Horse Powertrain, la coentreprise réunissant Renault Group, Geely et Aramco, franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’innovation en présentant, avec Repsol, un groupe motopropulseur hybride de nouvelle génération fonctionnant avec une essence 100 % renouvelable. Cette mécanique, baptisée Horse H12 Concept, affiche des performances rarement atteintes par un moteur essence : moins de 3,3 l/100 km en cycle WLTP et 44,2 % de rendement thermique maximal. Des valeurs qui placent ce bloc parmi les moteurs essence les plus efficients jamais développés, confirmant la volonté de Horse de maintenir le thermique dans la course à la décarbonation.
Un an après avoir présenté un concept d’hybridation modulaire destiné à s’intégrer sur des plateformes électriques existantes, Horse Powertrain démontre à nouveau sa capacité à faire évoluer le moteur à combustion interne sans en bouleverser l’architecture. Le H12 repose sur une optimisation systématique : taux de compression porté à 17:1, EGR de nouvelle génération, turbocompresseur retravaillé, gestion hybride repensée pour réduire les pertes internes. L’objectif est clair : extraire le maximum d’énergie d’un carburant renouvelable tout en conservant une architecture compatible avec les chaînes de production actuelles.
Junto a Horse Powertrain desarrollamos un motor híbrido ultraeficiente.
✅ Consume un 40% menos que un vehículo convencional equivalente
✅ Emite menos CO₂ con gasolina origen 100% renovable#TransiciónEnergética #RepsolTechLabhttps://t.co/dQi8nGegSG pic.twitter.com/zAhdWzr05B— repsol (@Repsol) February 16, 2026
Selon les données officielles, l’utilisation de l’essence renouvelable développée par Repsol permettrait à un véhicule de taille intermédiaire parcourant 12 500 km par an de réduire ses émissions de 1,77 tonne de CO₂ par rapport à un modèle équivalent alimenté en essence fossile. Cette baisse ne concerne évidemment pas les émissions à l’échappement, toujours présentes, mais repose sur le caractère renouvelable du carburant et sur l’hypothèse d’un cycle carbone fermé. La pertinence climatique dépendra donc de la capacité de l’industrie à produire ces carburants à grande échelle.
Le chiffre de 40 % de réduction de consommation avancé par Horse Powertrain correspond à une comparaison avec la moyenne des immatriculations européennes de 2023, encore largement composée de modèles non hybrides. Le rendement de 44,2 % place le H12 dans le haut du panier, même si certains constructeurs chinois ont récemment annoncé des valeurs supérieures, comme Dongfeng et son 1.5T Mach à 48,09 %. L’enjeu pour Horse n’est toutefois pas de battre un record absolu, mais de démontrer qu’un moteur essence peut encore progresser de manière significative dans un cadre industriel réaliste.
Cette présentation s’inscrit dans une stratégie plus large. En avril 2025, Horse Powertrain avait dévoilé son concept Future Hybrid, un système modulaire permettant d’intégrer un moteur thermique sur des plateformes initialement conçues pour des véhicules électriques, une sorte de prolongateur d’autonomie modernisé destiné aux constructeurs cherchant à hybrider rapidement des modèles existants. Le H12 prolonge cette logique : proposer des solutions hybrides à haut rendement, immédiatement industrialisables, pour accompagner une transition énergétique qui ne peut reposer sur une seule technologie.
Le contexte européen renforce cette approche. Selon l’ACEA, plus de 97 % du parc roulant repose encore sur un moteur thermique, et la question de la compétitivité industrielle du continent se pose avec acuité. Le développement du H12 en Espagne, entre les équipes de Horse Technologies à Valladolid et celles de Repsol à Madrid, est présenté comme un exemple de souveraineté technologique européenne. Pour Luis Cabra, directeur général adjoint de Repsol chargé de la transition énergétique, il est essentiel de « soutenir une réglementation claire et ambitieuse » favorisant les carburants renouvelables et les moteurs très efficients. Patrice Haettel, directeur général de Horse Technologies, défend quant à lui « une approche neutre technologiquement », estimant que s’appuyer sur une seule voie, sous‑entendu le 100 % électrique, ne permettra pas de réduire les émissions assez rapidement.
Enfin, derrière les 3,3 l/100 km et les 44,2 % de rendement, le message est limpide : le moteur thermique n’a pas dit son dernier mot. Avec des carburants renouvelables et des architectures hybrides optimisées, Horse Powertrain et Repsol entendent démontrer que le thermique peut encore jouer un rôle dans la décarbonation du transport, à condition d’être repensé en profondeur et soutenu par une stratégie industrielle cohérente.
La rédaction
Photos : capture d’écran compte X Repsol

