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Industrie automobile : le Sénat alerte d’un crash majeur pour la France

Le marché automobile français plonge de 5,02 % sur 2025, et derrière cette donnée se cache une réalité explosive. La filière, qui fait vivre 350 000 salariés sur 4 000 sites industriels, et jusqu’à 800 000 emplois en comptant l’aval, vacille dangereusement. Dominique Estrosi Sassone rappelle que le secteur constitue la « colonne vertébrale » de l’industrie française. Pourtant, il se retrouve pris en étau entre des règles européennes jugées déconnectées et une concurrence mondiale devenue implacable. Les arrêts de production chez Stellantis à Poissy, Mulhouse et Sochaux ne sont plus des signaux faibles mais les premiers craquements d’un édifice industriel qui se fissure. Le Sénat alerte sur une situation jugée plus que délicate pour l’industrie automobile française.

Pour la sénatrice LR des Alpes-Maritimes, « l’une des clés » pour « sauver » l’ensemble de l’industrie automobile française est de restaurer « sa compétitivité ». Elle appelle à « l’aggiornamento » du Plan européen, une révision confirmée par Stéphane Séjourné lors de son audition au Sénat. Le 17 décembre 2025, le président de la Plateforme Automobile, Luc Chatel, a également tiré la sonnette d’alarme.

Les chiffres compilés par la commission des Affaires économiques du Sénat dressent un tableau d’une gravité exceptionnelle. Depuis la pandémie, la filière n’a jamais retrouvé son souffle. Les ventes de véhicules particuliers ont chuté de 20 % en cinq ans. La France a perdu 12 points de part de production automobile en Europe entre 2000 et 2020. L’industrie automobile française a été fragilisée par deux décennies de délocalisations vers des pays à bas coûts. Pour Alain Cadec, le scénario est limpide : « On va vers un crash, si rien n’est fait. »

Enfin, à cette fragilité structurelle s’ajoute une pression réglementaire inédite. En effet, même si elle doit être revue par l’UE, l’interdiction des ventes de voitures thermiques neuves en 2035 est vécue comme un couperet. Le rapport sénatorial souligne que cette mesure « fragilise les constructeurs européens pris en étau entre les investissements colossaux » nécessaires à l’électrification et « la contraction du marché ». Alain Cadec prévient que « l’Europe se tire une balle dans le pied, voire dans les deux pieds ». La commission réclame le report de cette échéance « totalement suicidaire », une position également défendue par le chancelier allemand Friedrich Merz, selon les sénateurs.

La rédaction

Photos : Renault et Stellantis

Publié par
Frédéric Martin

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