Le contraste est saisissant. Le 10 octobre 2024, Elon Musk dévoile en grande pompe le Cybercab, présenté comme la prochaine révolution technologique liée aux voitures électriques autonomes. Mais pendant que la planète automobile commente la silhouette de ce robotaxi, à Ajaccio, le dirigeant d’une petite entreprise de distribution de boissons réalise que Tesla a oublié une étape pourtant élémentaire : déposer la marque. Ainsi, selon les documents consultés par Electrek auprès de l’USPTO (United States Patent and Trademark Office), personne chez Tesla n’avait pris soin de sécuriser le nom « Cybercab » avant sa présentation publique. Une négligence difficile à comprendre pour une entreprise habituée à verrouiller sa communication et ses innovations, mais qui illustre ici un surprenant manque de rigueur. Vive la Corse en passant !
Cette faille liée au futur Tesla Cybercab ouvre un boulevard à Unibev, une société corse comptant 1 à 2 salariés selon son immatriculation. L’entreprise dépose la marque « Cybercab » aux États‑Unis le 28 octobre 2024, soit près de trois semaines après la présentation mondiale du robotaxi. Tesla, elle, ne réagit qu’en novembre, bien trop tard pour espérer obtenir la priorité pour ses voitures électriques autonomes.
L’USPTO applique alors strictement la procédure : la demande de Tesla liée au nom « Cybercab » est suspendue tant que celle d’Unibev n’est pas « enregistrée ou abandonnée ». Autrement dit, le géant californien se retrouve dépendant d’une micro‑entreprise française pour pouvoir utiliser le nom qu’il a déjà largement diffusé dans sa communication mondiale. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’Unibev prend Tesla à revers. L’entreprise détient déjà trois marques déposées « Teslaquila », un nom qu’Elon Musk souhaitait utiliser pour une tequila en édition limitée. Une répétition qui laisse penser à une stratégie assumée : repérer les angles morts administratifs du géant américain et s’y engouffrer.
Electrek confirme cette hypothèse en citant une source interne : « une source proche du dossier a indiqué à Electrek que Tesla et Unibev sont en négociations à ce sujet, mais qu’aucun accord n’a encore été conclu. » Une formulation qui laisse entendre que Tesla devra probablement mettre la main au portefeuille pour récupérer un nom qu’elle pensait acquis.
Ce problème tombe particulièrement mal pour Tesla et son futur robotaxi Cybercab. En effet, en attendant la mise en production du Cybercab, les premiers essais sur route ont débuté il y a quelques jours à Austin, avec des Model Y en guise de robotaxis. Cependant, le nom « Cybercab » a été largement utilisé dans les communications officielles, les présentations publiques et les documents destinés aux investisseurs. Un changement de dénomination à ce stade serait non seulement coûteux, mais aussi potentiellement dommageable pour l’image d’une marque qui se veut pionnière et technologiquement irréprochable.
Enfin, cette affaire révèle surtout une réalité difficile à ignorer : malgré son aura technologique, Tesla peut parfois étonnamment faire preuve d’amateurisme dans la gestion de dossiers administratifs pourtant fondamentaux. Et dans ce cas précis, celui du programme Cybercab, c’est une petite société corse qui en profite, rappelant que même les géants peuvent trébucher lorsqu’ils négligent les bases.
La rédaction
Photo : Tesla
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