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Renault : revirement total sur les voitures électriques, la « Renaulution » est morte

Renault, après avoir été pionnier de l’électrique avec la stratégie « Renaulution » lancée en 2021 par Luca de Meo, envisage désormais de réintroduire des versions thermiques sur des modèles initialement conçus pour être 100 % électriques. Cette réflexion intervient dans un contexte de crise du marché automobile, marqué par la stagnation des ventes de voitures électriques et la défiance croissante d’une partie des Français face à une électrification jugée imposée.

Selon Les Échos, le constructeur automobile français prépare un nouveau plan stratégique qui sera dévoilé au premier trimestre 2026 par François Provost, directeur général du groupe depuis juillet 2025. Parmi les pistes étudiées figure une décision lourde de sens : proposer des versions thermiques ou hybrides de modèles comme les Renault Mégane E-Tech et Scénic E-Tech, aujourd’hui uniquement disponibles en tant que voitures électriques.

Depuis l’annonce de la stratégie « Renaulution » en 2021 par Luca de Meo, le groupe Renault avait fait le choix d’accélérer sur l’électrique avec des plateformes dédiées, à rebours de concurrents comme Stellantis qui ont préféré des bases multi-énergies. Mais quatre ans plus tard, la réalité du marché est plus complexe. Les ventes de voitures électriques comme la berline Mégane E-Tech ou le SUV Scénic E-Tech restent en deçà des attentes, tandis que les Français expriment une lassitude croissante face à des véhicules jugés trop chers, contraignants en matière d’autonomie et dépendants d’un réseau de recharge encore insuffisant. L’échéance de 2035, qui prévoit la fin de la vente des voitures thermiques neuves dans l’Union européenne, alimente ce sentiment d’une électrification imposée.

Dans ce contexte, François Provost prépare un nouveau plan stratégique qui sera dévoilé au premier trimestre 2026. Parmi les scénarios étudiés figure la possibilité de proposer des versions hybrides ou thermiques de modèles phares du segment C, comme les Renault Mégane Scénic. L’objectif serait double : élargir la clientèle en redonnant du choix et améliorer la rentabilité industrielle en augmentant les volumes produits. La coentreprise Horse, créée avec le chinois Geely et spécialisée dans les moteurs thermiques et hybrides, a déjà développé un prolongateur d’autonomie qui pourrait trouver sa place dans cette nouvelle stratégie.

Si cette orientation venait à être confirmée, elle marquerait un tournant pour Renault en matière de voitures électriques, qui avait été l’un des premiers à miser dessus avec la Zoé. Elle traduirait aussi une adaptation pragmatique à une crise sectorielle profonde. Les ventes de voitures neuves en Europe restent fragiles, la pression réglementaire est forte et les marges des constructeurs automobiles s’érodent. Dans ce climat économique plus que délicat, offrir des alternatives thermiques ou hybrides pourrait apparaître comme une manière de concilier transition énergétique et attentes réelles des consommateurs. Rappelons que la semaine dernière, des sénateurs ont alerté sur un probable effondrement de l’industrie automobile française. Le rapport sénatorial en question propose 18 mesures pour éviter ce désastre économique annoncé.

Les futurs remplaçants des modèles Renault Mégane et Scénic, attendus entre 2027 et 2028, pourraient inaugurer cette nouvelle approche avec une plateforme multi-énergies. En revanche, la Renault 5 100 % électrique, symbole du renouveau de la marque, restera fidèle à son positionnement zéro émission. Pour les amateurs d’essence, Renault continue par ailleurs de proposer la Clio, dont la sixième génération a été lancée récemment.

Enfin, ce possible retour du thermique au sein d’une gamme pensée pour l’électrique illustre les tensions qui traversent aujourd’hui l’industrie automobile. Entre ambitions politiques, contraintes réglementaires et réalités économiques, Renault cherche à ajuster sa trajectoire. La « Renaulution » avait incarné une rupture audacieuse, mais la prochaine étape pourrait bien être celle d’un rééquilibrage, destiné à rassurer des clients qui, en France comme ailleurs, ne veulent pas se voir imposer une seule voie, celles des voitures électriques.

La rédaction

Photos : LesVoitures.com

Publié par
Frédéric Martin

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