Dans le détail, Elon Musk peut potentiellement se faire attribuer pas moins de douze tranches de 35 millions d’actions Tesla. Si l’ensemble des conditions est rempli, la participation personnelle du patron passerait de 13 % à environ 25 %, renforçant son contrôle sur l’entreprise. Musk justifie cette exigence par la nécessité de conserver une influence stratégique : « Je ne veux pas me retrouver avec si peu de contrôle que je puisse facilement être évincé par des actionnaires activistes. Mon contrôle sur Tesla devrait être suffisant pour garantir sa bonne direction, mais pas au point de ne pas pouvoir être éjecté si je pète les plombs », déclarait-il fin juillet.
Le plan de rémunération promis à Elon Musk repose sur des seuils de capitalisation boursière extrêmement ambitieux. Actuellement valorisée à 1 540 milliards de dollars, Tesla devra franchir 2 000 milliards pour déclencher la première tranche, puis 4 000 milliards pour la cinquième, 6 000 milliards pour la neuvième et enfin 8 500 milliards de dollars pour la dixième. Pour obtenir l’intégralité du paquet, Musk devra donc plus que quintupler la valeur de Tesla en cinq ans, soit deux fois la capitalisation de Nvidia, aujourd’hui l’entreprise la plus chère du monde, et vingt-quatre fois celle de LVMH, leader mondial du luxe.
Ce plan hallucinant illustre la confiance des investisseurs dans la capacité de Tesla à maintenir une trajectoire de croissance exceptionnelle. Le constructeur automobile américain, pionnier des voitures électriques avec des modèles emblématiques comme la Model S, la Model 3, la Model X et la Model Y, s’est imposé comme un acteur central de la transition énergétique. Ses Gigafactories réparties aux États-Unis, en Europe et en Chine produisent batteries et véhicules à grande échelle, tandis que l’entreprise investit dans l’intelligence artificielle, le stockage d’énergie et la conduite autonome.
La concurrence est toutefois féroce. Des groupes comme BYD en Chine, Volkswagen en Europe ou Toyota au Japon accélèrent leurs investissements dans l’électrique. Tesla et Elon Musk devront maintenir leur avance technologique et leurs marges pour convaincre les marchés automobiles internatonaux. La réussite de ce plan dépendra aussi de la capacité de Musk à rassurer les investisseurs malgré les incertitudes macroéconomiques, ses récentes frasques sur le plan politique et les critiques sur sa gestion.
En résumé, ce « jackpot à 1 000 milliards de dollars » validé par les actionnaires n’est pas une récompense immédiate mais un pari colossal : transformer Tesla en une entreprise pesant plus de 8 500 milliards de dollars, un objectif qui dépasserait toutes les capitalisations boursières connues dans l’histoire de l’automobile et de la technologie. Elon Musk en est-il capable ? La réponse dans les prochains mois.
La rédaction
Photos : capture d’écran YouTube et LesVoitures.com
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