L’attraction la plus visitée de Monaco est la Collection de voitures de S.A.S. le Prince de Monaco, mais la Principauté elle-même est un véritable musée à ciel ouvert grâce à son circuit de Formule 1, dont chaque virage raconte une histoire. Après avoir exploré la collection du Prince dans nos précédents articles, plongeons maintenant dans l’intimité des virages les plus emblématiques du tracé monégasque.

Le circuit urbain du GP de Monaco est réputé pour sa beauté autant que pour sa technicité, qui pousse régulièrement les pilotes à la faute. Le premier défi est le virage de Sainte‑Dévote, nommé d’après l’église du même nom, liée à l’histoire du Rocher.

Situé au bout de la ligne droite, ce virage trie immédiatement les prétendants : ceux qui poursuivront leur rêve de victoire et ceux qui iront admirer de plus près les logos des barrières. En photo de couverture de ce sujet, Romain Grosjean en perdition à Sainte‑Dévote, après le départ du GP de Monaco 2012. Sur cette même photo, on aperçoit Michael Schumacher, casque rouge dans la Mercedes-AMG W03, lors de son ultime GP en Principauté.

L’un des incidents les plus marquants y survient en 1980, lorsque Derek Daly, au volant de sa Tyrrell, décolle littéralement au-dessus de plusieurs monoplaces, provoquant stupeur dans les tribunes et chaos en piste.

Après Sainte‑Dévote, les pilotes attaquent la montée du Casino, bordée par deux virages mythiques : Casino et Mirabeau Haut. Ils encerclent l’un des lieux les plus photographiés au monde : la Place du Casino, dominée par le Casino de Monte‑Carlo, l’Hôtel de Paris et les jardins.

GP de Monaco E-Prix de Monaco F1 Formule 1

Vient ensuite l’épingle du Fairmont, le virage le plus lent du calendrier, négocié à environ 45 km/h, loin des plus de 300 km/h atteints ailleurs. Hors GP, ce lieu est envahi par les carspotters ; pendant la course, il devient un théâtre de manœuvres millimétrées.

En 1988, Ayrton Senna, alors en tête avec 50 s d’avance sur Alain Prost, commet une erreur à Mirabeau Bas et termine dans les rails. Dévasté, il quitte immédiatement le circuit pour se réfugier dans son appartement monégasque, laissant son équipe sans nouvelles pendant des heures. Depuis, le décor a bien changé avec de nouveaux immeubles construits sur la mer.

En 2022, sous la pluie, les pilotes y effectuent des manœuvres dignes de créneaux tant l’adhérence était précaire. Ce virage offre aussi les photos les plus iconiques des monoplaces et des pilotes, ralentis au point de sembler poser pour les photographes.

Charles Leclerc GP de Monaco 2024 Formule 1 F1

Le tunnel de Monaco est le seul au monde où des F1 s’engouffrent à plus de 200 km/h. À la sortie, la lumière brutale et la proximité du Port Hercule compliquent la trajectoire.

GP de Monaco E-Prix de Monaco F1 Formule 1

En 1955, Alberto Ascari, privé de repères et d’appui aérodynamique, finit sa course… dans la Méditerranée. Sa Lancia coule, mais le pilote s’en sort miraculeusement avec un simple nez cassé et doit nager jusqu’au port.

Dernier virage mythique : La Rascasse, qui contourne le bar du même nom. En 2006, Michael Schumacher y « gare » sa Ferrari lors des qualifications, prétextant un blocage de roue. La direction de course juge la manœuvre volontaire et lui retire la pole position. On espère qu’il n’a pas reçu, en plus, une amende de stationnement…

Monaco est donc un lieu stratégique pour le milieu du luxe, des voitures et des yachts, mais il est aussi un lieu de stratégie pour les écuries de Formule 1 et leurs pilotes qui font face au plus grand défi du calendrier. Et ça ne date pas d’aujourd’hui !

Enfin, on attend donc avec impatience le GP de Monaco 2026 du 4 au 7 juin, sans oublier le GP de Monaco Historique (du 24 au 26 avril 2026) et l’E-Prix de Monaco de Formula E (16 et 17 mai : 2 courses).

 

Texte : Auriane Lamotte

Photos : LesVoitures.com, Red Bull Content Pool, Scuderia Ferrari et Mercedes-AMG F1 Team

Auriane Lamotte

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