L’idée selon laquelle la voiture électrique permettrait de réduire les coûts d’usage continue de s’effriter. Le dernier baromètre Assurland.com, publié en février 2026, confirme un basculement historique : pour la première fois, assurer un véhicule électrique coûte désormais plus cher que couvrir un modèle thermique. La prime annuelle moyenne atteint 818 €, soit 9 % de plus qu’un véhicule essence fixé à 753 €, et 11 % de plus qu’un diesel évalué à 735 €. En 2023, l’assurance d’une voiture électrique ne coûtait encore que 565 €. En moins de deux ans, la facture a explosé de 45 %, un rythme sans équivalent dans le secteur automobile.

Cette flambée des prix d’une assurance pour une voiture électrique n’a rien d’un accident. Elle s’explique d’abord par la valeur des composants, en particulier les batteries haute tension dont le remplacement peut atteindre plusieurs milliers d’euros. Les assureurs soulignent que ces éléments sont non seulement coûteux, mais aussi difficiles à réparer, ce qui conduit souvent à des remplacements complets plutôt qu’à des réparations partielles. La technicité des interventions impose une main‑d’œuvre hautement qualifiée, ce qui renchérit encore les coûts. À cela s’ajoute un parc électrique encore jeune, dont les sinistres sont statistiquement plus coûteux à indemniser, notamment en cas de choc impliquant la batterie ou les organes électroniques.

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Cette hausse spectaculaire s’inscrit dans un contexte général de tension sur les tarifs d’assurance. Depuis 2010, les primes auto ont augmenté de 36 %, tirées par la montée du risque climatique, l’augmentation du prix des véhicules et l’explosion du coût des réparations. Le baromètre Assurland.com rappelle que la prime moyenne d’une assurance tous risques a progressé de 19 % en deux ans, atteignant 809 € fin 2025. En parallèle, les coûts de réparation automobile ont bondi de 8,5 % en 2024, sous l’effet combiné de la hausse du prix des pièces détachées, de l’augmentation du coût horaire de la main‑d’œuvre et de la complexification technologique croissante des véhicules, électriques comme thermiques. De fait, le prix d’une assurance dédiée à une voiture électrique a explosé.

Mais dans ce paysage inflationniste, la voiture électrique se distingue par une dérive tarifaire nettement supérieure à celle du reste du marché. Les assureurs pointent du doigt la fragilité économique du modèle : une technologie coûteuse, des pièces difficiles à sourcer, des réparations longues et spécialisées, et une valeur résiduelle encore instable. Contrairement au discours dominant, l’électrique ne réduit pas les coûts d’usage, elle les déplace. Et pour les compagnies d’assurance, ce déplacement se traduit par une augmentation brutale des primes.

Le baromètre en question souligne toutefois que cette hausse du prix de l’assurance d’une voiture électrique n’est pas une fatalité pour les automobilistes. Assurland.com recommande de renégocier régulièrement son contrat ou de changer d’assureur tous les deux à trois ans, une démarche qui peut permettre de réduire significativement la facture. Dans un marché où les écarts de prix entre compagnies se creusent, la mobilité des assurés devient un levier essentiel pour contenir les coûts.

Enfin, reste que le signal envoyé par les chiffres est clair. Alors que la transition vers l’électrique est présentée comme une évidence économique et écologique, la réalité tarifaire rappelle que cette technologie n’est ni simple ni bon marché. Avec une assurance d’une voiture électrique, désormais plus chère que celle des moteurs thermiques et une hausse de 45 % en moins de deux ans, l’utilisation d’un véhicule à zéro émission révèle une fragilité structurelle que les automobilistes ne peuvent plus ignorer. Et dans un contexte où les coûts de réparation, de pièces et de main‑d’œuvre continuent de grimper, rien n’indique que la tendance s’inversera rapidement.

La rédaction

Photos : LesVoitures.com

Frédéric Martin

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