Suite à la diffusion de ce reportage sur France 2 portant sur les voitures électriques, les réactions ont immédiatement explosé sur les réseaux, avec des commentaires à la tonalité parfois complotiste, du genre « Comme par hasard, la borne fonctionne quand j’y vais alors qu’elle était soi-disant en panne dans leur reportage ». Ces saillies, reprises dans des vidéos Youtube de passionnés de l’électrique, ont ravivé le souvenir du reportage de 2024 signé TF1, où un journaliste avait tenté un trajet « de vacances » entre Villeneuve‑d’Ascq et Étretat, en cumulant les erreurs typiques d’un conducteur qui découvre l’écosystème électrique sans mode d’emploi. Ci-dessous, le sujet diffusé il y a quelques jours sur France 2, afin de vous faire votre propre avis.
Dans le reportage de France 2, diffusé le 2 juillet 2026, on y voit un journaliste se lancer dans un trajet Paris – Les Sables‑d’Olonne au volant d’une Citroën ë‑C3 dotée d’une batterie 44 kWh, une citadine polyvalente absolument pas conçue pour les longues distances. Son autonomie de 325 km WLTP mixte peut s’effondrer autour de 170 km à 130 km/h par temps froid, ce qui en fait un choix plus que discutable pour un périple autoroutier. Et il faut le dire sans détour : Citroën n’a strictement aucune responsabilité dans la perception négative générée par ce choix, puisque cette ë‑C3 appartient à la catégorie des voitures électriques de type citadine, exactement comme la Renault Twingo E‑Tech électrique ou d’autres modèles que les consommateurs plébiscitent pour un usage urbain exclusif. Ces voitures sont conçues pour exceller dans les trajets courts, pas pour avaler des centaines de kilomètres d’autoroute. Elles sont aussi, fort logiquement, plus abordables.
Les critiques visant France 2 ont immédiatement dénoncé un choix de véhicule « à charge » contre les voitures électriques. Pourtant, cette ë‑C3, également disponible en thermique, est vendue à un peu plus de 23 000 € en version électrique avec les « grosses batteries » et dispose d’une capacité de charge rapide. Le problème n’est pas la voiture, mais l’usage qu’on lui impose dans le reportage.
Le premier arrêt réalisé par le journaliste de France 2 s’effectue à une station de recharge Ionity. Ce dernier point a mis en lumière l’ampleur du manque d’expérience. Confronté à des bornes 350 kW occupées, il a choisi une borne 50 kW DC, justifiant son choix en affirmant qu’« il n’est pas nécessaire d’utiliser des bornes plus puissantes avec ce modèle et que ce point de charge permet d’avoir de l’électricité moins chère à 0,39 € du kWh ». Le tarif est exact, mais la conclusion est fausse : la Citroën ë‑C3 peut charger à 100 kW, ce qui signifie qu’il a volontairement divisé par deux sa vitesse de charge. Une erreur de débutant, mais une erreur lourde de conséquences dans un reportage censé informer le grand public.
La suite du trajet a confirmé l’absence totale de stratégie. Guidé par des applications comme A Better Route Planner, le journaliste a quitté l’autoroute pour rejoindre une borne 22 kW AC, alors que la voiture ne peut absorber que 7,4 kW en courant alternatif. Constatant la lenteur extrême de cette solution, il a repris la route avant de terminer sur une autre station Ionity, cette fois en utilisant une borne adaptée. Résultat final : 2h09 de charge, 64 € dépensés, alors qu’un trajet optimisé avec une batterie pleine au départ aurait permis de réduire ce temps à 40 min pour un coût d’environ 30 €.
Les spécialistes comme nous reprochent à France 2 d’avoir confié un sujet aussi sensible à un journaliste néophyte, produisant un récit truffé d’erreurs techniques et donnant une image décourageante des voitures électriques. Sur l’aspect tarifaire des recharges, les prix payés par le journaliste reflètent parfaitement la réalité d’un électromobiliste occasionnel, celui qui découvre les tarifs parfois élevés des bornes publiques, lesquelles peuvent varier fortement selon les opérateurs. Les erreurs factuelles du reportage sont imputables au manque d’expérience du journaliste, rien de plus. Tous les utilisateurs réguliers de voitures électriques ont commis ces maladresses au début.
Enfin, une chose est certaine : les réactions parfois méprisantes de certains passionnés, qui oublient que tout le monde n’a pas leur niveau d’expertise ni leur confort d’usage, ne contribueront jamais à convaincre le grand public de basculer vers les voitures électriques. Elles ne font que creuser le fossé entre les convaincus et ceux qui hésitent encore.
La rédaction
Photos : LesVoitures.com
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