Aux débuts des années 1970, sous l’impulsion du pétrolier Elf qui souhaite être présent en Formule 1, la Régie Renault se tourne alors vers Alpine et Gordini pour concevoir une monoplace, précisément un châssis sur lequel pourrait être monté un moteur suralimenté. En effet, les têtes pensantes de la marque au losange ont repéré une faille dans le règlement du Championnat du Monde de Formule 1 qui autorise l’utilisation d’un turbo dans le cas où la cylindrée du bloc ne dépasse pas 1.5 l. L’Alpine A521 est donc apparue près de 50 ans plus tard… En 1968, Alpine a même fait rouler une F1 au nom de code A350 !
Les ingénieurs d’Alpine et de Gordini vont alors développer l’Alpine A500 qui sera donc motorisée par un V6 1.5 l turbo. Les études menées par Gordini sur ce moteur serviront d’ailleurs de base pour l’A440 puis, l’A441 des 24 Heures du Mans 1975.
L’Alpine A500 que l’on doit notamment à l’ingénieur André de Cortanze, n’a, certes, jamais roulé en Grand Prix mais, durant cinq ans, elle n’a cessé d’évoluer et d’être testée sur de nombreux circuits même après la prise de pouvoir de Renault sur Alpine en 1973. Jean-Pierre Jabouille, l’homme de la première victoire de Renault et d’un turbo en F1 (Grand Prix de France 1979) prendra ainsi régulièrement le volant de l’A500.
L’histoire retiendra qu’Alpine aurait souhaité rester indépendant grâce à l’A500 ce qui n’a donc pas été le cas. En 1976, le constructeur automobile français fusionnera Alpine à Gordini pour créer le département Renault Sport. Rappelons que Gordini était déjà sous le giron de Renault depuis 1969. L’A500 sera « récupérée » par Renault Sport avant d’être fiabilisée et optimisée, notamment au niveau de la suralimentation.
La suite, une fabuleuse aventure couronnée de nombreux titres en Formule 1 pour le constructeur français. Nous vous proposons, à ce titre, de la revivre en cliquant sur le lien situé ci-dessous.
F1 : l’épopée Renault Sport avant l’arrivée d’Alpine en 2021
Enfin, ce n’est donc pas un hasard si la nouvelle monoplace A521 est apparue peinte en noire lors de l’événement « Renaulution », ceci à l’identique de l’A500. Ce n’est, bien sûr, également pas un autre hasard si la monoplace qui sera pilotée par Esteban Ocon et Fernando Alonso lors de la saison F1 2021 reprend le chiffre « 5 ». Non, l’A521 n’est donc bel et bien pas la première F1 Alpine. Si on veut aller encore plus loin, l’A500, si l’on fait abstraction de l’A350, est la seule F1 Alpine car, c’est juste le nom de la marque Alpine qui est mis à l’honneur par le Groupe Renault sur l’A521 et, tant mieux. En revanche, ce sont bien les équipes Renault de Viry-Châtillon qui feront rouler l’A521. Quoi qu’il en soit, nous pouvons être toutes et tous êtres fièr(e)s de voir le drapeau tricolore sur une si belle monoplace ! On a hâte de la voir en piste !
La rédaction
Photos : Renault, Alpine F1 Team et DR
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