Débutons par les prix des carburants. Les tarifs à la pompe, relativement sages en fin d’année, avec 1,59 €/l pour le gazole et 1,65 €/l pour le SP95‑E10, repartent à la hausse dès ce 1er janvier 2026. Les automobilistes doivent absorber une augmentation de 4 à 6 centimes par litre, soit 2 à 3 euros supplémentaires pour un plein de 50 litres. Cette hausse provient de l’alourdissement de la contribution des distributeurs au dispositif des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE). Déjà estimée à 11 centimes par litre en 2025, cette part grimpe désormais entre 15 et 17 centimes, selon l’UFIP Énergies & Mobilités. Les CEE financent notamment MaPrimeRénov’ et le bonus écologique, désormais adossé à ce mécanisme.
Venons-en au malus écologique qui se durcit lui aussi de manière spectaculaire. Le seuil de déclenchement du malus CO₂ descend à 108 g/km, contre 113 g/km en 2025, ce qui fait basculer dans la taxation des modèles jusqu’ici épargnés. Une citadine comme la Renault Clio TCe 90, homologuée à 118 g/km, voit son malus passer de 170 € à 260 €. Le malus au poids évolue également : le seuil est abaissé à 1 500 kg, avec une taxation comprise entre 10 et 30 € par kilo au‑delà. Un SUV Volkswagen Tiguan 1.5 l TSI de 1 590 kg passe ainsi d’un malus nul à 900 €. Les hybrides non rechargeables bénéficient toujours d’un abattement de 100 kg, et les hybrides rechargeables de 200 kg. Le plafond global du cumul des malus CO₂ et poids est relevé à 80 000 €, contre 70 000 € auparavant.
Le bonus écologique, rebaptisé « prime coup de pouce véhicules particuliers électriques », est revalorisé en 2026. Les ménages très modestes (RFR inférieur à 16 301 € par part) voient leur aide passer de 4 200 € à 5 700 €. Les ménages modestes (RFR entre 16 301 et 26 300 €) bénéficient désormais de 4 700 €, contre 4 200 € auparavant. Pour les autres foyers (RFR supérieur à 26 300 €), le bonus passe de 3 100 € à 3 500 €. Le dispositif devient toutefois plus complexe : les montants annoncés correspondent à un socle, auquel peuvent s’ajouter des bonifications négociées entre constructeurs automobiles et fournisseurs d’énergie via les CEE. C’est ce qui permettait déjà à Renault, en 2025, de proposer des aides comprises entre 3 620 et 4 770 € sur la R5, au‑delà du bonus officiel.
En 2026, un superbonus batterie de 1 000 à 2 000 € peut également s’ajouter si la batterie est fabriquée en Europe. Pour en bénéficier, le véhicule doit coûter moins de 47 000 €, peser moins de 2,4 tonnes, et obtenir un score environnemental minimal calculé par l’Ademe. Cette dernière condition exclut la majorité des modèles produits hors Europe.
Quant au contrôle technique, il se durcit lui aussi en 2026, notamment pour les véhicules équipés d’un airbag Takata, un dispositif défectueux à l’origine de plusieurs accidents mortels dans le monde. Plus d’un million de véhicules sont encore concernés en France. Jusqu’ici, le contrôle technique se contentait d’un signalement. Désormais, un véhicule soumis à un rappel « Stop Drive » sera automatiquement classé en défaillance critique, ce qui signifie une interdiction immédiate de circuler après le contrôle. Les automobilistes doivent vérifier leur numéro VIN sur les sites des constructeurs automobiles pour savoir si leur véhicule fait l’objet d’un rappel urgent ou d’un simple rappel sans contre‑visite obligatoire.
Autre nouveauté visible sur les routes en 2026 : les plaques provisoires WW et W garage adoptent un fond rose fluorescent avec caractères noirs, en remplacement du fond blanc. L’objectif est de rendre ces plaques beaucoup plus difficiles à falsifier et de permettre aux forces de l’ordre d’identifier immédiatement un véhicule en immatriculation provisoire, avec une date de validité bien mise en évidence. Cette mesure vise à lutter contre une fraude répandue : certains conducteurs utilisent des plaques provisoires pour faire circuler des véhicules puissants ou importés sans carte grise ni malus, en prétendant qu’ils sont « en essai ».
À noter également que les trajets sur les autoroutes vont coûter plus cher aux automobilistes en 2026, dès le 1er février. Parmi les grands acteurs autoroutiers, c’est Cofiroute, filiale de Vinci Autoroutes, qui appliquera les hausses les plus marquées. Sur son vaste réseau du Centre‑Ouest, long de 928 km, les tarifs progresseront entre 1,21 % et 1,41 % selon la catégorie de véhicule. La SAPN n’est pas en reste : sur l’axe Paris–Normandie, le prix du péage grimpera de 1 % à 1,25 %, confirmant l’une des plus fortes augmentations du secteur.
Dans les autres régions, la tendance reste orientée à la hausse, même si elle se montre légèrement plus contenue. En Rhône‑Alpes, AREA appliquera une progression de 0,95 %, tandis qu’APRR, gestionnaire du réseau Paris‑Rhin‑Rhône, ajustera ses tarifs de 0,94 % par rapport à 2025. Des évolutions qui, mises bout à bout, confirment une nouvelle année de renchérissement pour les usagers des autoroutes françaises.
Du côté des radars, l’intelligence artificielle ne sera pas utilisée en 2026. En effet, la Sécurité routière a récemment confirmé ce point, le temps de financer, d’homologuer, et de mettre en place de nouveaux textes de loi. Ainsi, les expérimentations existent déjà à l’étranger, comme en Grèce par exemple, avec des résultats impressionnants, mais la France n’a pas encore validé leur usage, ni techniquement ni juridiquement.
Enfin, l’année 2026 s’annonce donc comme un tournant réglementaire majeur pour les automobilistes. Entre fiscalité renforcée, normes plus strictes et lutte accrue contre la fraude, le coût d’usage des véhicules thermiques augmente, tandis que les aides à l’électrique se renforcent mais deviennent plus techniques. Une transition qui impose à chacun de s’adapter à un environnement législatif plus dense, plus exigeant et plus coûteux. Bonne année 2026 à toutes et à tous !
La rédaction
Photos : LesVoitures.com
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