Ce matin, invité sur BFM TV, le ministre des Transports a reconnu que la question devait être « réexaminée », évoquant la possibilité d’étendre certaines obligations d’équipements hivernaux aux départements non concernés par la Loi Montagne. Autrement dit : pneus 4 saisons obligatoires ? Chaussettes à neige obligatoires ? Le débat est officiellement ouvert. Pourquoi ? Car les automobilistes et autres usagers de la route qui circulent au quotidien en Île‑de‑France n’ont ni l’habitude, ni les équipements nécessaires pour rouler même sur 2 ou 3 cm de neige.
Contrairement aux zones de montagne, aucune obligation n’impose aux automobilistes franciliens d’avoir des pneus adaptés ou des dispositifs antidérapants telles que des chaussettes à neige. Résultat : deux jours de neige par an suffisent à provoquer un effondrement total du trafic, avec des centaines de kilomètres de bouchons et des axes fermés comme la N118.
Dans le débat actuel sur l’équipement hivernal, trois marquages reviennent sans cesse : M+S, 3PMSF et les appellations « pneus hiver » ou « pneus 4 saisons ». Ils sont souvent confondus, alors qu’ils n’ont ni les mêmes performances, ni le même statut légal, ni la même utilité selon les régions.
Le marquage M+S, pour « Mud & Snow », est le plus trompeur. Il ne correspond à aucune homologation officielle et n’est soumis à aucun test normalisé. Il indique simplement que le pneu possède un dessin de gomme plus creusé, censé améliorer la motricité dans la boue ou la neige légère. En pratique, cela ne garantit absolument pas un comportement efficace sur neige ou verglas. C’est un marquage déclaratif, rien de plus.
À l’inverse, le symbole 3PMSF, reconnaissable au flocon de neige dans une montagne à trois pics, est une véritable homologation européenne. Pour l’obtenir, le pneu doit réussir des tests stricts de motricité sur neige. C’est aujourd’hui le seul marquage reconnu comme pneu hiver dans le cadre de la réglementation française. Tous les pneus hiver portent ce symbole, et certains pneus 4 saisons également.
Les pneus hiver se distinguent par une gomme spécialement formulée pour rester souple même sous 7°C, ce qui améliore l’adhérence sur sol froid. Ils possèdent aussi de nombreuses lamelles qui mordent la neige et réduisent nettement les distances de freinage sur chaussée glissante. Ce sont les pneus les plus performants en conditions hivernales, mais ils deviennent inutiles, voire contre-productifs, dans une région comme l’Île-de-France où il neige deux ou trois jours par an.
Les pneus 4 saisons, eux, sont des pneus hybrides. Ils combinent une gomme plus tendre qu’un pneu été et un dessin plus lamellisé, ce qui leur permet d’être utilisables toute l’année. Lorsqu’ils portent le marquage 3PMSF, ils sont légalement considérés comme adaptés à l’hiver. Mais ce compromis a un prix. Sur sol sec, surtout en été, ils freinent moins bien qu’un pneu été et offrent une tenue de route moins précise. Leur gomme plus souple entraîne également une surconsommation légère mais réelle, ce qui n’est ni idéal pour le portefeuille, ni pour l’environnement. Et en conditions hivernales sévères, ils restent moins efficaces qu’un vrai pneu hiver. Précisons que ces mêmes pneus 4 saisons peuvent aussi être marqués M+S.
En Île-de-France, la neige est rare mais ses conséquences sont systématiquement catastrophiques. La région n’est pas couverte par la Loi Montagne, donc aucune obligation d’équipement n’existe. Les automobilistes roulent presque tous en pneus été, ce qui explique pourquoi deux centimètres de neige suffisent à paralyser totalement les axes majeurs, à commencer par la N118.
Imposer des pneus hiver ou même des pneus 4 saisons à des millions d’automobilistes franciliens serait disproportionné. Les pneus hiver seraient inutilisés 360 jours par an, et les pneus 4 saisons entraîneraient une surconsommation permanente pour un bénéfice très ponctuel.
À l’heure où le gouvernement envisage d’étendre les obligations d’équipements hivernaux hors zones montagne, une évidence s’impose : l’Île‑de‑France n’a pas besoin de pneus hiver, ni même de pneus 4 saisons généralisés. Leur coût, leur impact sur la consommation, leur usure accélérée et leurs performances inférieures sur sol sec en feraient une mesure disproportionnée pour une région où la neige apparaît deux ou trois jours par an. Ce dont la région a réellement besoin, c’est d’un équipement ponctuel, simple, économique et immédiatement efficace. Et cet équipement existe déjà : les chaussettes à neige. Elles se rangent dans un coffre, peuvent être montées en quelques minutes, n’entraînent aucune surconsommation et transforment instantanément une voiture en véhicule capable d’affronter les rues enneigées de Paris ou les pentes verglacées de la N118.
Enfin, pour les épisodes neigeux rares mais paralysants que connaît l’Île‑de‑France, les chaussettes à neige, et pour certains axes les chaînes, sont de loin les solutions les plus logiques, les plus écologiques et les plus efficaces. Si une obligation doit voir le jour, ce seraient les deux plus judicieuses, surtout pour les chaussettes à neige : un équipement amovible, accessible à tous, capable d’éviter que la région capitale ne se retrouve figée au moindre flocon.
La rédaction
Photos : LesVoitures.com et image générée par Microsoft Copilot (IA)
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