Avec ce retrait, Alpine referme une parenthèse de près de quinze ans en endurance, entamée en 2013 par un retour remarqué en LMP2. Le projet Hypercar, lui, avait pris forme en 2021 grâce à une dérogation autorisant l’utilisation d’une Oreca LMP1 bridée, avant que la marque ne déploie enfin son propre prototype LMDh en 2024, engagé en WEC et aux 24 Heures du Mans. L’édition 2026 sera donc la dernière apparition de l’Alpine A424 sur le circuit de la Sarthe.
Depuis plusieurs semaines, les rumeurs d’un retrait imminent s’étaient intensifiées, allant jusqu’à évoquer une possible disparition de la marque Alpine elle‑même. Cette décision intervient alors que Luca de Meo, PDG de Renault Group jusqu’à l’été dernier, estimait qu’Alpine aurait besoin de vingt ans pour devenir un rival crédible de Porsche. Le projet en Endurance et donc aux 24 Heures du Mans s’interrompt pourtant bien plus tôt pour Alpine Endurance, sous l’impulsion de son successeur François Provost.
La présence d’Alpine en 2026 en WEC a même été un temps remise en question, avant que la direction ne valide une ultime saison. Le programme repose toujours sur l’expertise de Signatech, structure dirigée par Philippe Sinault, pilier historique de l’aventure endurance d’Alpine.
Dans ce contexte, le PDG d’Alpine, Philippe Krief, a justifié la décision en déclarant : « Nous avons dû prendre des décisions difficiles pour protéger les ambitions à long terme d’Alpine », rappelant le ralentissement du marché du véhicule électrique et la nécessité de concentrer les investissements sur la gamme et la marque. Il ajoute : « En tant qu’équipe, nous devons tous chez Alpine concentrer nos efforts sur ces défis. Concernant le sport auto d’Alpine, bien que nous regrettions de ne pas pouvoir continuer en WEC après cette saison, nous concentrer sur la Formule 1 nous offre une plateforme unique à partir de laquelle nous pouvons accroître la notoriété de la marque conformément à nos ambitions en matière de croissance produit et marché. » Et de conclure : « L’esprit de compétition fait partie de l’ADN d’Alpine, dans tous les aspects de l’entreprise. Par conséquent, je suis convaincu que nous continuerons à nous battre jusqu’à la toute dernière seconde, de la toute dernière course dans laquelle nous serons engagés toute l’année 2026. »
La saison 2026, dont la présentation officielle aura lieu la semaine prochaine, s’annonce comme une véritable tournée d’adieux, alors même que le prototype a bénéficié d’évolutions techniques et décroché sa première victoire à Fuji à l’automne dernier.
Cette annonce intervient dans un climat social tendu autour du site de Viry‑Châtillon, déjà fragilisé par la perte de la conception moteur F1 au profit d’un bloc client Mercedes-AMG. Les inquiétudes se multiplient quant à l’avenir du site, menacé de disparition pure et simple. Le maire de Viry‑Châtillon, Jean‑Marie Vilain, a récemment dénoncé les « mensonges et trahisons » de Renault, accusé de renoncer à une usine qui devait devenir un pôle « Hypertech ».
Renault évoque désormais un projet rebaptisé « Alpine Tech », assurant que le site poursuivra sa transformation en misant sur l’innovation au service du groupe et de la marque Alpine. Le constructeur automobile met en avant les compétences uniques des équipes et les équipements technologiques déjà en place, tout en cherchant depuis janvier des partenariats externes capables de valoriser ces atouts.
Dans ce paysage assombri, une lueur d’incertitude, ou d’espoir, selon les points de vue, demeure. Selon nos informations, Renault pourrait envisager un retour en Endurance dès 2027, potentiellement en Hypercar, ce qui ouvrirait la porte à une présence aux 24 Heures du Mans pour Renault. On évoque une réflexion interne encore embryonnaire, mais bien réelle, autour d’un engagement futur sous le nom Renault, distinct de la stratégie Alpine. Une hypothèse encore fragile, mais qui pourrait rebattre les cartes à moyen terme pour le Losange.
En attendant, Alpine s’apprête à vivre ses deux dernières saisons d’endurance et ses dernières 24 Heures du Mans, avec la volonté affichée de défendre ses couleurs jusqu’au bout, avant de recentrer ses forces sur la Formule 1 et sur la consolidation de sa gamme sportive électrique.
La rédaction
Photos : LesVoitures.com
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