La Sécurité routière franchit une nouvelle étape dans la lutte contre les comportements les plus dangereux sur la route en activant désormais un dispositif automatisé permettant de croiser les données des radars avec le fichier des véhicules assurés. Cette évolution marque un tournant majeur dans la politique de contrôle, puisqu’un conducteur flashé pour un excès de vitesse supérieur ou égal à 50 km/h pourra être sanctionné non seulement pour sa vitesse, mais aussi pour un défaut d’assurance, l’une des infractions les plus lourdes de conséquences.
L’annonce a été faite ce lundi par la Sécurité routière, qui précise que les radars automatiques transmettent désormais la plaque d’immatriculation des véhicules concernés au Fichier des Véhicules Assurés (FVA). L’objectif affiché est clair : renforcer la prévention des accidents graves, alors que « le coût des dommages » liés à la non‑assurance continue d’être supporté « par les assurés et les contribuables ». Cette mesure intervient dans un contexte où les autorités cherchent à mieux cibler les comportements à risque et à réduire l’impact financier des sinistres causés par des conducteurs non assurés. Les radars automatiques qui contrôlent l’assurance auto sont ainsi en fonction.
#Communiqué |
La vérification de l’assurance est désormais réalisée sur les véhicules flashés en excès de vitesse d’au moins 50 km/h, susceptible de causer de lourds dommages en cas d’accident.👉 https://t.co/1JvpcAPzra pic.twitter.com/XLkIKaFeXx
— Sécurité routière (@RoutePlusSure) February 16, 2026
Le grand excès de vitesse reste l’une des infractions les plus sévèrement punies du Code de la route. Il expose déjà les contrevenants à trois mois de prison, 3 750 € d’amende, un retrait de six points, ainsi qu’à des peines complémentaires telles que la suspension ou l’annulation du permis. Désormais, en cas de dépassement de plus de 50 km/h, la consultation du FVA devient systématique. Si le véhicule n’apparaît pas dans le fichier, son propriétaire encourra une seconde amende de 3 750 €, assortie des mêmes sanctions potentielles, dont la confiscation du véhicule.

Les chiffres publiés par l’Observatoire National interministériel de la Sécurité routière (ONISR) soulignent l’ampleur du phénomène. En 2024, 216 personnes ont perdu la vie dans un accident impliquant un véhicule non assuré, soit 7 % de la mortalité routière. L’ONISR estime par ailleurs que plus de 500 000 personnes circuleraient sans assurance en France, et que 4,8 % des véhicules impliqués dans des accidents corporels ne sont pas assurés. Le risque est considérablement accru : un automobiliste non assuré présente un risque « quatre fois plus important » d’être responsable d’un accident mortel, un ratio qui grimpe à « 2,5 fois plus important » pour les conducteurs de deux‑roues motorisés. C’est pourquoi les radars automatiques sont désormais utilisés pour contrôler l’assurance auto.
L’association 40 millions d’automobilistes a salué la mise en place de ce contrôle renforcé. Son délégué général, Pierre Chasseray, rappelle le caractère obligatoire de l’assurance et souligne la dangerosité des conducteurs qui s’en affranchissent : « On les retrouve dans les refus d’obtempérer, dans les délits de fuite, ils ont deux fois plus d’accidents que les autres usagers ». Pierre Chasseray demande que ce contrôle croisé soit appliqué à tous les excès de vitesse.
Enfin, cette évolution des contrôles de l’assurance auto avec les radars automatiques marque une nouvelle étape dans la modernisation des contrôles routiers. En automatisant la détection des véhicules non assurés lors des infractions les plus graves, les autorités entendent réduire le nombre de conducteurs à risque, alléger le coût collectif des sinistres et renforcer la sécurité sur l’ensemble du réseau routier. Une stratégie qui pourrait, à terme, être étendue à d’autres types d’infractions si les résultats se révèlent concluants.
La rédaction
Photos : LesVoitures.com

