La question revient chaque hiver, et l’épisode de ce matin n’a pas démenti la réputation francilienne. Dès les premières heures, la ville de Paris et l’Île-de-France se sont réveillées sous la neige, et comme souvent, la région a semblé redécouvrir que la neige… glisse. Les Franciliens n’ont ni l’habitude, ni les équipements, ni même la culture routière pour affronter des chaussées enneigées. Contrairement aux régions de montagne où la loi Montagne impose pneus hiver ou chaînes, l’Île-de-France n’est pas concernée par cette obligation, ce qui laisse chaque année des milliers d’automobilistes démunis lorsque les flocons s’invitent.
Au total, à l’heure où nous écrivons ces lignes, 21 départements de la France métropolitaine sont en vigilance orange neige-verglas. De fortes chutes de neige ont touché Paris et l’Île-de-France la nuit, ce matin et par des températures très faibles. Un cocktail suffisant qui a transformé, ce matin, les axes routiers en patinoire et a provoqué un chaos bien réel sur les transports.

Dès 7 heures, la RATP a annoncé le retour au dépôt de l’ensemble de ses bus, une mesure exceptionnelle mais déjà appliquée lors du précédent épisode neigeux. À cause de la neige, les bus d’Île‑de‑France Mobilités ont suivi la même consigne. L’autorité de transport a précisé que la suspension durerait « au moins jusqu’à 12 heures », le temps que les conditions de sécurité soient « à nouveau réunies ».

Malgré des opérations de salage et de sablage, la neige qui recouvre les rues de Paris et les autres routes d’Île-de-France a rendu la situation encore plus tendue pour les automobilistes. La N118, tristement célèbre pour devenir un piège dès que le verglas s’invite, a été fermée dans les deux sens entre Les Ulis et Sèvres, sur décision du préfet de police. Cette fermeture s’inscrit dans le cadre du Plan Neige et Verglas en Île‑de‑France, activé dès les premières alertes.

Les conséquences se sont immédiatement fait sentir sur le trafic. Après une explosion des ralentissements en début de matinée, le cumul des bouchons a commencé à décroître vers 10 h 00, mais restait encore à 350 km à midi, un niveau nettement supérieur à la normale, habituellement sous les 200 km à cette heure‑ci. Pour mémoire, le record absolu a été battu lundi, avec 1 019 km de bouchons cumulés.

Les autorités rappellent que la neige n’est pas seulement un problème de visibilité ou d’adhérence. Elle révèle aussi la fragilité structurelle de l’Île-de-France, où les déplacements reposent massivement sur la route, où les automobilistes ne sont pas équipés, et où les infrastructures ne sont pas pensées pour des épisodes hivernaux répétés. Les Franciliens roulent majoritairement en pneus été, et la loi Montagne, qui impose pneus hiver ou chaînes dans 34 départements, ne s’applique pas ici.

Ce matin encore, les images de véhicules en travers, de voitures incapables de gravir une simple côte et de bus immobilisés ont rappelé que même une faible quantité de neige suffit à paralyser Paris et l’Île-de-France. Les prévisions annoncent un redoux dans les prochaines heures, mais les autorités appellent à la prudence, notamment en raison du risque de reverglas en soirée.
Enfin, la neige à Paris et en Île-de-France n’a rien d’exceptionnel, mais ses conséquences, elles, le sont toujours. Et tant que les automobilistes franciliens ne seront pas équipés comme les zones de montagne, la même question reviendra chaque hiver : les Parisiens sauront-ils un jour conduire sur la neige ?
La rédaction
Photos : LesVoitures.com

