Le département de la Vienne (86) compte 27 radars, et ceux‑ci ont été visés 79 fois en 2025, un chiffre exceptionnel qui équivaut à près de trois dégradations par appareil. Une intensité rarement observée ailleurs en France, et qui ne montre aucun signe d’essoufflement en ce début 2026. Autre exemple avec des données avancées pour la Côte-d’Or (21) avec plus de 100 dégradations de radars automatiques en 2025.
Dans la Vienne, la série s’est d’ailleurs poursuivie ces derniers jours. Ici Poitou rapporte ainsi une nouvelle attaque, cette fois « avec la mise hors‑service du radar de l’aire de Scevolles sur la RD 347 entre Mirebeau et Loudun ». Un acte supplémentaire dans une longue liste, qui exaspère désormais ouvertement les autorités locales.
Le préfet de la Vienne a réagi par un communiqué particulièrement ferme, dénonçant ces « actes de vandalisme » et rappelant « son plein attachement à la liberté d’expression et au droit de chacun de faire entendre ses revendications dans le cadre républicain ». Il a ensuite souligné : « Ce droit ne saurait en aucun cas justifier des atteintes aux biens publics ou privés. À ce titre, le préfet condamne avec la plus grande fermeté toutes dégradations commises à l’occasion de mouvements revendicatifs. »
Attention, comme nous le rappelons à chaque fois, si la mise hors service de radars peut apparaître comme une forme de communication militante, elle n’en reste pas moins un délit au regard du Code pénal. Le cadre juridique est clair : pour des atteintes qualifiées d’affichage d’autocollants, graffitis ou occultation des vitres, l’auteur s’expose à une amende pouvant atteindre 15 000 € et à une peine d’intérêt général. Lorsque la dégradation va plus loin, en cas de destruction par incendie, vol ou explosion, les sanctions peuvent monter jusqu’à 75 000 € d’amende et cinq ans d’emprisonnement. De plus, si les faits sont commis en groupe ou par un individu masqué, les peines maximales s’élèvent à 100 000 € d’amende et sept ans de prison.
Enfin, face à l’ampleur des dégâts, l’État a décidé de durcir le ton. Une plainte a été déposée après cette nouvelle destruction, une démarche qui vise à marquer un tournant dans la réponse administrative. Reste à savoir si elle permettra d’identifier les auteurs, ce qui demeure incertain en général concernant les attaques commises sur les radars automatiques.
La rédaction
Photos : images d’illustration LesVoitures.com
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