Alors que la tension au Moyen‑Orient continue de bouleverser les marchés pétroliers, la France se prépare à un week‑end sous haute pression. Les organisations de transporteurs routiers ont annoncé qu’elles engageraient dès samedi des blocages potentiellement massifs, estimant ne plus pouvoir absorber l’envolée des prix à la pompe. Leur colère s’appuie sur des chiffres désormais incontestables : selon la DGEC, la semaine 12 affiche un Super SP95‑E10 à 1,9445 €/l, en hausse de 8 centimes, un gazole à 2,1088 €/l, soit +9,1 centimes, et un baril de Brent grimpé à 108,4 $, gagnant 13,7 $ en quelques jours. Une flambée qui met sous tension l’ensemble des professions dépendantes du carburant. En Corse, deux dépôts pétroliers sont actuellement bloqués par des distributeurs mécontents.

Face à cette situation explosive liée à la hausse des prix des carburants, l’exécutif, qui avait jusqu’ici résisté à toute intervention directe, a finalement décidé d’agir. Un mois après le début de l’escalade provoquée par l’intervention conjointe des États‑Unis et d’Israël en Iran, le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l’Économie Roland Lescure ont admis que l’État allait devoir ouvrir la voie à des soutiens financiers ciblés. Le chef du gouvernement a confirmé que des aides publiques seraient débloquées pour amortir l’impact de la crise énergétique. Jeudi 26 mars 2026, Roland Lescure a précisé sur RTL que des mesures destinées aux « gros rouleurs » seraient prochainement annoncées.

Ces mesures qui permettraient d’aider les professionnels de la route face à l’augmentation des prix des carburants seraient dévoilées « dans les tout prochains jours ». Le ministre a expliqué que les équipes travaillaient encore à « concerter », « calibrer » et « étudier » les dispositifs, mais que l’objectif restait clair : permettre aux professionnels de régler leurs factures dans un contexte où le carburant devient un poste de dépense insoutenable. Il a insisté sur le fait que l’aide serait « ciblée », excluant toute mesure générale comme une baisse de TVA ou un plafonnement des prix des carburants, jugés inefficaces ou trop complexes.

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Le gouvernement prévoit ainsi des mesures de trésorerie destinées aux transporteurs routiers, aux pêcheurs et potentiellement aux agriculteurs, afin de leur permettre de faire face immédiatement à leurs dépenses de carburant. Serge Papin, ministre des PME et du Pouvoir d’achat, a précisé sur Europe 1/CNews que la Banque publique d’investissement (Bpifrance) proposerait des prêts bonifiés garantis par l’État, tandis que les services fiscaux et sociaux pourraient différer certains paiements pour soulager les trésoreries les plus fragiles.

Enfin, malgré ces annonces, l’exécutif maintient sa ligne rouge : aucune ristourne généralisée, aucune modulation de taxes, aucun mécanisme automatique de plafonnement des prix des carburants. Roland Lescure l’a répété, « il n’y a pas de formule magique » pour empêcher la hausse des prix dans les stations‑service. Une position qui risque de ne pas suffire à calmer les transporteurs, déterminés à maintenir leurs blocages dès samedi, une action qui pourrait rapidement paralyser une partie du pays si la situation venait à s’enliser.

La rédaction

Photos : DGEC et LesVoitures.com

Frédéric Martin

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