Depuis l’arrêt de la Twingo 3 en 2024, on pensait le segment A définitivement condamné sur l’autel des normes européennes, de la demande croissante de modernité et de l’augmentation tarifaire galopante. Pourtant, Renault, expert en petites voitures notamment électriques, considère qu’il existe encore une place pour une citadine compacte en Europe, dédiée à la ville ou comme second véhicule du foyer. Nous allons donc voir si la marque au losange a réussi à relever ce défi avec cette nouvelle version.
La genèse du projet
Débutons notre essai de la Renault Twingo E-Tech électrique en rappelant la naissance de ce projet ambitieux. C’est en Chine, en parcourant le Salon de Shanghai 2023, que le dirigeant de l’époque, Luca De Meo, a décidé de démocratiser la voiture électrique pour tous selon trois principes.

D’abord, proposer un tarif de départ à moins de 20 000 € (sans aides). Pour ce faire, Renault a choisi une chaîne de traction électrique chinoise avec une batterie LFP CATL et un moteur à aimants permanents Shanghai e‑Drive.

Le tout en réutilisant des pièces communes issues de l’expérience Dacia, dans le but d’atteindre 40 % de gains de coûts pour la Renault Twingo E-Tech électrique.

Ensuite, développer cette voiture électrique de type citadine en moins de deux ans, ce qui a poussé Renault à s’installer en Chine pour mener le développement le plus rapide de son histoire.

Enfin, produire en Europe afin de réduire l’empreinte carbone de la chaîne logistique en plaçant les futurs clients à moins de 1 000 km, même si les avantages liés aux aides européennes ne sont pas officiellement revendiqués.

Comme souvent, Luca De Meo a choisi de relancer une icône : la Renault Twingo E-Tech électrique, après avoir déjà réussi cet exercice chez Fiat avec la 500, puis chez Renault avec la R5, sans oublier de citer la R4.
Dimensions : une Twingo qui grandit
La nouvelle Renault Twingo E-Tech électrique affiche des dimensions de 3,79 m de long, 1,72 m de large et 1,50 m de haut pour 1 200 kg. Cette 4e génération a pris 36 cm en longueur, 9 cm en largeur et plus de 300 kg par rapport à la version originelle, signe de son adaptation à son époque.

Design : néo‑rétro assumé
On retrouve immédiatement l’esprit Twingo avec ses formes rondes, ses phares Full LED façon regard de grenouille, sa calandre souriante, son empattement porté à 2,49 m et ses roues jusqu’à 18 pouces rejetées aux quatre coins.

Sa silhouette monovolume modernisée optimise l’aérodynamisme pour gagner le moindre kilomètre. La face arrière a été retravaillée jusque dans les détails de la lunette et des feux, qui participent eux aussi à l’amélioration de l’autonomie.

La palette de couleurs conserve l’esprit originel : « Rouge Absolu », « Vert Absolu », « Jaune Mango » , « Noir Étoilé », « Blanc Glacier » et « Gris Schiste ».
Habitacle : petite dehors, grande dedans
Avant l’essai routier de la Renault Twingo E-Tech électrique, ouvrons ses portes. L’habitacle reflète l’esprit jovial du modèle, avec une planche de bord colorée (blanche sur la version de base, couleur carrosserie sur la « Techno ») et l’iconique bouton rouge des feux de détresse.

Plusieurs clins d’œil rappellent l’ADN Twingo, comme le slogan « À vous d’inventer la vie qui va avec » sur les sangles des sièges arrière ou le message « Ouvert d’esprit » à l’intérieur du hayon.

L’accès aux places arrière est facilité par les deux portes supplémentaires. Les deux sièges indépendants coulissant sur 17 cm offrent un espace remarquable, supérieur à celui de la R5.

Le volume du coffre de la Renault Twingo E-Tech électrique varie de 205 à 305 l, jusqu’à 966 l sièges rabattus, tandis que le siège passager avant bascule pour accueillir des objets de 2 m. Un rangement de 50 l sous le plancher permet de stocker le câble de recharge. Plusieurs accessoires colorés sont proposés, même si les plastiques durs restent omniprésents.
Poste de conduite : moderne et complet
Le poste de conduite de la Renault Twingo E-Tech électrique reprend la modernité des R4 et R5 avec un double écran 7 + 10″, Android Automotive et Android Auto/Apple CarPlay sans fil dès la version « Evolution ».

La version « Techno » ajoute la caméra de recul, le « Park Assist », l’avertisseur d’angle mort, la climatisation automatique, la conduite « One Pedal », les vitres arrière surteintées ou encore les essuie‑glaces automatiques.

L’essai routier de la Renault Twingo E-Tech électrique : reine de la ville
Avec son moteur de 82 ch, ses 175 Nm de couple, un 0 à 100 km/h en 12,1 s et une vitesse maximale de 130 km/h, la Renault Twingo E-Tech électrique n’est pas conçue pour procurer des sensations fortes.

En revanche, elle excelle en confort et en agilité. Le système « One Pedal » et les quatre niveaux de régénération rendent la conduite douce et efficace, tandis que son diamètre de braquage réduit facilite les manœuvres.

Quelques bruits d’air apparaissent passé 80 km/h, et le capot moteur fixe, pour une question de coût, limite l’accès, ce qui peut frustrer certains utilisateurs, pour remplir le réservoir de liquide lave-glace. Renault propose juste une petite trappe d’accès et un petit outil pour y accèder.
Consommation et autonomie de la Renault Twingo E-Tech électrique
Sa batterie LFP de 27,5 kWh promet 263 km d’autonomie WLTP pour une consommation annoncée entre 13 et 13,7 kWh/100 km. Lors de notre essai de la Renault Twingo E-Tech électrique, nous avons relevé 10,6 kWh/100 km dans des conditions idéales, soit une autonomie réelle de 254,71 km.

La charge AC 6,6 kW demande 4 h pour passer de 10 à 100 %, tandis que la charge rapide 50 kW (option à 500 €) permet de passer de 10 à 80 % en 30 min, une option indispensable pour sortir de l’agglomération.
Tarifs de la Renault Twingo E-Tech électrique : pari tenu sous les 20 000 €
Renault propose la Twingo E-Tech électrique « Evolution » à 19 490 € (15 870 € avec bonus mini, 13 750 € pour foyers modestes) et la « Techno » à 21 090 € (17 470 € avec bonus mini).

En LLD sur 37 mois et 30 000 km avec un apport de 300 €, la Twingo « Evolution » est à 231 €/mois et la « Techno » à 255 €/mois (entretien +9 €/mois).
Concurrence : elle se prépare
Les Citroën ë‑C3, Fiat Grande Panda, Leapmotor T03, BYD Dolphin Surf ou Dacia Spring se rapprochent de la Twingo, mais sans égaler son rapport prix/prestations.

Fiat prépare une nouvelle Panda électrique pour 2027, Volkswagen travaille aussi sur une citadine électrique, et BYD produira bientôt en Hongrie. Pour l’instant, la Renault Twingo E-Tech électrique garde un an d’avance sur ses challengers. Rappelons que la catégorie M1E voulue par l’UE pourrait rabattre les cartes, dans quelques mois, du marché automobile des voitures électriques.
Notre avis suite à notre essai de la Renault Twingo E-Tech électrique
Les +
• Confort et facilité de conduite
• Rapport prix/équipements
• Modularité et places arrière
• Qualité d’assemblage

Les –
• Charge rapide en option
• Usage limité à la ville
• Insonorisation dès 80 km/h
• Plastiques durs
• Capot moteur fixe
• Fenêtres arrière non coulissantes
Bilan de notre essai de la Renault Twingo E-Tech électrique : fidèle à l’originale
Après deux versions en demi‑teinte, Renault est sur le point de nous refaire le coup de la R5 en jouant sur nos sentiments. J’entends déjà les premiers commentaires : « Ah, si elle était en thermique… ». Pourtant, suite à notre essai de la Renault Twingo E-Tech électrique, cette dernière a tout pour réussir : elle est belle, pratique, confortable pour quatre adultes, facile à conduire, bien équipée, le tout pour un prix contenu. Reste à savoir si, avant l’arrivée d’une concurrence agressive, elle ne viendra pas prendre des parts de marché à la R5, mais surtout à la R4 déjà en difficulté.

L’arrivée de la Renault Twingo E-Tech électrique promet enfin l’électrique au prix du thermique, même si cela reste encore conditionné aux subsides de l’État, dans un contexte où l’Europe ne sait pas comment endiguer l’invasion chinoise. Dans cette situation, Renault, en s’appuyant sur l’expertise de sa filiale de Shanghai, possède tous les atouts pour renouer avec l’esprit de son aïeule, encore si présente sur nos routes aujourd’hui. Une question qui demeure Enfin, nous pouvons à juste titre nous demander si le véhicule électrique idéal ne serait pas, tout simplement, une citadine ? Dans cette période de crise énergétique, avec des prix des carburants qui explosent, vous avez la réponse.
Texte et essai : Alexis Tissier
Photos : LesVoitures.com et Renault

