L’année 2026 marque une nouvelle étape dans la politique française de soutien à l’achat de véhicules électriques. Après la refonte totale du dispositif en 2025, le bonus écologique financé par les certificats d’économies d’énergie (CEE) continue d’évoluer, notamment avec la prime spécifique dédiée aux voitures équipées de batteries produites en Europe. Cette surprime, introduite à l’automne 2025, est désormais revalorisée et son montant varie sensiblement selon les constructeurs.

Mais derrière cette montée en puissance, un constat s’impose : seules trois voitures électriques françaises sont éligibles à cette prime batterie en 2026, un paradoxe alors même que l’État souhaite encourager une filière européenne.

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Comme le « coup de pouce électrique » CEE, la prime batterie 2026 s’applique à l’achat ou à la location longue durée (minimum deux ans) d’un véhicule électrique neuf, affiché à 47 000 € maximum (hors options) et pesant moins de 2,4 tonnes. Elle vient en complément de l’aide principale, dont le montant oscille entre 3 500 et 5 700 € selon les revenus du foyer. Cette surprime batterie, elle, dépend de plusieurs paramètres, notamment des accords conclus entre les constructeurs et les énergéticiens, comme dans le cadre des CEE. Résultat : des montants très variables selon les marques, la prime batterie 2026 allant de 1 140 à 2 000 €.

Hyundai se distingue avec la prime la plus élevée, pouvant atteindre 2 000 €, tandis que Renault, Ford, Kia ou Stellantis se situent dans une fourchette proche, entre 1 200 et 1 910 €. Les marques du groupe Volkswagen (Audi, Skoda, VW) proposent quant à elles des montants compris entre 1 140 et 1 720 €.

Malgré les ambitions industrielles nationales, seuls trois modèles français répondent aujourd’hui aux critères stricts de la prime batterie. Ainsi, le Renault Scénic E-Tech Grande Autonomie (87 kWh, 220 ch) reste le seul modèle français actuellement éligible. Sa batterie LFP est produite en Pologne par LG, avec des cellules également européennes. Quant aux Renault 4 E-Tech électrique et Renault 5 E-Tech électrique, elles devront patienter : elles ne deviendront éligibles qu’une fois les batteries issues de l’usine AESC-Envision de Douai disponibles.

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Du côté de la marque au Lion, le Peugeot e‑3008 Long Range (98 kWh, 230 ch) passe sous la barre des 47 000 € avec un tarif d’entrée à 46 990 €, ce qui lui permet d’intégrer le dispositif. Le plus grand SUV e‑5008, trop cher, n’y a pas droit, sauf à obtenir une remise ramenant son prix à 47 000 €.

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Pour Citroën, l’ë‑C5 Aircross Grande Autonomie, équipé de la même batterie ACC que l’e‑3008, sera éligible lui aussi. Problème : il n’est pas encore au catalogue, son lancement étant prévu au second semestre 2026. L’Opel Grandland Grande Autonomie, cousin technique, suivra la même trajectoire.

Ce sont d’autres constructeurs automobiles européens et asiatiques qui profitent beaucoup plus de la prime batterie 2026. En effet, Audi, Skoda et Volkswagen affichent une gamme relativement large de modèles compatibles : Q4 e‑tron 45, Skoda Enyaq et Enyaq Coupé (77 kWh), Skoda Elroq, Volkswagen ID.4 Pro et Pro 4Motion. L’ID.3, en revanche, sort du dispositif en raison d’un changement de fournisseur de cellules.

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Mais s’il y a bien une marque étrangère qui est à mettre en avant concernant la prime batterie 2026, il s’agit de Ford qui fait un quasi‑carton plein : Puma Gen‑E, Capri et Explorer (77 kWh) sont éligibles. Seules exceptions : l’Explorer 52 kWh (cellules asiatiques) et le Mustang Mach‑E (batterie européenne mais assemblage au Mexique).

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Hyundai reste l’un des champions du dispositif avec le Kona Electric (48 ou 65 kWh). Kia rejoint le mouvement avec l’EV4, et lancera en juin 2026 un second modèle éligible : l’EV2 Grande Autonomie.

– LISTE DE LA PRIME BATTERIE 2026 :

RFR précaires : ≤ 16 300 € / an RFR modestes : 16 301 à 26 300 € / an RFR standards : > 26 300 € / an

  • Audi – Q4 e‑tron 45 : 1 720 € / 1 140 € / 1 150 €
  • Citroën – ë‑C5 Aircross Grande Autonomie : 1 900 € / 1 200 € / 1 200 €*
  • Ford – Puma Gen‑E 43 kWh : 1 900 € / 1 200 € / 1 200 €
  • Ford – Explorer 77 kWh : 1 900 € / 1 200 € / 1 200 €
  • Ford – Capri 77 kWh : 1 900 € / 1 200 € / 1 200 €
  • Hyundai – Kona 48 ou 65 kWh : 2 000 € / 1 300 € / 1 200 €
  • Kia – EV4 58 ou 81 kWh : 1 900 € / 1 200 € / 1 200 €
  • Opel – Grandland Grande Autonomie : 1 900 € / 1 200 € / 1 200 €*
  • Peugeot – e‑3008 Grande Autonomie : 1 900 € / 1 200 € / 1 200 €
  • Renault – Scénic E‑Tech Grande Autonomie : 1 910 € / 1 200 € / 1 210 €
  • Skoda – Elroq 77 kWh : 1 720 € / 1 140 € / 1 150 €
  • Skoda – Enyaq / Enyaq Coupé 77 kWh : 1 720 € / 1 140 € / 1 150 €
  • Volkswagen – ID.4 Pro / Pro 4Motion : 1 720 € / 1 140 € / 1 140 €

* Voitures électriques prévues mais pas encore disponibles à la commande.

Enfin, comme vous l’aurez compris, la prime batterie 2026 renforce l’incitation à acheter des voitures électriques dotées de batteries européennes. Pourtant, l’industrie française n’est pas encore prête : seuls trois modèles nationaux peuvent en bénéficier, contre une offre beaucoup plus large chez Ford, Hyundai, Kia ou le groupe Volkswagen. L’ouverture progressive des gigafactories françaises et européennes devrait changer la donne dans les prochaines années. En attendant, les automobilistes devront composer avec une offre française encore restreinte malgré des aides publiques particulièrement généreuses.

La rédaction

Photos : LesVoitures.com et Peugeot

Frédéric Martin

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