Il existe parfois des solutions si évidentes qu’on se demande pourquoi elles ne s’imposent pas d’elles‑mêmes. Alors que les prix des carburants repartent à la hausse sous l’effet de la crise au Moyen‑Orient, que la France retient son souffle en attendant la réouverture du détroit d’Ormuz, et que le gouvernement semble toujours aussi incapable d’apporter une aide réelle aux particuliers, certains avaient déjà trouvé, dès mars 2022, des moyens ingénieux pour alléger leur budget mobilité. C’est ce qu’avaient montré nos confrères de France 3 Auvergne‑Rhône‑Alpes en rencontrant Louis Geneix, un jeune homme de 21 ans qui avait choisi de se rendre au travail… à cheval, plutôt que de démarrer sa Renault Clio.
Dans la mythologie grecque, « Éole » règne sur les vents. « Éole », c’est aussi le nom de la jument de Louis, qu’il montait pour rejoindre son poste de serveur dans un restaurant. À l’époque, il n’avait pas attendu la fameuse remise gouvernementale de 18 c/l, censée entrer en vigueur le 1ᵉʳ avril 2022, pour réduire ses dépenses, face à la hausse des prix des carburants. En 2022, pour découvrir, cette monture à zéro émission et zéro consommation de carburant, il suffisait alors de lancer la vidéo publiée sur la chaîne YouTube de France 3 Auvergne‑Rhône‑Alpes.
Toujours dans les colonnes de la chaîne régionale, Louis expliquait avec une logique limpide les raisons qui l’avaient poussé à adopter ce mode de déplacement intemporel, mais redoutablement économique, surtout face à des prix des carburants déjà en pleine flambée :
« Ce matin, je suis venu au travail à cheval. C’est le prix du carburant qui a motivé mon choix. Il y a eu une discussion avec mon patron : il devait changer de voiture dans la semaine et je lui ai dit de prendre une voiture électrique, vu le prix du gazole. Il m’a dit que j’étais tranquille car j’avais mon cheval. Du coup, je suis venu à cheval . »
Enfin, revoir cette scène aujourd’hui, alors que les tensions géopolitiques continuent de secouer les marchés, que la réouverture du détroit d’Ormuz est scrutée comme un événement capable de faire peut-être retomber la pression sur les prix des carburants, et que les automobilistes se demandent combien de temps ils pourront encore remplir leur réservoir sans se ruiner, donne à l’histoire de Louis une dimension presque visionnaire. À ce rythme, si rien ne change et si l’État persiste à regarder ailleurs, il faudra peut‑être sérieusement envisager un retour massif aux chevaux, ânes, poneys ou toute autre créature capable d’avancer sans carburant. Louis n’avait finalement que quelques années d’avance. Bientôt, serons‑nous tous en selle.
La rédaction
Photo : capture d’écran YouTube de France 3 Auvergne‑Rhône‑Alpes

