Longtemps, les constructeurs automobiles ont dû composer avec les normes de sécurité, les émissions de CO ou les droits de douane. Aujourd’hui, un nouveau paramètre s’impose : la géopolitique. Polestar en fait les frais. À partir de 2027, la marque suédoise ne pourra plus lancer de nouveaux modèles sur le marché américain. Une décision qui ne remet pas en cause la qualité de ses voitures, mais l’origine de certaines technologies embarquées.

Le Département américain du Commerce a refusé l’autorisation permettant à Polestar de commercialiser ses futurs modèles conformément à la nouvelle réglementation sur les véhicules connectés. L’objectif affiché par Washington est de limiter l’utilisation de logiciels et de composants jugés sensibles lorsqu’ils proviennent de Chine ou de Russie. L’automobile devient ainsi un enjeu stratégique au même titre que les semi-conducteurs ou les réseaux de télécommunications.

Polestar voitures électriques

Polestar est née en Suède et conserve son siège à Göteborg. Pourtant, son appartenance au groupe chinois Geely pèse aujourd’hui lourd. C’est ce lien capitalistique qui explique le refus américain. À l’inverse, Volvo a obtenu une dérogation après avoir démontré que son architecture répondait aux nouvelles exigences imposées par les autorités américaines.

Polestar USA

Contrairement à ce que certains titres peuvent laisser penser, Polestar ne quitte pas immédiatement les États-Unis. Les Polestar 3 et Polestar 4 déjà homologuées continueront d’être commercialisées et entretenues. Ce sont les futurs modèles, à commencer par la Polestar 7, qui sont directement concernés.

Polestar USA

Cette affaire envoie un message très clair aux constructeurs mondiaux. Désormais, l’origine des logiciels embarqués devient presque aussi importante que celle des batteries ou des moteurs. Demain, un même véhicule pourrait être développé en plusieurs versions afin de répondre aux exigences réglementaires propres à chaque continent.

Polestar USA

Enfin, pour Polestar, l’impact commercial immédiat devrait rester limité puisque l’Europe représente désormais la majeure partie de ses ventes. En revanche, cette décision constitue un signal fort pour toute l’industrie. Les voitures sont devenues de véritables ordinateurs sur roues et, dans ce contexte, la souveraineté numérique s’invite désormais dans les décisions commerciales. Après les tarifs douaniers et les quotas, les logiciels deviennent à leur tour un levier géopolitique.

La rédaction

Gérald Aubard

Photos : Polestar

Gérald Aubard
Les Voitures Installez l'application pour ne rien manquer !
Ouvrir l'app

Privacy Preference Center