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Lexus ES : quand le confort devient une signature à part entière, essai

L’ES, chez Lexus, ça veut dire « Electrified Sedan ». La marque la présente comme un équilibre entre logique et émotion, avec l’expérience du client au centre. La première ES date de 1989, l’ES 250, la voiture des débuts de Lexus. Cette nouvelle génération repose sur la plateforme GA‑K, capable d’accueillir aussi bien l’hybride que le 100 % électrique. C’est ce qui permet, pour la première fois, deux versions : l’ES 300h hybride et l’ES 350e électrique. À Copenhague, j’ai conduit les deux. L’électrique le matin, l’hybride l’après‑midi. Une journée parfaite pour comparer les sensations sans perdre le fil.

En France, la Lexus ES est surtout une voiture de professionnels. 60 % pour le transport de personnes, 30 % les entreprises, dix seulement pour les particuliers. En 2025, elle a terminé sixième de son segment avec 484 immatriculations. Ça dit beaucoup de ce que Lexus a voulu faire : une voiture où l’on passe du temps, où le confort des passagers compte autant que celui du conducteur. Place à l’essai de la Lexus ES. À droite sur la photo située ci-dessous, la version 100 % électrique de la Lexus ES se reconnaît immédiatement : la calandre n’a pas la fente supérieure présente sur l’hybride.

Dès qu’on s’installe, on remarque qu’on ne s’assoit pas au ras du sol. On monte dedans, presque comme dans un SUV, tel le compact Lexus LBX,  et c’est ce qui m’a frappée en premier. Pour une berline, ce n’est pas courant. D’habitude, on se glisse, ici on entre. Elle est plus haute que l’ancienne, 1,555 m pour l’hybride (Lexus ES en « Gris Titane » en photos dans ce sujet), 1,560 m pour l’électrique, soit plus de 10 cm de plus. Elle est aussi plus grande partout : 5,14 m de long, 1,92 m de large, 2,95 m d’empattement. Cette différence de hauteur change vraiment la façon d’aborder la voiture, pour le conducteur comme pour ceux qui montent derrière.

Elle est large, très large même. Quand on n’a pas l’habitude, il faut faire attention, et je l’ai senti dès les premiers mètres. Pourtant, elle reste élégante. Le dessin est fin, la face avant très travaillée, et malgré ses dimensions, elle ne paraît jamais lourde. Sept couleurs sont proposées, dont un nouveau gris azur.

L’intérieur de la Lexus ES est simple et propre, et c’est ce qui m’a plu. Rien ne surcharge, tout est à sa place. L’écran central de 14″ est très bien intégré, et j’ai beaucoup aimé celui de 12,3″ derrière le volant, qu’on règle comme on veut. Les commandes tactiles « cachées » sont jolies : quand la voiture est éteinte, on ne voit rien, et tout s’allume dès qu’on met le contact. On a vraiment l’impression que la planche de bord se réveille avec vous.

Sur l’électrique que j’ai essayée, la Lexus ES en « Gris Azur » en photos dans cet article, les contre‑portes étaient en bambou, avec un éclairage d’ambiance à 14 couleurs. On m’a expliqué que les lumières peuvent suivre la musique. Le système audio Mark Levinson est toujours aussi bon.

Les sièges sont très beaux, et le camel m’a vraiment plu : un fauve profond, plus original que le noir ou le blanc. Le cuir perforé donne du relief. Le volant est très doux, agréable à tenir, et chauffant. Je l’ai essayé : il chauffe fort, peut‑être même un peu trop.

Mais ce que je retiens avant tout, c’est le silence. On n’entend rien. La voiture est hyper silencieuse et hyper confortable, dans les deux versions. C’est ce qui donne à l’ES son caractère. On roule sans jamais hausser la voix, sans être agressé par le bruit. Le confort suit. Les sièges se règlent dans toutes les positions, avant, arrière, haut, bas, inclinaison. Ce n’est pas juste « on avance, on recule ». On peut vraiment trouver la position parfaite. Le dos et les épaules sont bien soutenus. C’est ce que j’ai préféré à bord.

À l’arrière, il y a beaucoup de place, et il y en a aussi devant. Le coffre est grand : 517 l pour la Lexus ES 100 % électrique, 493 l pour la Lexus ES hybride (HEV). Vu la clientèle de l’ES, on comprend que cette place compte. J’ai trouvé l’électrique un peu plus souple que l’hybride. La différence n’est pas énorme, mais je l’ai ressentie en passant de l’une à l’autre dans la même journée.

Côté performances, les deux annoncent 8,0 s de 0 à 100 km/h. La Lexus ES 100 % électrique 350e développe 165 kW/224 ch, l’hybride ES 300h 201 ch avec un 2.5 l 4-cylindres associé à un moteur électrique principal. Dans les faits, l’électrique accélère franchement, comme on l’attend d’une électrique. L’hybride est un peu moins vive, mais plus légère, 1 820 kg contre 2 150 kg pour l’électrique. La direction m’a paru correcte, sans surprise.

Les palettes au volant de la Lexus ES 350e m’ont surprise, car elles servent à régler la récupération d’énergie au freinage, de 0 à 4. Plus c’est fort, plus la voiture freine et devient maniable. À 4, elle freine sec, elle est réactive, et j’ai eu l’impression de mieux la tenir. À 0, elle est très souple, mais j’ai trouvé la distance de freinage un peu longue. Je me suis fait surprendre au début. Si vous ne connaissez pas la Lexus, ne la mettez pas trop souple tout de suite. Prenez un niveau plus soutenu le temps de vous habituer. Sur l’hybride, les palettes affichent D2, D3, D4. Là non plus, ce ne sont pas des rapports. C’est le même principe que sur l’électrique, avec des niveaux de freinage.

Pour la consommation, Lexus annonce 14,6 kWh/100 km et 581 km d’autonomie WLTP pour la Lexus ES 350e 100 % électrique, jusqu’à 735 km en ville, et 4,8 l/100 km pour la version HEV ES 300h.

Ce que j’ai aimé : le silence, le confort, la place, l’élégance. C’est une voiture qui met à l’aise, et je pense que c’est ce que cherchent ses clients. Ce qui m’a moins convaincue : la largeur en ville, la récupération d’énergie qui demande un temps d’adaptation, et l’absence de vraies vitesses aux palettes. Ce sont des défauts qui se corrigent avec l’habitude, mais qu’il faut connaître avant de partir. Les deux versions coûtent le même prix, avec une seule finition « Luxe » à 67 200 €.

Pour conclure notre essai de la Lexus ES, elle laisse une impression particulière, presque inattendue. Elle ne cherche pas à en faire trop, elle ne cherche pas à se montrer, elle ne cherche pas à prouver quelque chose. Elle propose simplement une manière différente de voyager, plus douce, plus calme, plus posée. On sent que tout a été pensé pour que le conducteur comme les passagers soient bien, vraiment bien, sans effort et sans contrainte. C’est une voiture qui accompagne, qui apaise, qui donne envie de rester dedans. Et dans un marché des voitures électriques et hybrides où beaucoup de modèles veulent absolument attirer l’attention, l’ES choisit une autre voie : celle de la discrétion, de la sérénité et du confort. C’est peut‑être ça, finalement, sa vraie force.

Maud Moureau

Photos : Lexus

Publié par
Maud Moureau

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