Interrogé par France Télévisions, l’élu a répété son enthousiasme avec une assurance presque désarmante. « On aimerait bien le faire », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « quand on est sur le périphérique, dans pas mal de secteurs, on surplombe et on voit Paris de loin. Et c’est extrêmement beau ». Une vision poétique et politique qui fera sourire quiconque a déjà passé un quart d’heure coincé entre les parois antibruit, les échangeurs tentaculaires et les panneaux lumineux annonçant des ralentissements à la porte de Bagnolet. Il faut reconnaître que qualifier ce décor de panorama enchanteur relève d’un optimisme rare, presque artistique. Alors à quand un marathon de Paris organisé sur le périphérique ?
Le maire assure que cette course ne remplacerait pas le Marathon de Paris traditionnel, mais viendrait s’y ajouter comme une épreuve complémentaire. Une épreuve qui nécessiterait toutefois l’accord des communes limitrophes, puisque le projet se veut officiellement une initiative du Grand Paris. On imagine déjà l’enthousiasme débordant des maires de banlieue à l’idée de fermer une artère essentielle pour transformer, le temps d’une journée, un lieu de pollution, de bruit, de stress et de circulation dense en sanctuaire du dépassement de soi. L’image est presque surréaliste, comme si l’on proposait de transformer un parking souterrain en station balnéaire. C’est pourtant l’idée défendue par Emmanuel Grégoire, qui souhaite créer un marathon sur le périphérique parisien.
La question qui fâche demeure pourtant entière. Les athlètes seront-ils consultés ? On voit mal les marathoniens internationaux, habitués à courir devant la Tour Eiffel, Notre-Dame ou l’Opéra Garnier, accepter de tourner en rond sur un anneau autoroutier où les seuls encouragements proviendraient des murs antibruit et des glissières métalliques. Les spécialistes du running rappellent que l’attractivité d’un marathon repose sur son cadre, son ambiance, ses monuments et son public. Imaginer une épreuve de 42,195 km dans un décor de béton, de tunnels et de panneaux de signalisation n’a rien d’un fantasme sportif. Certains éditorialistes n’hésitent pas à qualifier l’idée de décor le plus inhospitalier jamais proposé pour une course de cette envergure.
Il faut également évoquer l’image de Paris à l’international. Celle que le monde entier a admirée lors du marathon de Paris 2026, avec ses vues aériennes sublimes, ses monuments baignés de lumière et ses avenues historiques transformées en coulées humaines vibrantes. Une carte postale parfaite, presque trop belle pour être vraie. Imaginer que cette image puisse être remplacée par un marathon sur le périphérique de Paris a quelque chose de délicieusement absurde. On visualise déjà les commentaires internationaux, oscillant entre moquerie et incrédulité, du type « Paris, capitale mondiale du romantisme et des échangeurs routiers ». Une satire involontaire qui pourrait bien ternir la réputation soigneusement entretenue de la capitale française.
Le plus savoureux dans cette affaire, d’un éventuel marathon de Paris qui pourrait être organisé sur le périphérique, est que l’annonce est tombée le 12 avril, soit onze jours après le 1er avril. Et pourtant, ce n’est absolument pas une blague en retard. Le projet est bel et bien à l’étude, confirmé par plusieurs médias, et pourrait même voir le jour dès septembre 2026 selon certaines sources. On en viendrait presque à vérifier le calendrier pour s’assurer que l’on n’a pas été victime d’un canular particulièrement élaboré.
Enfin, reste à déterminer si ce marathon de Paris sur le périphérique, qui ne serait pas un marathon officiel, trouvera son public. Entre les contraintes logistiques colossales, les enjeux de sécurité, la coordination avec les communes du Grand Paris et l’enthousiasme très relatif des coureurs, le dossier promet d’être aussi complexe que l’échangeur de la porte de la Chapelle. Paris a déjà relevé des défis audacieux, mais celui-ci semble appartenir à une catégorie à part, quelque part entre l’innovation sportive et l’expérimentation urbaine hasardeuse. Il faut reconnaître que l’idée a au moins le mérite d’être singulière, même si l’on peine encore à déterminer si elle relève du génie visionnaire ou du surréalisme administratif.
La rédaction
Photos : LesVoitures.com
Dans un climat politique particulièrement électrique, les députés ont approuvé mardi le projet de loi…
Porsche bouleverse l’histoire de la 911 en dévoilant la 911 GT3 S/C, première GT3 cabriolet…
Lancée en 2021 et déjà mise à jour une première fois en 2024, la Mercedes‑Benz…
Renault poursuit son exploration du dialogue entre automobile et création contemporaine en offrant une carte…
On ne s’attendait pas à un tel coup d’accélérateur : Nissan vient de dévoiler la…
La situation d’Alpine vient de basculer dans un moment historique, presque irréel pour les passionnés,…
Vous êtes actuellement sur la version allégée. Pour la version complète, cliquez sur le Logo LesVoitures.com