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24 Heures du Mans : la livrée de l’Alpine A424 brillera une dernière fois avant le silence

L’annonce a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans le paysage du sport automobile français. Quelques jours seulement après avoir officialisé la fin de son engagement en WEC et l’arrêt parallèle du programme Dacia en rallye-raid, le groupe Renault a levé le voile sur ce qui restera comme la dernière livrée de l’Alpine A424, l’Hypercar engagée depuis 2024 en Championnat du monde d’Endurance. Une présentation lourde de symboles, presque funèbre, tant elle marque la conclusion d’un projet ambitieux qui n’aura jamais totalement atteint les sommets espérés.

Pour cette ultime campagne, Alpine Endurance Team n’a pas bouleversé l’identité visuelle de son prototype. L’A424 conserve son allure racée, habillée du bleu Alpine associé au blanc et au rouge, rappel vibrant du drapeau français. Une manière de réaffirmer une dernière fois l’ADN tricolore de la marque avant de tirer sa révérence. Sur la #36, ce sont Victor Martins, Frédéric Makowiecki et Jules Gounon qui porteront ces couleurs, trois pilotes français réunis pour défendre ce qui ressemble désormais à une cause presque patrimoniale, dans le cadre des 24 Heures du Mans 2026.

L’année 2026 marquera la fin d’un programme lancé avec ambition, mais qui n’aura connu la victoire qu’à une seule reprise. Cette unique lumière dans un parcours semé d’embûches reste la victoire aux 6 Heures de Fuji, en septembre dernier, signée par la #35 de Charles Milesi, Ferdinand Habsburg et Paul-Loup Chatin. Un moment de joie pure, rare, précieux, qui avait galvanisé toute l’équipe. Milesi et Habsburg rempilent pour une troisième saison commune, preuve de la solidité du duo.

En revanche, Chatin, parti chez Genesis, laisse sa place au Portugais António Félix da Costa, champion de Formule E 2019-2020 et vainqueur des 24 Heures du Mans en LMP2 en 2022. Il découvrira l’Hypercar Alpine A424 pour une deuxième participation dans la catégorie reine, après une treizième place avec Jota en 2023.

De l’autre côté du garage, l’Alpine A424 #36 conserve le duo Makowiecki – Gounon, mais change elle aussi de visage. Le départ de Mick Schumacher, qui s’envole vers l’IndyCar, ouvre la porte à un autre talent issu de la monoplace : Victor Martins. Le Français, sacré meilleur rookie de F2 en 2023, avait ensuite connu deux saisons difficiles chez ART Grand Prix, freinées par une monoplace en manque de performance.

Longtemps tourné vers la Formule 1, Martins a finalement accepté de mettre son rêve en suspens pour embrasser l’aventure des 24 Heures du Mans, manche principale du WEC. Il avait déjà goûté à l’A424 lors du Rookie Test de Bahreïn fin 2024, alors qu’il appartenait encore à l’académie Alpine F1. Désormais pilote de développement chez Williams Racing, il aborde cette saison comme une opportunité unique de se révéler et, peut-être, de décrocher un premier succès avant que le rideau ne tombe définitivement sur le programme.

Car Alpine l’a confirmé : la marque disputera l’intégralité de la saison 2026, puis se retirera du WEC. Une décision lourde, presque cruelle, tant l’Endurance fait partie de son histoire. Et c’est précisément ce qui donne à ces dernières 24 Heures du Mans une dimension particulière, presque mélancolique. L’épreuve sarthoise, théâtre de tant de légendes, sera le dernier chapitre d’un projet qui n’aura jamais renoncé, malgré les difficultés, malgré les doutes, malgré les résultats en dents de scie.

Le parallèle avec Dacia, qui a quitté le rallye-raid en beauté en remportant le Dakar 2025 grâce à Nasser Al-Attiyah et Fabian Lurquin, nourrit l’espoir d’une fin glorieuse pour Alpine. Imaginer l’A424 triompher dans la nuit mancelle, pour sa dernière apparition, aurait des allures de conclusion parfaite. Une manière de boucler la boucle, sans remords ni regrets, avec la fierté d’avoir tout donné.

Enfin, reste que l’heure est à la gravité. Cette saison 2026 du WEC ressemble à un compte à rebours. Chaque séance, chaque relais, chaque tour de roue aura un goût particulier. L’Alpine A424, qui n’aura vécu que trois ans, s’apprête à tirer sa révérence. Et dans ce contexte, les 24 Heures du Mans prennent une dimension presque testamentaire. Une dernière chance d’inscrire en gras dans l’histoire ce que ce programme a représenté : de la passion, de la ténacité, et une certaine idée du sport automobile français.

La rédaction

Photos : Alpine Endurance Team

Publié par
Frédéric Martin

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