Il y a des gestes qui dépassent la simple délinquance. Le vol qui a frappé la famille Bianchi, fin décembre 2025, ou début janvier 2026, en est l’exemple le plus cruel. Dans la nuit, des individus se sont introduits dans un garage du Var et ont emporté le dernier kart de compétition de Jules Bianchi, un KZ 125 ART GP, ainsi que neuf châssis JB17 Forever et plusieurs mini‑karts destinés à transmettre son héritage sportif. Ce n’était pas un cambriolage ordinaire. C’était une atteinte directe à la mémoire d’un pilote disparu trop tôt, un acte d’une bêtise et d’une méchanceté qui ont sidéré tout le sport automobile.
Car ce kart n’était pas un objet comme les autres. Il représentait un lien tangible avec Jules Bianchi, avec ses débuts, son talent brut, son ascension fulgurante vers la Formule 1. Pour sa famille, il incarnait un morceau de vie, un fragment de ce qui reste quand tout le reste a été arraché par le destin. Voler ce kart, c’était profaner un souvenir sacré, raviver une douleur que le temps n’a jamais vraiment apaisée. Heureusement, ce kart a été retrouvé et le père de Jules n’a pas tardé à exprimer sa satisfaction sur les réseaux sociaux.
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Quelques jours après le vol, le kart principal de Jules a donc été retrouvé. L’annonce a provoqué un immense soulagement, presque irréel tant l’affaire avait pris une dimension émotionnelle hors norme. Mais la famille l’a rappelé avec gravité : plusieurs karts et une mini‑moto manquent encore à l’appel.
Ce qui frappe dans cette histoire, au‑delà de la stupidité des voleurs, c’est la réaction collective. Une mobilisation spontanée, massive, presque instinctive. Comme si chacun refusait que l’on touche à ce que Jules Bianchi représente encore aujourd’hui. Comme si sa mémoire, loin de s’éteindre, continuait de rassembler, d’émouvoir, de fédérer.

Jules Bianchi reste à jamais associé à ce dimanche d’octobre 2014 où sa vie a basculé. Lors du GP du Japon, sous une pluie battante et une visibilité précaire, sous régime de double drapeau jaune, sa Marussia a quitté la piste et heurté une dépanneuse en intervention. Le choc a provoqué un traumatisme crânien d’une gravité extrême. Après 9 mois de lutte, entouré des siens, Jules Bianchi s’est éteint le 17 juillet 2015, à 25 ans seulement, à l’hôpital de Nice. Il est alors devenu, hélas, le premier pilote de Formule 1 à mourir des suites d’un accident en course depuis Ayrton Senna, laissant derrière lui un vide immense et une génération de passionnés marquée à jamais.
Enfin, la récupération du kart de Jules Bianchi représente pour sa famille et ses proches un souffle de réconfort. Mais la mémoire de Jules, elle, demeure intacte, indestructible, portée par tous ceux qui n’ont jamais cessé de croire en lui. Rien ni personne ne pourra jamais la voler.
La rédaction
Photos : Instagram Philippe Bianchi (philippe_bianchi1) et Ferrari

