Une Renault 5 de 1982, restée intacte pendant plus de quarante ans dans une grange de Saône‑et‑Loire, a été proposée aux enchères le dimanche 15 mars 2026 à Paris. Restée totalement inutilisée depuis son achat, elle affichait seulement 12 km au compteur et un état de conservation exceptionnel. Son destin hors norme a attiré les collectionneurs… et fait grimper les enchères.
La vente aux enchères « Automobiles de Collection », organisée par Aguttes, comptait plusieurs modèles prestigieux capables d’atteindre le million d’euros, mais c’est bien cette Renault 5 qui a créé la surprise. Estimée entre 5 000 et 10 000 €, elle a finalement été adjugée 47 000 €, loin au‑dessus des prévisions, sans toutefois atteindre le montant « déraisonnable » que redoutait Gautier Rossignol, directeur du département Automobiles d’Aguttes. La voiture, considérée aujourd’hui comme une « sortie de grange », avait été achetée neuve en 1982 pour 40 000 francs, soit environ 15 000 € actuels, avant d’être oubliée au fond d’une grange par sa propriétaire, qui ne l’a plus jamais conduite.

Derrière cette « sortie de grange » se cache une histoire profondément touchante. La voiture avait été achetée neuve par une femme qui avait économisé pendant des années pour s’offrir ce modèle alors incontournable. Elle avait anticipé son achat avant même d’obtenir son permis de conduire, convaincue que cette Renault 5 serait la compagne idéale de ses futurs déplacements. Livrée en 1982, la citadine a été rangée dans le garage familial en attendant l’obtention du précieux document. Mais une fois le permis décroché, la propriétaire ne s’est jamais sentie suffisamment à l’aise pour prendre la route. Par timidité, appréhension ou raisons personnelles restées inconnues, la R5 n’a jamais quitté son abri.

Ce qui a frappé les experts, au‑delà du kilométrage dérisoire, c’est l’état absolument remarquable de cette Renault 5 de 1982 : aucune trace de corrosion, aucune rayure, un habitacle parfaitement préservé. Même les plaques d’immatriculation définitives n’avaient jamais été posées.

Gautier Rossignol explique que la conservation miraculeuse de cette Renault 5 a été rendue possible grâce aux conditions du lieu : « La grange était très saine et sèche. On a retrouvé la voiture sous une couche de poussière qui a agi comme une sorte de pellicule et a protégé la carrosserie. »

Enfin, reste à savoir ce que son nouveau propriétaire décidera de faire de cette Renault 5 « sortie de grange » devenue icône, alors que la Renault 5 100 % électrique réalise un carton commercial et populaire. Pour Gautier Rossignol, la réponse ne fait aucun doute : « Tout l’intérêt est bien sûr de la conserver dans cet état, c’est même fondamental ! »
La rédaction
Photos : Aguttes

