L’exercice 2025 a été marqué par un ralentissement de la dynamique pour Renault Group. Les comptes ont été affectés par les difficultés de Nissan, partenaire stratégique de l’Alliance. Renault affiche néanmoins une marge opérationnelle de 6,3 %, en recul de 1,3 point, et un flux de trésorerie libre disponible de 1,5 milliard d’euros. Ces résultats permettent l’activation de l’accord d’intéressement signé avec les syndicats CFE-CGC, CFDT et FO, garantissant une redistribution aux salariés français. Cependant, la prime d’intéressement Renault 2026 est donc en baisse.
La formule retenue repose sur un montant fixe de 1 150 € brut, auquel s’ajoutent 73,96 € brut par tranche de 100 € de salaire brut mensuel. Selon les calculs syndicaux, un salarié rémunéré au SMIC (21 876 € brut annuels) percevra ainsi 2 498 € brut, soit 2 256 € net, ce qui représente 11,4 % de son salaire annuel. Pour un salarié gagnant 40 000 € brut par an, la prime atteint 3 615 € brut. Elle grimpe à 4 848 € pour un cadre rémunéré 60 000 €, et à 6 080 € pour un salarié à 80 000 €. Comme chaque année, chacun pourra choisir de toucher la somme immédiatement ou de la placer sur un plan d’épargne collectif, afin de bénéficier d’avantages fiscaux.
Si la prime Renault 2026 reste supérieure à celle de 2023, où elle s’élevait à 1 100 € + 65,33 € par tranche de 100 € de salaire brut mensuel, soit 2 200 € brut minimum, elle demeure inférieure aux montants versés en 2024 (2 864 € minimum) et 2025 (2 809 €). Les syndicats pointent une baisse comprise entre 11 % et 15 % par rapport à l’an dernier, tout en soulignant que le dividende proposé par la direction reste fixé à 2,20 € par action, sous réserve de validation lors de l’assemblée générale du 30 avril. Une stabilité qui passe mal auprès des représentants du personnel, qui estiment que l’effort demandé aux salariés n’est pas proportionnel à celui demandé aux actionnaires.
La direction rappelle toutefois que Renault Group (Alpine, Dacia et Renault) poursuit son objectif d’augmenter progressivement la part de l’actionnariat salarié à 10 % du capital, contre 6,31 % aujourd’hui. Les employés détenteurs d’actions pourront donc eux aussi bénéficier du dividende, dont la progression est appelée à se poursuivre dans les prochaines années. Le constructeur précise également que cette prime concerne uniquement l’intéressement groupe, auquel s’ajoute un intéressement local, permettant à chaque salarié de toucher au moins 1 000 € brut supplémentaires. Au total, la rémunération variable annuelle atteint donc un minimum d’environ 3 500 € brut pour l’ensemble des salariés français.
Enfin, dans un secteur automobile en pleine mutation, où les investissements dans l’électrification et les technologies connectées pèsent lourdement sur les marges, Renault tente de maintenir un équilibre entre rémunération du capital et reconnaissance du travail des équipes. La prime 2026 illustre cette recherche d’équilibre, même si sa baisse risque de nourrir les tensions sociales dans un groupe engagé dans une transformation profonde.
La rédaction
Photos : Renault et LesVoitures.com
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