À Shanghai, un pan entier de chaussée s’est volatilisé en quelques secondes, engloutissant barrières, matériaux et même du matériel de chantier. La scène montre une portion de route se fissurer avant de s’effondrer dans un gouffre qui s’élargit inexorablement. À quelques mètres seulement, plus d’une dizaine d’ouvriers restent immobiles, comme hypnotisés par la lente agonie du bitume, avant de finalement détaler lorsque la terre cède une seconde fois. Par miracle, aucun blessé n’est à déplorer.
L’incident s’est produit dans le district de Minhang, à proximité de Qixin Road, sur un chantier lié à la future ligne de métro Jiamin. Selon les autorités locales, une fuite d’eau avait été détectée la veille, entraînant la fermeture préventive de l’intersection et le pompage d’urgence du site. Une décision qui a probablement évité un drame, le gouffre s’étant ouvert à un moment où la zone ne comptait que des équipes techniques et non la circulation dense habituelle. Voici en vidéo cet effondrement impressionnant de la chaussée, survenu à Shanghai.
Shanghai n’en est pas à son premier effondrement. Construite sur les sols saturés d’eau du delta du Yangzi, la mégalopole repose sur des couches d’argiles quaternaires particulièrement instables. Une étude citée par la presse locale estime que près de 87 % des effondrements recensés dans la ville surviennent en zone urbaine, souvent en lien avec des travaux souterrains ou des infiltrations d’eau.
La Chine connaît d’ailleurs une multiplication de ces accidents. En 2023, un véhicule avait déjà fini sa course dans un trou similaire dans le même secteur. À Hefei, une voiture avait été engloutie « d’un coup », selon une témoin. Et l’un des cas les plus tragiques reste celui de Xining en 2020, où un bus s’était partiellement engouffré dans un cratère, provoquant la mort de six personnes.
Enfin, en regardant la vidéo de cet effondrement de la chaussée, à Shanghai, difficile pour un automobiliste français de ne pas penser à nos propres chaussées fatiguées. Certes, les nids-de-poule hexagonaux n’avalent pas encore des bus entiers, mais ils transforment chaque trajet en slalom improvisé. À Shanghai, le sol s’ouvre ; en France, il se désagrège. Deux réalités différentes, un même constat : la route, parfois, nous rappelle brutalement qu’elle n’est jamais acquise.
La rédaction
Photo : capture d’écran YouTube

