Face à la flambée des prix provoquée par les tensions au Moyen‑Orient, le gouvernement italien a adopté un décret-loi réduisant de 0,25 €/l le prix des carburants. La mesure, annoncée par Giorgia Meloni à l’issue d’un Conseil des ministres, repose sur une réduction substantielle des accises, ces taxes qui pèsent lourdement sur le diesel, l’essence et le GPL.
Ce dispositif gouvernemental est présenté comme temporaire dans le but de baisser les prix des carburants dans les stations-service italiennes, mais il s’applique immédiatement. Selon les précisions du gouvernement italien, la baisse résulte d’un allègement fiscal ciblé sur les carburants, valable pour une durée d’environ vingt jours selon les documents officiels.

Matteo Salvini, ministre des Transports, parle d’une « aide substantielle » destinée à amortir l’impact de la hausse du pétrole, dont les cours ont bondi de près de 50 % depuis les premières attaques en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Le décret inclut également un crédit d’impôt destiné aux transporteurs routiers, calculé pour compenser la hausse du gazole et éviter une répercussion sur les prix des biens de consommation. Une mesure équivalente est prévue pour le secteur de la pêche.
Autre volet : un mécanisme anti‑spéculation visant à aligner strictement les prix facturés aux consommateurs sur l’évolution réelle du cours du brut. L’objectif affiché est de bloquer les hausses « injustifiées » des prix des carburants et d’obliger distributeurs et compagnies pétrolières à répercuter les baisses lorsque le marché international se détend.
Pendant que Rome active un levier fiscal rapide, d’autres pays européens s’agitent : la Serbie a réduit de 20 % ses accises, et Berlin prépare un texte renforçant le contrôle des prix des carburants. En France, la situation est plus… immobile. Le gouvernement répète depuis des mois qu’il n’a pas la capacité budgétaire de financer une baisse des taxes sur les carburants. Aujourd’hui, l’État français semble ne pas pouvoir se permettre une réduction de la fiscalité sur les carburants, compte tenu d’un déficit public très élevé. Quant à l’Italie, elle a choisi d’agir, en assumant une mesure temporaire, mais immédiatement perceptible à la pompe.
Enfin, avec cette baisse de 0,25 €/l sur les prix des carburants, l’Italie repasse sous les prix observés en France, en Allemagne et en Espagne, comme l’a souligné Matteo Salvini. Pour les automobilistes italiens et les frontaliers français, l’effet est immédiat : le plein coûte moins cher, et le gouvernement peut afficher une réponse rapide à une crise énergétique qui s’aggrave.
La rédaction
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