Le partenariat conclu par Mercedes-Benz porte sur un système mobile baptisé « Drone Defender », conçu pour neutraliser des drones hostiles grâce à une combinaison de capteurs, de lanceurs et de drones militaires intercepteurs. Mercedes‑Benz fournira deux véhicules clés de sa gamme : le Sprinter, déjà largement utilisé par les forces de sécurité, et une version militarisée du Classe G, héritier direct des variantes tactiques déployées depuis des décennies.
Cette approche s’inscrit dans la continuité de la stratégie du groupe Mercedes-Benz, qui fournit déjà des plateformes militaires éprouvées comme le Rheinmetall Caracal (photo ci-dessous), véhicule léger d’intervention développé sur base Mercedes et utilisé depuis plusieurs années par différentes forces armées européennes.
Tytan Technologies apportera l’ensemble de l’architecture logicielle, la coordination des capteurs et les drones militaires intercepteurs et autonomes. Le prototype présenté à Berlin préfigure une montée en cadence rapide, avec un objectif clair : une industrialisation à court terme pour répondre à la multiplication des survols de drones non identifiés au‑dessus d’infrastructures critiques européennes, qu’il s’agisse de bases militaires, de centrales électriques, de ports ou d’aéroports. Pour Balázs Nagy, cofondateur et directeur général de Tytan, l’enjeu est de répondre à ces menaces « dès aujourd’hui ».
L’initiative prise par Mercedes-Benz et Tytan Technologies reçoit un soutien appuyé des autorités allemandes. La ministre de l’Économie, Katherina Reiche, a salué un partenariat permettant de « mieux protéger nos infrastructures critiques » tout en renforçant « durablement la souveraineté technologique de l’Allemagne ». Cette prise de position s’inscrit dans une dynamique plus large où les frontières entre industrie automobile, aéronautique et défense s’effacent progressivement. Airbus a d’ailleurs annoncé, le même jour, un accord similaire avec la start‑up française Alta Ares, preuve que le marché des drones militaires devient un terrain de convergence stratégique.
Dans l’automobile, la diversification vers l’armement progresse à un rythme mesuré mais constant. Le groupe Volkswagen serait en discussions avancées avec l’israélien Rafael Advanced Defense Systems, concepteur du « Dôme de fer », pour développer des solutions anti‑aériennes. En France, Renault collabore déjà avec Turgis & Gaillard sur un drone militaire, tout en veillant à ce que ces activités restent marginales dans son modèle économique. Le constructeur au Losange a fixé une limite claire : ne pas dépasser 5 % de son chiffre d’affaires dans la défense.
Enfin, Mercedes‑Benz adopte la même prudence. Dans un entretien accordé au Wall Street Journal, Ola Källenius a affirmé que l’activité liée à la défense resterait une part « mineure » du groupe, tout en reconnaissant que ce « créneau en pleine croissance » pourrait contribuer positivement aux résultats futurs. Le groupe allemand prépare ainsi une montée en puissance maîtrisée, à la veille d’un autre rendez‑vous majeur pour l’industrie : l’ouverture du salon Eurosatory, ce lundi 15 juin, où les solutions de défense terrestre et les drones militaires de défense seront au cœur de toutes les discussions.
La rédaction
Photos : Mercedes-Benz et LesVoitures.com
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