Ainsi, sur le site officiel Ferrari, on peut lire, mot pour mot, au sujet de la 365 GT4 BB : « Tout le monde sait que les Ferrari arborent des noms merveilleux et poétiques. Pendant des années, ils étaient obtenus simplement en utilisant la cylindrée unitaire des moteurs (en multipliant le nom de la Rossa par le nombre de cylindres, on obtenait la cylindrée : 275 fois 12 égal 3300, et ainsi de suite). Mais il y a une Ferrari qui affiche sur sa carrosserie un nom particulier. Celui d’une star. En effet, la BB a été baptisée en l’honneur de Brigitte Bardot. »
Cette phrase lève définitivement le voile sur un secret longtemps gardé. Officiellement, la Ferrari 365 GT4 BB, dévoilée en 1971, tire son suffixe de Berlinetta Boxer. Officieusement, elle doit ses deux lettres finales à une femme dont la beauté et la liberté fascinaient le monde entier : Brigitte Bardot. Une femme dont les initiales, BB, étaient devenues un symbole universel.
Dans les années 1960, Brigitte Bardot incarne une féminité nouvelle, solaire, affranchie. Son aura traverse les frontières et touche jusqu’aux bureaux de Pininfarina et de Ferrari. Lorsque les designers découvrent les premières lignes de ce nouveau coupé à moteur central, ils sont frappés par sa sensualité. Ils la trouvent aussi belle, aussi troublante, aussi magnétique que Brigitte Bardot. Le surnom s’impose naturellement. Il restera.
Au milieu des sixties, l’architecture moteur central‑arrière s’impose en compétition. La Lamborghini Miura en 1966 en fait une arme de route. Ferrari, plus prudente, n’a transposé ce schéma que sur la Dino 206 GT à moteur V6. Mais lorsque vient le moment de remplacer la grande GT V12, la 365 GTB/4 Daytona, le passage au moteur central devient inévitable. Enzo Ferrari, attaché aux proportions classiques des GT à long capot, redoute pourtant de perdre cette sensualité qui fait l’âme de ses voitures. Puis, Brigitte Bardot entre en scène discrètement dans les couloirs de Maranello…
Il confie alors à Pininfarina une mission presque impossible : créer une GT à moteur central qui conserve le charme, la présence et la noblesse d’une Ferrari à moteur avant. Le designer Leonardo Fioravanti relève le défi. Son trait donne naissance à une silhouette basse, élancée, tendue, dont les ailes galbées et la partie inférieure noire sculptent une allure unique. Les phares escamotables affinent encore la ligne. Les arches reliant les montants centraux à la poupe dessinent un profil pseudo‑fastback d’une élégance rare. À Maranello comme à Turin, on murmure alors que cette voiture est « une Bardot mécanique ».
Le moteur de la Ferrari 365 GT4 BB, un V12 à 180°, dérive de celui de la 312 B de Formule 1. Techniquement, il ne s’agit pas d’un boxer, car les pistons opposés se déplacent dans la même direction. Mais Ferrari utilise cette approximation pour justifier le second « B ». L’essentiel est ailleurs : la BB est née, et son nom est un hommage discret mais assumé à Brigitte Bardot.
En 1976, la Ferrari 365 GT4 BB laisse place à la 512 BB, dont la cylindrée grimpe de 4.4 à 4.9 l, offrant davantage de couple tout en conservant 360 ch. En 1981, la 512 BBi adopte l’injection mécanique et perd 20 ch, mais gagne en souplesse et en modernité.
Puis vient 1984. Ferrari et Pininfarina tournent une page stylistique majeure. La Testarossa remplace la BB. Les courbes sensuelles disparaissent au profit d’une brutalité sculpturale, presque architecturale. Les initiales de Brigitte Bardot s’effacent, mais le V12 à plat, désormais doté de 4 soupapes par cylindre, grimpe à 390 ch. Les 512 TR (1991) et 512 M (1994) pousseront ce bloc jusqu’à 440 ch, avant que la lignée ne s’éteigne en 1996 avec l’arrivée de la 550 Maranello et de son V12 avant ouvert à 65° développant 485 ch. Concernant la Testarossa, elle est presque de retour avec la 849 Testarossa hybride rechargeable de 1 050 ch dévoilée en septembre 2025.
Enfin, c’était donc il y a 30 ans. 30 ans que le moteur « BB » a tiré sa révérence. 30 ans que l’hommage mécanique à Brigitte Bardot a quitté les chaînes de montage de Maranello. Et aujourd’hui, alors que la France dit adieu à l’actrice, ce surnom, ces deux lettres, résonnent avec une intensité nouvelle. La Ferrari 365 GT4 BB de 1971 n’est pas seulement une GT mythique. Elle est un fragment d’histoire. Un moment où l’automobile et le cinéma se sont rencontrés. Un instant où la beauté d’une femme a inspiré la beauté d’une machine. Un hommage silencieux, devenu éternel.
La rédaction
Photos : Ferrari
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