Mercedes-Benz Classe A : « mention très bien », essai

  Publié le 28 mai 2018 par

En presque 20 ans de carrière, la Mercedes-Benz Classe A a tout connu. Née monospace en 1997, elle s’est ensuite métamorphosée en berline compacte en 2012. 2018 marque une autre rupture avec la 4ème génération de la Classe A au style plus agressif et l’arrivée de technologies de haut niveau. Lors de sa révélation au salon de Genève en mars dernier, elle a permis de nous faire oublier un temps la déferlante SUV. Voici la compacte allemande à l’essai dans sa configuration A 200 AMG Line.

Plus longue de 13 cm que sa devancière, la Classe A 2018 gagne également 3 cm au niveau de son empattement. Ces nouvelles dimensions apparaissent comme anecdotiques malgré leur importance car c’est surtout le design osé de la compacte qui saute aux yeux. Inauguré sur la Mercedes-Benz CLS, le caractère visuel tranchant de la Mercedes-Benz Classe représente une véritable cure de jouvence sur un segment stable pour ne pas dire vieillissant sachant que les futures Volkswagen Golf et Audi A3 Sportback ne débarqueront qu’en 2019.

A l’avant, la signature lumineuse à LED plongeante en biseau marque le renouveau de la Classe A. La calandre diamantée plus grande plonge, quant à elle, vers le bas, alors que la finition « AMG Line » apporte une dose de sportivité supplémentaire. Ajoutez l’option « Pack Sport Black » (500 €) qui inclut des éléments en noir brillant sur les habillages de la calandre, la lamelle et les rétroviseurs et vous obtenez un rendu visuel que l’on pourrait presque qualifier de radical.

Le « traitement » apporté par la finition « AMG Line » se poursuit sur les profils au travers de bas de caisse légèrement proéminents. De profil, les jantes alliage AMG 19″ multibranches (option : 1 150 €) rajoutent une irrésistible couche sportive.

A l’arrière, le bouclier aux fentes dignes de la Supercar Mercedes-AMG GT prend des allures de diffuseur. De nouveau, la signature lumineuse « fait mouche » à savoir qu’elle assoie un design musclé. Dans un « tube forestier », la nouvelle Classe A AMG Line au look « énervé » projette sa saisissante sportivité vers la lumière et  envoie aux oubliettes l’aspect trop consensuel de l’ancienne version, on adore !

Mercedes-Benz prend peut être le risque de troubler une certaine clientèle mais s’assure sans conteste d’attirer des acheteurs plus jeunes. Nous étions loin d’être au bout de nos surprises, place à l’habitacle de la Mercedes-Benz Classe A AMG Line.

Soyons directs, oubliez tout ce que vous connaissez en matière de technologies et d’équipements sur le segment C. La Classe A 2018 surpasse tout ce qui existe à ce jour. Mais, avant d’étayer nos propos, commençons par les choix des multiples matériaux. Comme toujours chez Mercedes-Benz, leur qualité est de haute facture. Malgré leur grand nombre qui fait ressortir un aspect chargé, tout est parfaitement à sa place. Les aérateurs en forme de turbine, ou encore, le cuir bicolore rouge et noir, aident à développer une ambiance qui n’a plus rien à voir avec l’ancienne génération de l’auto.

La pièce maîtresse à hautes technologies de cet intérieur est le système « Mercedes-Benz User Experience » ou « MBUX » qui regroupe tous les systèmes mis à la disposition du conducteur. La Classe A 2018 est la première Mercedes à disposer de cette révolution à intelligence artificielle qui est présentée par la marque comme « une connexion émotionnelle entre le véhicule, son conducteur et ses passagers. » On retrouve ainsi le duo d’écran digital « Widescreen » que nous avons découvert sur la Mercedes-Benz Classe E Berline en 2016 avant d’en jouir de nouveau sur la Mercedes-Benz Classe E Coupé en 2017. Au-delà d’être personnalisable à l’extrême en termes d’ambiance et au cadran près, elle offre un (premier) confort dont on ne peut plus se passer après avoir récupéré sa voiture personnelle (c’est du vécu).

Deux écrans, chacun d’une taille de 10″, dont un tactile situé au centre, procurent une ergonomie de conduite exceptionnelle surtout que le volant permet d’accéder aux commandes et autres paramètres grâce à deux mini-pads « Touch-Control ». Un autre pavé plus grand situé sur la console centrale est aussi à la disposition du conducteur. Cela fait donc trois possibilités high-tech pour accéder à l’ensemble des systèmes embarqués de la Classe A, un must très haut de gamme inédit sur le segment C ! Le plus naturellement du monde à l’instinct, chaque conducteur trouvera lequel utiliser. Mais ce n’est pas tout car le « MBUX » introduit une commande vocale aussi performante que naturelle. Un simple « Hey Mercedes » prononcé permet d’activer une jolie voix qui vous demande alors ce qu’elle peut faire pour vous un peu à la manière de K2000 ! Le changement d’une station de radio, le déploiement du pare-soleil, la navigation font partie des fonctionnalités gérées par ce copilote virtuel. Pour 300 €, il est également possible d’opter pour la réalité augmentée à savoir que l’écran affiche la route filmée par la caméra avant. L’image en haute définition est d’ailleurs d’une qualité « à regarder un film ». En pratique, le dispositif vous indique la voie à prendre.

Qui dit hautes technologies dit bien sûr une très longue liste d’aides à la conduite pour cette « première de la classe » en ce qui concerne les assistances : régulation de la distance « Distronic actif », arrêt d’urgence actif, changement de voie actif, freinage d’urgence assisté actif, etc… Après le MBUX, la nouvelle Classe A est la première Mercedes à avoir été développée avec le support du centre technologique dédié à la sécurité automobile Mercedes-Benz (TFS). Sur le plan de l’habitabilité, l’empattement évoluant, les places arrière offrent plus d’espace et le volume de chargement de la Classe A est de 370 l (+29 l comparativement à l’ancienne Classe A). Passons à l’essai routier.

Notre Mercedes-Benz Classe A 200 AMG Line renferme le 4-cylindres essence 1.3 l turbo conçu en collaboration avec l’Alliance Renault-Nissan. D’une puissance de 163 chevaux (à 5 500 tr/min), il est largement suffisant pour emmener les quelques 1 400 kilos de la berline surtout que le couple de 250 Nm est disponible à 1 620 tr/min. Certes, on est loin d’un bloc « sportif » mais la souplesse et la fluidité qu’il procure à l’aide de la boîte de vitesses 7G-DCT génèrent un confort de conduite parfait. Le mode « Sport » enclenché, la Classe A reste sage mais révèle en revanche une stabilité déconcertante à rythme soutenu. Précisons qu’elle dispose de suspensions surbaissées de 15 mm de série. De plus, notre Classe A profite des amortisseurs adaptatifs (1 200 €). Résultat : la berline compacte colle à la route. Il est impossible de la prendre en défaut. Sans oublier que la direction et le freinage remontent des informations précises au conducteur. Typée confort, la suspension de la compacte allemande développe une « rigidité confortable » rendant la conduite sûre et dynamique.

Du coté des performances, la Mercedes-Benz Classe A 200 réalise le 0 à 100 km/h en 8 s et peut atteindre 225 km/h. Les consommations communiquées par le constructeur sont respectivement de 6,8 l/100 km, 4,7 l/100 km en ville et sur autoroute. Les 125 g/km de CO2 émis n’impactent la facture que de 113 €.

En conclusion, la Classe A fait plus qu’un bond en avant. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si nous avons utilisé les termes « ancienne version », « ancienne génération » et « ancienne Classe A » dans cet essai. Cette 4ème génération au style agressif (que c’est bon de le répéter) est technologiquement très aboutie à faire pâlir la concurrence ! Son habitacle le plus high-tech du moment est synonyme de « grand spectacle » pour ses occupants et son conducteur. Facturée à partir de 37 749,20 €, la Classe A 200 AMG Line de notre balade normande s’offre pour 50 849,20 € à cause ou plutôt grâce à ses options qui la rendent incontournable. Dans un monde automobile dominé par les SUV, la nouvelle Classe A fait un bien fou au segment C. Interpellons la marque allemande : « Hey Mercedes, votre Classe A est à nos yeux la surprise de cette année 2018 ! »

Texte et essai : Frédéric Lagadec

Photos : LesVoitures.com – Gildas Lebrun