Si son éviction par les actionnaires de Stellantis en 2024 a marqué un tournant après des années de gestion exigeante, il ne semble pas nourrir de rancœur envers ceux qui ont précipité son départ. Réputé pour avoir redressé PSA avant la fusion avec FCA (Fiat Chrysler Automobiles), les stratégies menées par Carlos Tavares pour piloter Stellantis se sont cependant heurtées à des tensions internes et à des résultats financiers en baisse après une année 2023 prospère. Alors, avec son domaine viticole, l’ex-CEO est loin du monde de l’automobile, mais reste un observateur très avisé. Il s’est ainsi confié à nos confrères de chez Bloomberg sur la situation actuelle de l’industrie automobile et sur celle du groupe Stellantis.
Aujourd’hui, c’est Antonio Filosa, ancien responsable des opérations américaines de Stellantis, qui va prendre le relais, le 23 juin prochain, à la tête du groupe automobile multinational franco-italo-américain. Interviewé par Bloomberg dans son domaine viticole, Carlos Tavares s’est montré plutôt serein à son égard : « Le choix d’Antonio Filosa paraît logique et crédible. Il bénéficie d’un bon soutien des actionnaires. Alors, voyons voir ce qu’il arrive à faire. » Carlos Tavares n’en veut également pas à ses anciens collègues, soit au conseil d’administration de Stellantis : « Je n’ai rien contre personne, pas même ceux qui ont rendu ma vie plus difficile lorsque j’étais le président de Stellantis. Dans la vie, il y a des moments où on arrive à un croisement et où certains décident qu’il est temps de prendre des chemins différents. C’est très bien comme ça. »
Quant à l’avenir des constructeurs automobiles européens, son analyse reste pragmatique : « Je pense qu’il va se produire davantage de fusions au sein des constructeurs automobiles européens à l’avenir, dans le but de réduire les coûts et améliorer les synergies. Cela se produira inévitablement car ces constructeurs vont se retrouver en crise. »
Enfin, dans cette nouvelle phase de sa vie, Carlos Tavares explore divers secteurs. Outre son domaine viticole et ses investissements hôteliers, il envisage de prendre des parts dans une petite compagnie aérienne et suit attentivement l’évolution de l’économie des soins de santé, de l’intelligence artificielle et de l’industrie de l’habillement. Et pour ne pas totalement perdre l’adrénaline du pilotage, il assure qu’il continue à conduire des voitures de course au moins une fois par mois !
La rédaction
Photos : Stellantis
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