Depuis 6 ans, la Dacia Sandero et sa déclinaison Stepway occupent sans partage ce « titre » de championne du prix plancher, héritage renforcé par la disparition de la Logan dans l’Hexagone. Mais cette position n’a pas empêché une hausse progressive des tarifs, dans le sillage d’un marché automobile globalement inflationniste. Pour atteindre aujourd’hui les 13 290 €, il fallait accepter une configuration très dépouillée : carrosserie classique, finition « Essential » réduite à l’essentiel, absence de climatisation, multimédia limité au smartphone, vitres arrière manuelles, et surtout le modeste 3‑cylindres SCe 65 ch, dont les 16,7 s nécessaires pour atteindre 100 km/h rappelaient son caractère purement utilitaire. Cette version servait autant d’appel commercial que de solution pour les clients cherchant une voiture neuve au prix le plus bas possible, avant que les concessions ne réorientent la majorité des ventes vers des finitions plus valorisantes.
La disparition du bloc SCe 65 sur la Dacia Sandero n’est pas une surprise pour qui suit la stratégie du groupe Renault. Après avoir été retiré de la gamme Clio lors du passage à la nouvelle génération, ce bloc sans suralimentation s’efface également de la Sandero. Il n’était jamais proposé sur la Stepway, mais restait disponible sur les finitions « Essential » et « Expression » de la Sandero classique. Ces versions subsistent encore, uniquement sur stock, ce qui signifie que les acheteurs intéressés doivent se décider rapidement. Frank Marotte, directeur des ventes, du marketing et des opérations de Dacia, a confirmé à Challenges que Renault n’investirait pas dans l’adaptation du SCe 65 à la norme Euro 7, applicable à toutes les voitures neuves de l’UE à partir du 29 novembre 2027, moment où la prochaine génération de Sandero sera en phase de lancement.
Cette transition s’inscrit dans une évolution plus large de la gamme. La future Dacia Sandero s’orientera vers des motorisations électrifiées, plus coûteuses, dans la continuité du récent moteur Hybrid 155 notamment proposé sur le grand SUV Bigster. Une stratégie qui pourrait laisser de côté une partie de la clientèle traditionnelle. Frank Marottele reconnaît sans détour : « On constate que certains clients, au budget serré et qui gardaient leur auto longtemps, sont repassés sur des véhicules d’occasion ». Si on prend déjà en compte l’arrêt annoncé du 1.0 SCe 65, le nouveau prix d’entrée de la Sandero grimpe à 13 990 €, désormais associé au moteur essence turbocompressé 1.0 TCe 100 et toujours à la finition « Essential ». Malgré le surcoût, la Sandero conserve son statut de voiture neuve la moins chère du marché français.
Dans ce contexte de transformation, un jalon symbolique rappelle la force de la Dacia Sandero sur le marché français. Dacia vient de célébrer la millionième Sandero immatriculée en France, toutes générations et versions confondues. Depuis son arrivée en 2008, puis l’introduction de la Sandero Stepway en 2009, le modèle a bâti une relation singulière avec les automobilistes français. Trois générations ont façonné une success‑story fondée sur une promesse simple : proposer une voiture robuste, habitable, pragmatique et financièrement accessible. Sandero et Sandero Stepway sont devenues, année après année, les références absolues des ventes à particuliers, occupant la première place depuis 2017. Ce cap du million illustre une fidélité rare : Dacia revendique un taux de fidélité de 73 %, l’un des plus élevés du marché, et une valeur résiduelle remarquable, avec plus de 60 % du prix initial conservé après 3 ans. La remise des clés de cette millionième Sandero, une Eco‑G 120 à boîte automatique, symbolise cette relation durable entre la marque et ses clients, qui voient dans la Sandero un choix rationnel, fiable et cohérent avec leur pouvoir d’achat.
Cette dynamique commerciale s’est encore renforcée avec l’arrivée des motorisations TCe 100, TCe 110, Eco‑G 120, et désormais de l’hybride 155 ch (Hybrid 155), qui fait des Dacia Sandero et Sandero Stepway les hybrides les plus abordables du marché. Dacia a également fait du GPL un axe stratégique, devenant le seul constructeur à proposer cette technologie sur l’ensemble de sa gamme de véhicules particuliers. Plus de 300 000 véhicules GPL ont été vendus en France, et plus d’un million dans le monde, preuve que la marque sait répondre aux attentes d’un public en quête de solutions économiques et pragmatiques.
Enfin, la disparition du 1.0 SCe 65 n’est pas seulement un ajustement technique : elle marque la fin d’une ère où la Dacia Sandero incarnait une forme de minimalisme automobile devenu rare. Le modèle reste toutefois fidèle à son ADN, celui d’une voiture pensée pour l’usage réel, et continue de s’imposer comme la référence absolue du marché français en matière de rapport prestations/prix. La transition vers des motorisations plus modernes ne fait que prolonger une trajectoire déjà exceptionnelle, portée par une clientèle fidèle et un positionnement que Dacia n’a jamais renié.
La rédaction
Photos : Dacia
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