Ce type de délinquance connaît une explosion depuis plusieurs années. En effet, les vols de pots catalytiques ont augmenté de manière spectaculaire en France, portés par la flambée du prix des métaux précieux qu’ils contiennent. Le palladium, le rhodium et le platine atteignent des valeurs record sur les marchés internationaux, avec un rhodium dépassant parfois les 400 000 € le kilo selon les cours mondiaux. Ces métaux, indispensables au traitement des gaz d’échappement, transforment chaque pot catalytique en une cible potentielle pour les réseaux criminels.
Les véhicules les plus touchés sont souvent les modèles essence anciens ou très diffusés, dont les catalyseurs contiennent davantage de métaux précieux. Les SUV, les utilitaires et les hybrides sont également prisés, car leur garde au sol facilite l’intervention rapide des voleurs. En quelques minutes, un groupe organisé peut découper un pot catalytique à la scie sabre et disparaître avant même que l’alarme ne se déclenche.
Les conséquences pour les automobilistes sont lourdes. Le remplacement d’un pot catalytique peut coûter entre 800 € et 2 500 €, parfois davantage sur certains modèles hybrides. À cela s’ajoutent les immobilisations, les démarches d’assurance et les risques de refus de prise en charge lorsque le véhicule n’est pas assuré contre le vol. Les assureurs signalent d’ailleurs une hausse notable des déclarations liées aux vols de pots catalytiques, au point que certaines compagnies ont commencé à ajuster leurs tarifs dans les zones les plus touchées.
L’opération menée par la Gendarmerie nationale dans le Var illustre l’efficacité des unités spécialisées dans la lutte contre la délinquance itinérante. Les réseaux de voleurs de catalyseurs sont souvent mobiles, organisés et connectés à des filières internationales de revente. Europol rappelle que ces trafics alimentent parfois des circuits de blanchiment et de criminalité organisée, les métaux précieux étant facilement revendables sur des marchés opaques.
Pour les forces de l’ordre, la priorité est désormais d’assécher les débouchés. Les contrôles renforcés des centres de recyclage, la traçabilité des pièces métalliques et la coopération européenne sont devenus essentiels pour freiner le phénomène des vols de pots catalytiques. Les constructeurs automobiles travaillent également sur des solutions techniques, notamment la réduction de la quantité de métaux précieux dans les catalyseurs ou l’ajout de systèmes anti‑intrusion.
Enfin, avec cette saisie de 253 pots catalytiques et l’interpellation de trois suspects, la Gendarmerie nationale signe une avancée importante dans un combat qui touche directement des milliers d’automobilistes chaque année. Une opération saluée comme une réussite collective dans la lutte contre la délinquance itinérante, et un rappel que ce fléau reste plus que jamais d’actualité.
La rédaction
Photo : Gendarmerie nationale
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