Après avoir traversé la première moitié du musée automobile de Monaco, où trônent les voitures d’avant-guerre et les Rolls‑Royce de la famille princière, on tombe sur une BMW Isetta, petite icône des années 1950 surnommée « voiture pot de yaourt ». Avec sa porte frontale unique, son habitacle minuscule et son moteur de 12 à 13 ch de puissance, elle contraste magnifiquement avec les mastodontes de l’automobile, rappelant l’ingéniosité de l’industrie d’après-guerre.
Située entre la France et l’Italie, la Principauté de Monaco reflète naturellement cette double culture dans sa collection. Une grande partie des véhicules exposés provient de constructeurs italiens et français, les premiers étant majoritaires. Parmi eux, la Cisitalia 202 (1950), véritable sculpture roulante, considérée comme une œuvre d’art industrielle, au point d’être exposée au MoMA de New York. Son petit 4-cylindres d’environ 75 ch suffit à la faire vivre comme un objet d’élégance plus que de performance. Le rouge, couleur dominante du musée, rappelle subtilement les drapeaux monégasque, français et italien.
À ses côtés, une Alfa Romeo 1600 Giulia Spider, symbole pour le Prince Rainier III de la douceur de vivre de la Côte d’Azur et de la Riviera italienne. Elle occupe une place d’honneur, perchée sur une estrade.
Non loin, une Ferrari 250 GT Cabriolet Série II, incarnation du glamour des années 1960, équipée du mythique V12 Colombo de 240 ch capable d’atteindre 240 km/h. Son rouge profond, presque cérémoniel, a largement contribué à bâtir la légende de Ferrari.
Pour rompre avec cette dominante rouge, la Collection Automobile de S.A.S. le Prince de Monaco expose des modèles plus discrets, mais encore plus rares. La Nash-Healey Roadster, fruit d’une collaboration anglo-américaine avec une carrosserie signée Pininfarina, n’a été produite qu’en très faible quantité. Sous son capot bleu ciel se cache un 6-cylindres en ligne de plus de 125 ch, lui permettant de dépasser les 160 km/h.
À ses côtés, la Facel Vega HK500, icône française produite à seulement 200 exemplaires, associe un V8 Chrysler de 355 ch à une ligne élégante et racée, symbole du luxe à la française.
Monaco ne serait pas Monaco sans la Formule 1, et le musée ne serait pas complet sans les Ferrari qui ont marqué l’histoire. On y admire une Ferrari 250 GT Berlinetta SWB (1962), produite à environ 165 exemplaires, présentée dans un rare Blu Tigullio. Elle est exposée près de sa cousine, la Ferrari 250 GT Berlinetta Tour de France, ici en gris avec une bande bleu‑blanc‑rouge rappelant la célèbre épreuve. Produite à 77 exemplaires, elle a brillé aux Mille Miglia, au Tour de France Automobile et à la Targa Florio.
Pour apporter une touche de couleur supplémentaire, le Prince expose aussi des modèles qui ont écrit les plus grandes pages de l’histoire automobile. Parmi eux, une Porsche 911 Carrera RS 2.7 verte, l’un des modèles les plus mythiques de la marque, dont les 500 premiers exemplaires furent vendus en une semaine en 1972. Son flat‑six de 210 ch lui permet d’atteindre 240 km/h. À ses côtés, une Lamborghini Miura P400 jaune, première supercar à moteur central arrière transversal, véritable révolution esthétique et technique.
On y trouve également une Jaguar Type E vert anglais, que Enzo Ferrari qualifia un jour de « plus belle voiture du monde ». Pour clore ce feu d’artifice, une Lamborghini Countach 5000 noire, achetée aux enchères par le Prince Rainier III en 1993, trône comme une sculpture futuriste.
Enfin, à travers cette plongée dans l’histoire mécanique de la famille Grimaldi, on comprend que les princes ont toujours eu des goûts de souverains : leur collection rassemble des mythes, des légendes et des pièces uniques. Rien d’étonnant à ce que Monaco demeure aujourd’hui l’un des temples mondiaux de l’automobile, avec en son cœur un trésor jalousement préservé.
Texte et photos : Auriane Lamotte
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