19 février 2012
Niki Lauda

Andreas Nikolaus Lauda dit Niki Lauda, né le 22 février 1949 à Vienne en Autriche, est un ancien pilote de course automobile autrichien. Il a notamment couru en Formule 1 de 1971 à 1979, puis de 1982 à 1985 et remporté à trois reprises le titre de champion du monde des pilotes (1975, 1977 et 1984).

Issu de la grande bourgeoisie autrichienne, Niki Lauda rentre vite en opposition avec sa famille, qui voit d’un mauvais œil sa passion naissante pour le sport automobile. Rapidement, il coupe les ponts avec le “clan” Lauda pour tracer sa propre voie. Vivant de petits boulots pour financer ses débuts en compétition, Niki Lauda use également de son patronyme célèbre pour contracter des prêts de plus en plus importants auprès des banques autrichiennes.

En 1971, il débute en Formule 1 à l’occasion de son Grand Prix national, en se payant le volant d’une modeste March. Puis, en 1972, toujours à l’aide d’une importante somme d’argent, il dispute la saison complète. À l’issue de cette première saison passée dans l’anonymat du fond de grille, il trouve quand même pour 1973 un volant dans l’équipe BRM, mais toujours moyennant finances. Dans l’impossibilité de trouver la somme réclamée par BRM, il va jusqu’à faire croire à son nouvel employeur qu’il est soutenu par un sponsor, avec promesse de verser l’argent plus tard dans la saison ! Au tiers de la saison, Lauda a le couteau sous la gorge. Avec aucun résultat notable à son actif, et malgré les primes décrochées dans d’autres catégories (Tourisme, Endurance), le pilote autrichien n’est plus en mesure d’honorer les multiples dettes qu’il a contractées. La délivrance arrive de manière inespérée à l’occasion du Grand Prix de Monaco. Enfin performant, Lauda pointe un moment en troisième position devant la Ferrari de Jacky Ickx avant d’abandonner. Sa prestation lui permet de changer de statut du jour au lendemain. De pilote “payant”, il devient pilote “payé”. En fin d’année, après un nouveau coup d’éclat sur le très sélectif tracé du Nürburgring, il est même recruté par la prestigieuse Scuderia Ferrari. Devant sa télévision, Enzo Ferrari aurait, dit-on, eu un véritable coup de cœur pour le pilote autrichien lors du Grand Prix de Monaco.

Le recrutement de Lauda par Ferrari laisse toutefois perplexe de nombreux observateurs. Malgré ses deux coups d’éclat de 1973, Lauda est un pilote peu réputé. Il passe plus pour être un pilote laborieux que pour être un prince de la vitesse. Sous son impulsion, la Scuderia Ferrari va pourtant amorcer un spectaculaire retour au premier plan, tandis qu’il s’affirmera dans le même temps comme le meilleur pilote de sa génération. En mesure de jouer le titre dès la saison 1974, Lauda se laisse pourtant décrocher à mi-saison suite à une série de défaillances mécaniques mais également d’erreurs de pilotage. En 1975 par contre, en alliant rapidité et maîtrise de la course (ce qui lui vaut le surnom de L’ordinateur, une manière de stigmatiser son intelligence mais également parfois un certain manque de panache), il ne laisse aucune chance à ses rivaux et remporte son premier titre de champion du monde ainsi que le BRDC International Trophy, hors-championnat.

Niki Lauda au Nürburgring en 1976
En 1976, Lauda semble bien parti pour une deuxième saison consécutive de domination absolue (avant le fatidique Grand Prix d’Allemagne, 10e épreuve du championnat, il compte 31 points d’avance sur Jody Scheckter et 35 sur James Hunt), mais sa carrière bascule le 1er août 1976 sur le tracé du Nürburgring. Parti en pneus pluie, Lauda s’arrête au stand à l’issue de la première boucle pour chausser les pneus slicks, et repart dans le ventre mou du peloton. Dans son deuxième tour, dans le gauche rapide précédant le virage de Bergwerk, pour une raison jamais expliquée, il perd le contrôle de sa voiture, qui va frapper l’extérieur de la piste, avant de rebondir en plein milieu de la trajectoire, où elle est percutée par d’autres concurrents lancés à pleine vitesse1. Dès le choc initial, le casque de Lauda a été arraché et sa voiture s’est embrasée. À moitié inconscient, et alors qu’il est prisonnier des flammes, Lauda est tiré de sa voiture par Arturo Merzario, aidé de ses collèges Brett Lunger, Guy Edwards et Harald Ertl. Transporté à l’hôpital d’Adenau, Lauda est grièvement brûlé au visage. Mais les médecins sont surtout inquiets pour ses poumons, car Niki a inhalé des vapeurs d’essence hautement toxiques, et souffre de graves difficultés respiratoires. Son état est à ce point critique qu’un prêtre est appelé à son chevet pour lui administrer les derniers sacrements. Pourtant, à peine six semaines plus tard, les brûlures de son visage encore vives, Lauda est au départ du Grand Prix d’Italie, qu’il terminera à la quatrième place. Son absence temporaire a toutefois permis à son rival et ami James Hunt de refaire son retard au championnat (en 3 courses, il a repris 21 points à Niki), tandis que le développement technique de la Ferrari a été gelé. À la veille de l’ultime épreuve du championnat, disputée au Japon, Lauda ne compte que trois points d’avance sur Hunt (68 pour Lauda, 65 pour Hunt). Mais en raison des trombes d’eau qui s’abattent sur le circuit de Fuji, Lauda préfère renoncer volontairement dès la fin du premier tour, offrant ainsi le titre à Hunt.

La décision de Lauda divise les observateurs. Certains y voient une force de caractère mais d’autres (notamment en Italie et au sein de la Scuderia) le signe que Lauda, bien que physiquement rétabli de son accident du Nurburgring est perdu pour le haut niveau. À l’entame de la saison 1977, Lauda est ainsi relégué deuxième pilote de l’écurie derrière Carlos Reutemann. Dans une ambiance interne délétère, Lauda va pourtant faire taire les sceptiques en dominant Reutemann et en décrochant son deuxième titre de champion du monde. Il s’offre même le luxe de claquer la porte de l’écurie avant le terme de la saison. Son entrevue avec le Commendatore à Modène est des plus orageuses, Lauda déclare vouloir s’en aller et rien de plus alors que Ferrari se sent furieux et trahi de voir son pilote ainsi quitter l’écurie avant le terme de la saison. Lorsque Lauda prend les commandes de son avion privé à Modène, il est mis en attente deux heures durant par la tour de contrôle. Le contrôleur lui déclarant “vous quittez Ferrari, fini les privilèges”. Il obtient le Grand Prix de l’Académie des sports pour son second sacre.

En 1978, Lauda rejoint les rangs de l’écurie Brabham-Alfa Romeo, dirigée par Bernie Ecclestone. Malgré deux victoires en 1978 (dont celle en Suède avec la fameuse Brabham BT46B Brabham-aspirateur), Lauda n’est pas en mesure de conserver son titre (il termine 4e du championnat). Les choses empirent en 1979, avec une voiture complètement ratée et très peu fiable. Au matin des premiers essais du Grand Prix du Canada, avant-dernière manche de la saison, Lauda annonce ainsi subitement qu’il met un terme à sa carrière, avec effet immédiat. Lauda peut ainsi se consacrer au développement de sa compagnie aérienne (Lauda Air), récemment créée. En 1980, malgré ses faibles résultat en Formule 1, Lauda remporte la saison inaugurale du championnat BMW M1 Procar.

Après quasiment deux années loin des circuits, Lauda effectue son retour dans les paddocks de Formule 1 à l’occasion du Grand Prix d’Autriche 1981, en qualité de consultant pour une chaîne de télévision. Repris par le virus de la compétition, il noue immédiatement des contacts avec l’écurie McLaren, contacts qui débouchent sur son engagement pour la saison 1982. Certains ironisent sur le retour de Lauda, que l’on dit surtout motivé par les difficultés financières que traverse sa compagnie aérienne, mais le pilote autrichien retrouve rapidement son meilleur niveau et s’impose dès sa troisième course, sur le circuit de Long Beach. En 1984, grâce à la dominatrice McLaren-TAG, et malgré la présence à ses côtés du Français Alain Prost (plus performant mais moins régulier), il décroche cinq victoires et son troisième titre mondial avec seulement un demi point d’avance sur son coéquipier, ce qui constitue le plus petit écart de l’histoire du championnat. Par contre, en 1985, souvent très malchanceux et également partiellement démotivé, il effectue une saison plus discrète (une seule victoire, la 25e de sa carrière, à Zandvoort) avant d’annoncer sa retraite définitive.

Régulièrement présent sur les Grand Prix après sa retraite sportive, Lauda retrouve une fonction officielle en 1992, en devenant consultant pour la Scuderia Ferrari, à la demande du nouveau Président Luca di Montezemolo (qui était son directeur sportif à ses débuts chez Ferrari). En sa qualité de consultant, on a beaucoup dit que Lauda avait eu un rôle actif dans le recrutement de Jean Todt courant 1993. Fin 1995, Lauda quitte Ferrari.

La compagnie aérienne de Lauda (Lauda Air) ayant été rachetée par Austrian Airlines, Niki est plus ou moins poussé dehors par les nouveaux propriétaires au début des années 2000. Il se replonge alors dans la Formule 1 en prenant en deux temps les commandes de l’écurie Jaguar Racing. Mais au bout d’un an, il est remercié par les dirigeants de Ford.
Depuis 1996, Lauda commente les Grands Prix en qualité de consultant pour les télévisions allemandes et autrichiennes. Il a également monté en 2003 une nouvelle compagnie aérienne nommée Flyniki. Son fils Mathias Lauda s’est lancé dans le sport automobile. En 2006, il dispute notamment le championnat DTM. Les médias ont reparlé de lui suite à sa deuxième greffe de rein, don d’un membre de sa famille.

  • 13 saisons en championnat du monde de Formule 1
  • 171 départs en championnat du monde de Formule 1
  • Champion du monde 1975, 1977 et 1984
  • 25 victoires
  • 24 pole positions
  • 24 meilleurs tours en course
  • 54 podiums
  • 420,5 points inscrits
  • 1 592 tours en tête
  • 80 abandons





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Thoma K.