Le Département américain du Commerce a refusé l’autorisation permettant à Polestar de commercialiser ses futurs modèles conformément à la nouvelle réglementation sur les véhicules connectés. L’objectif affiché par Washington est de limiter l’utilisation de logiciels et de composants jugés sensibles lorsqu’ils proviennent de Chine ou de Russie. L’automobile devient ainsi un enjeu stratégique au même titre que les semi-conducteurs ou les réseaux de télécommunications.
Polestar est née en Suède et conserve son siège à Göteborg. Pourtant, son appartenance au groupe chinois Geely pèse aujourd’hui lourd. C’est ce lien capitalistique qui explique le refus américain. À l’inverse, Volvo a obtenu une dérogation après avoir démontré que son architecture répondait aux nouvelles exigences imposées par les autorités américaines.
Contrairement à ce que certains titres peuvent laisser penser, Polestar ne quitte pas immédiatement les États-Unis. Les Polestar 3 et Polestar 4 déjà homologuées continueront d’être commercialisées et entretenues. Ce sont les futurs modèles, à commencer par la Polestar 7, qui sont directement concernés.
Cette affaire envoie un message très clair aux constructeurs mondiaux. Désormais, l’origine des logiciels embarqués devient presque aussi importante que celle des batteries ou des moteurs. Demain, un même véhicule pourrait être développé en plusieurs versions afin de répondre aux exigences réglementaires propres à chaque continent.
Enfin, pour Polestar, l’impact commercial immédiat devrait rester limité puisque l’Europe représente désormais la majeure partie de ses ventes. En revanche, cette décision constitue un signal fort pour toute l’industrie. Les voitures sont devenues de véritables ordinateurs sur roues et, dans ce contexte, la souveraineté numérique s’invite désormais dans les décisions commerciales. Après les tarifs douaniers et les quotas, les logiciels deviennent à leur tour un levier géopolitique.
La rédaction
Gérald Aubard
Photos : Polestar
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