, puis vice-champion du monde de la spécialité en 1978 et 1979, il émigre, en 1981, vers le Royaume-Uni, pour poursuivre sa carrière. Au Royaume-Uni, Senna ne tarde pas à se forger une solide réputation dans le milieu du sport automobile. Champion de Formule Ford 1600 britannique en 1981, puis champion de Formule Ford 2000 (britannique et européenne) en 1982, il remporte l’année suivante le relevé Championnat de Grande-Bretagne de Formule 3.
Sa rapidité alliée à un style très agressif ne passe pas inaperçue et certaines écuries de Formule 1 commencent à surveiller le jeune pilote. Ainsi, durant l’été 1983, alors que sa saison de Formule 3 n’est pas encore achevée, il est convié à un test par l’écurie Williams. Quelques mois plus tard, McLaren et Brabham testent l’espoir brésilien. Ces grandes équipes ne lui proposent toutefois pas de volant pour le Championnat du monde de Formule 1 1984 et c’est au sein de la modeste équipe Toleman que Senna effectue ses débuts en Grand Prix.
En 1984, Senna mène la course d’inauguration du Nürburgring.
Senna effectue ses premiers tours de roues dans le ventre mou du peloton, mais inscrit son premier point dès la deuxième course de sa carrière en terminant sixième du Grand Prix d’Afrique du Sud, son statut change à l’occasion de la sixième épreuve de la saison (son cinquième départ dans la discipline), au Grand Prix de Monaco 1984. Alors que des trombes d’eau s’abattent sur la Principauté et mettent en déroute la plupart des pilotes, Senna livre une prestation solide : parti de la treizième place sur la grille, il est premier sous le drapeau à damier lorsque la course est interrompue avant son terme pour raison de sécurité. Conformément au règlement, la victoire est attribuée à Alain Prost, leader de l’épreuve un tour avant l’interruption1. Cette performance, ainsi que sa dixième place au championnat du monde avec 13 points, lui ouvre les portes de l’écurie Lotus-Renault.
Chez Lotus, au sein d’une équipe capable de jouer régulièrement la victoire, Senna confirme immédiatement son potentiel en remportant le GP du Portugal, disputé le 21 avril 1985 sous le déluge d’Estoril. Senna profite des 800 chevaux de son moteur Renault V6 turbocompressé2 pour réaliser sept pole positions lors de la saison 1985. Gérard Crombac, fondateur du journal spécialisé dans la course automobile et dans l’automobile sportive Sport Auto, ne tarde pas à le comparer à son défunt ami Jim Clark, double champion du monde de Formule 1.
Senna remporte sa seconde victoire de la saison sur le sélectif tracé de Spa-Francorchamps. Chez Lotus, Senna est particulièrement apprécié car, outre ses qualités de pilotage, il fait preuve d’une acuité rare dans le dialogue technique avec les ingénieurs.
La Lotus 99T numéro 12 pilotée par Senna en 1987
En 1986, Senna poursuit son apprentissage aux côtés des ingénieurs français Gérard Ducarouge et Bernard Dudot. Il est leader du championnat jusqu’au septième Grand Prix de la saison. Il décroche deux nouvelles victoires, lors des Grands Prix d’Espagne et de Détroit et se classe quatrième du championnat du monde avec 55 points à la fin du championnat, devancé par Alain Prost sur Mclaren Porsche (72 points) et le duo Nigel Mansell-Nelson Piquet sur Williams-Honda (70 et 69 points).
En 1987, suite au retrait de Renault, Lotus signe avec le motoriste japonais Honda et change de sponsor : la livrée JPS noir et or est remplacée par le jaune de Camel. Senna connaît une saison difficile à cause principalement de la nouvelle technique de « suspension active » de sa Lotus 99T. Il décroche néanmoins la première de ses victoires à Monaco et remporte une nouvelle fois le Grand prix de Detroit, qui reste la dernière victoire de Lotus en Formule 1. S’il monte sur huit podiums au cours de l’année, il ne termine que troisième du championnat, perdant la place de vice-champion à l’issue du dernier Grand Prix où, second sous le drapeau à damier, il est disqualifié pour freins non conformes.
La course aura donc lieu. Au briefing des pilotes, Ayrton Senna retrouve le Français Erik Comas, qu’il avait secouru à Spa en 1992, pour lui demander de le rencontrer à Monaco afin de parler de sécurité. Visiblement Senna a l’intention de reformer un comité de pilotes. Il en discute également avec Michael Schumacher et Gerhard Berger à la sortie de ce briefing. Puis le dimanche midi, il traverse tout le paddock et le motorhome Renault pour demander à Alain Prost de le rejoindre. De nouveau il lui parle de sécurité et de ses doutes sur la possibilité de contenir la Benetton de Schumacher avec sa Williams.
Il faut rappeler qu’outre les accidents de Barrichello et de Ratzenberger, JJ Lehto et Jean Alesi ont déjà été victimes de violentes sorties entrainant des blessures lors de l’intersaison. Puis Karl Wendlinger à Monaco et Andrea Montermini à Barcelone seront également violemment accidentés. Le changement de réglementation avec le retrait subit de l’électronique ont visiblement rendu les F1 de l’année 1994 dangereuses. De plus beaucoup de circuits n’ont plus été aménagés depuis quelques saisons, étant donné qu’aucun pilote n’a été tué depuis Elio de Angelis en 1986.
Le dimanche 1er mai, au départ, un accident se produit dès le feu vert, la Lotus du Portugais Pedro Lamy percutant la Benetton du Finlandais JJ Lehto sur la grille, des débris s’envolant par dessus les grillages de sécurité, touchant des spectateurs et un policier. Course neutralisée d’entrée, la voiture de sécurité emmène donc la meute des F1 au ralenti durant cinq tours, et s’écarte. Après un seul tour bouclé à pleine vitesse, en tête dans cette sixième boucle, talonné par la Benetton de Michael Schumacher, Ayrton Senna perd le contrôle de sa monoplace qui part tout droit dans la courbe ultra-rapide de Tamburello avant d’aller percuter un mur de béton avec une rare violence (210 km/h lors de l’impact), à 14 h 18. Alors que Senna reçoit des soins d’urgence à même la piste, avant d’être héliporté vers l’hôpital Maggiore de Bologne, ce funeste Grand Prix va à son terme après une interruption d’une vingtaine de minutes, non sans qu’un nouveau drame se produise dans les stands ; à onze tours de la fin, la Minardi de Michele Alboreto perd une roue qui va blesser plusieurs mécaniciens.
Le casque d’Ayrton Senna créé par le peintre Sid Mosca : les couleurs jaune, vert et bleu représentent le drapeau du Brésil
De fausses rumeurs circulent autour du circuit indiquant que Senna est sauf, mais il n’y a aucun moyen de le soigner compte tenu de la gravité de ses blessures et de sa « mort cérébrale » constatée dès son arrivée à l’hôpital. Deux heures après la collision, l’état de Senna est très critique ; coma profond, front enfoncé, multiples fractures. Par la suite « Magic » est transféré à l’hôpital Bellaria, spécialisé dans la neurochirurgie, où l’on doit tenter une opération au cerveau, « qualifiée de la dernière chance ».
Son décès est officiellement prononcé peu après 18 h 30. La cause directe de la mort du pilote brésilien résulte d’une circonstance malheureuse. En effet, sous la violence du choc, le triangle supérieur de la suspension avant de sa F1 s’est brisé et est allé frapper, tel un sabre, la visière de son casque. Selon l’autopsie, cette pièce aurait perforé le visage de Senna sous l’arcade sourcilière droite provoquant ainsi des lésions irréversibles au cerveau et une forte hémorragie.
La Williams FW16 de Senna est ramenée aux stands et bâchée. Un officiel, qui examine la voiture, trouve un drapeau autrichien dans le cockpit8. Senna a en effet demandé à un ami de lui fournir ce drapeau pour rendre hommage à Ratzenberger au cas où il gagnerait la course.
Issu d’un milieu aisé, lui-même rapidement multimillionnaire, Senna n’en était pas moins préoccupé par les graves difficultés économiques et sociales de son pays. Finançant pendant plusieurs années des œuvres caritatives, Senna avait commencé à la fin de sa vie à réfléchir à un projet de plus grande envergure visant à aider les enfants les plus démunis. Senna disparu, c’est sa sœur Viviane Senna Lalli qui a concrétisé les projets du pilote brésilien, en mettant sur pied la Fondation Ayrton Senna, un organisme qui met en place des projets éducatifs pour les enfants les plus démunis, notamment par la pratique régulière du sport l’après-midi après avoir été en classe le matin. Selon Viviane, il s’agit non seulement d’apprendre aux enfants à respecter des règles et le fair-play, mais aussi de les « fatiguer » pour qu’ils aillent se coucher tôt le soir et éviter qu’ils traînent dans les rues peu sûres des favelas.
Senna a décroché la première place des meilleurs pilotes de F1 de tous les temps lors d’un vote mis en place en 2005 par le plus important magazine automobile brésilien, ainsi que la principale chaîne de télévision brésilienne. Les votants regroupaient de grands chroniqueurs sportifs de la Formule 1, ainsi que des pilotes de renom comme Alain Prost, Nelson Piquet, Michael Schumacher, Jean Alesi, Jackie Stewart ou encore Stirling Moss et Niki Lauda.






















