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DeLorean DMC-12 : la voiture intemporelle, son histoire et son essai…

 
 
    Publié le 27 octobre 2012

Rien qu’à la lecture de ce nom « DeLorean », on s’imagine remonter le temps comme dans le film qui a révélé cette auto au destin extraordinaire et tumultueux, marquant à jamais le monde de l’automobile. Nous avons eu le plaisir de découvrir et d’essayer une DMC-12 authentique et en parfait état. Avant de vous faire vivre une soirée parisienne en DeLorean, pleine de lumières et d’effets, et de vous présenter ses innovations techniques d’antan mais créer pour toujours, faisons un rapide « retour dans le passé » sur l’histoire de cette voiture.

DeLorean-DMC12

Qui n’a jamais pensé quitter son patron après que ce dernier ait refusé votre projet ? Et bien c’est exactement à cet instant que tout commence lorsque le vice-président de General Motors, John Zachary DeLorean, alors âgé de 48 ans, quitte son poste en 1973 et crée, à Détroit, l’année suivante, son entreprise : la John Z. DeLorean Corporation. En 1962 General Motors avait en effet refusé son projet. L’objectif de Zachary est alors très précis, commercialiser une voiture de sport différente avec un moteur en position arrière, une carrosserie en acier inoxydable, des portières papillons et offrant une sécurité inégalée.

En 1981, soit 8 ans après (tout est une histoire de « temps » avec cette auto), et après de multiples technologies imaginées mais irréalisables, la production débute en Irlande dans une usine financée par le gouvernement anglais qui tentait alors de calmer le conflit irlandais entre protestants et catholiques. Mais la qualité de la main d’œuvre n’était pas la meilleure et les premières DMC-12 livrées aux USA seront démontées puis réassemblées dans des « Quality centers » appelés « Quack ». La majorité des problèmes furent résolus en 1982. Les DMC-12 sont alors proposées avec une garantie de cinq ans ou 80 000 km. DeLorean souhaitait alors concurrencer les Corvette Stringray et autres Porsche 911.

Puis tout s’accélère, fin 1982, la voiture ne se vend pas, le marché américain boude l’auto et les financements anglais sont stoppés. La suite est inéluctable, la John Z. DeLorean Corporation fait faillite et les chaînes de fabrication passent sur « OFF » pour toujours le 24 décembre 1982, la veille de Noël. L’évènement le plus hollywoodien de l’histoire de la DMC-12 a lieu en cette même année. John DeLorean, ayant besoin de plusieurs milliers de dollars, participe à un trafic de drogue! Et comme dans un film ou une série américaine à procès, DeLorean est arrêté le 19 octobre 1982 puis acquitté en 1984 sur le motif que le F.B.I avait monté de toutes pièces ce trafic.

Les chiffres officiels annoncent que 8583 DMC-12 ont été fabriquées. La société Consolidate International termine l’assemblage des dernières autos. Les principales pièces sont stockées pendant plus de 10 ans et après avoir été rapatriées aux USA à Colombus. Puis en 1997, ces pièces sont rachetées par la DeLorean Motor Company, une nouvelle société reprenant le nom d’origine. Cette entreprise ayant pour but de les distribuer et d’en développer de nouvelles. A ce jour, 99% des pièces sont disponibles…Place à l’essai.

Nous avons rendez-vous au château de Villiers le Mahieu situé dans les Yvelines avec Richard Quaderno, l’heureux propriétaire de la DMC-12 N°10330 sortie des chaînes en décembre 81.

Avant de prendre la route pour Paris à bord de cet OVNI, Richard nous explique pourquoi début 2011 il a acheté une DMC-12 de plus de 29 ans alors qu’a la même période la Renault Latitude venait d’apparaitre sur le marché (joke) :  » Enfant, en regardant Retour vers le futur je me suis dit que cette auto était une pure invention des studios d’Hollywood pour le film. »  Mais quelques années après et grâce à l’arrivée du web dans notre civilisation, Richard réalise que l’auto existe et il n’a plus qu’un rêve en tête, acquérir la DMC-12 ! (Quant à moi, j’attends toujours l’arrivée en concession du Faucon Millenium)…Et c’est précisément le 10 mars 2011 que son rêve devient réalité, avec l’achat, de l’exemplaire qui avait été importé par la radio Nostalgie en 2008 pour un jeu concours.

Le moment est venu de monter à bord de l’auto et cela se réalise avec une facilité déconcertante malgré son hauteur de 1m14. Nous sommes en effet bien aidés par les portes papillons dont la pièce maîtresse du mécanisme d’ouverture est une barre de torsion très spéciale pour laquelle il est intéressant de détailler le fonctionnement. Développée par Grumman Aerospace, cette barre à la propriété de se tordre 3 fois sur elle-même. Cette prouesse technologique est possible grâce à la cryogénisation. C’était il y a plus de 30 ans et aujourd’hui les seules choses que l’on nous propose de cryogéniser sont nos propres corps pour renaître, peut être, après un éventuel fléau viral, bref…Une fois les portes rabaissées, c’est une sensation étrange entre claustrophobie et confort.

Sur l’autoroute en direction de la capitale, le moteur V6 PRV (Peugeot Renault Volvo) développant environ 130 chevaux est plutôt juste pour les 1420 kgs de l’auto. Malgré tout on peut comparer la DMC-12 à une vraie GT car le confort et le plaisir de conduire sont bien présents. Le châssis poutre en Y développé par Colin Chapman est fidèle à la réputation des Lotus, rigide, donnant la sensation d’être comme sur un rail. Richard nous décrit l’ambiance à bord : « La DMC-12 vit. Tous ses grincements et autres bruits me donnent vraiment la sensation que chaque trajet est unique. La conception globale de la voiture et les matériaux utilisés à l’époque remplissent l’habitacle d’une ambiance incomparable. » Arrivée en ville, son gabarit imposant de 1m98 de large pour 4m27 de long et son petit angle de braquage font que l’auto n’est pas très à l’aise. Proche des Champs Elysées à la tombée de la nuit, les regards des touristes et des passants nous font vite réaliser que cette DeLorean n’est pas une voiture mais un mythe. Un propriétaire d’une Ferrari California nous a même proposé un échange, NO WAY ! Nous ne saurons jamais s’il était sérieux.

A la place de l’Etoile, scène principale de notre shooting by night, la carrosserie en acier inoxydable révèle toute sa magie. Le dessin de la DMC-12 a été réalisé par Giorgetto Giugiaro, le designer le plus en vogue du moment. Et devinez de quelle auto s’est-il inspiré ? La réponse est : la Porsche Tapiro, un « concept car » qu’il avait dessiné pour Porsche en 1970. En effet, la Tapiro apparaissait alors comme la plus proche, esthétiquement parlant, des exigences ordonnées par John Zachary DeLorean. La DMC-12 devait posséder un attrait visuel durable, indémodable, et un CX ne dépassant pas 0,33. A cela s’ajoute d’autres paramètres essentiels comme les phares rectangulaires, les portes papillons et l’angle d’inclinaison du pare brise à 60 degrés. Le cahier des charges étant démentiel, nous passerons sur celui-ci.

De nuit, l’inox de 1981 révèle toute sa beauté et ses reflets sont saisissants. A croire que le cuivre de cette année 2012 sur le « concept car » Peugeot Onyx serait du plus bel effet sur une Supercar française mais c’est un autre sujet. C’est néanmoins l’occasion de saluer l’initiative de la marque au Lion d’utiliser un tel matériau. Le shooting s’est avéré délicat compte tenu du nombre de passants qui se sont arrêtés pour regarder la DMC-12 et la prendre en photo. Même le plus beau des mannequins n’aurait certainement pas attiré autant de monde !

Nous décidons donc de partir dans un endroit plus calme et c’est au parking des 4 Temps à La Défense que nous continuons les photos dans une ambiance assez décalée. La musique classique qui résonne dans le sous-sol du centre commercial ne va pas du tout avec la DMC-12 ! Sébastien Alvarez (Galerie 11), notre photographe, peut alors laisser libre place à ses inspirations. Et voici ses impressions : « La DeLorean est évidemment un mythe pour les personnes de ma génération et peut-être même celles d’après : qui n’a pas rêvé devant “Retour vers le futur” ? C’est une voiture marquée d’un très fort capital sympathie, on s’imagine immédiatement qu’une fois la « porte papillon” fermée, ce carrosse nous mènera vers de merveilleuses aventures, pleines de promesses. Quelle meilleure source d’inspiration pour un artiste ! » Et Sébastien a même réalisé une belle cascade en disparaissant derrière l’auto en un « flash ». Au bruit de sa chute nous avons compris qu’il est peut être dangereux d’organiser des séances photos dans des parkings souterrains aux sols lubrifiés par des huiles de moteurs…

L’analyse de Sébastien et de son travail avec la DeLorean renforce l’idée que cette auto est hors du temps : « Regarder la DeLorean est déjà un plaisir, alors la photographier ! Sa carrosserie unique en acier en fait un objet photogénique, qui permet des jeux de lumières exceptionnels et très intéressants. Pour moi, il était important d’essayer d’apporter un nouveau regard sur cette voiture, de la sortir du contexte dans lequel le public à l’habitude de la connaître afin de lui offrir toute la dimension qu’elle mérite pour son esthétisme seul. Le plaisir d’un shooting c’est aussi de vivre l’instant, de voir la réaction des passants, leur question, leur amusement…Et pendant le shooting, Place de l’Etoile et dans le parking de la Défense, nous en avons vu des passants. » Et à la vue des clichés réalisés, nous sommes certains de vous avoir fait partager cette soirée. Un grand merci à Sébastien Alvarez pour son amicale collaboration. Retrouvez ses photos sur son site « Galerie 11 » : galerie11.net

Notre aventure en DMC-12 s’achève avec une dernière photo clin d’œil au film. Nous avons (virtuellement) connecté la DeLorean à une borne Autolib’, 2,21 gigowatts…, THE END ? Et bien, non !

Une nouvelle DeLorean électrique est annoncée pour 2013, TO BE CONTINUED !

Texte : Frédéric LAGADEC

Photos : Sébastien Alvarez, Galerie 11 : galerie11.net