Cette évolution technique de la BMW M2 place désormais la plus petite des M dans le sillage direct des M3 et M4, dont elle reprend l’architecture de motricité pilotée, tout en conservant l’ADN de propulsion qui a façonné sa réputation depuis son lancement. Le constructeur automobile allemand confirme que cette nouvelle déclinaison sera commercialisée à la fin de l’été 2026, toujours produite dans l’usine de San Luis Potosí au Mexique.
La transmission « M xDrive », entièrement variable, répartit la puissance du 6‑cylindres en ligne de 480 ch entre les essieux avant et arrière de la BMW M2, selon les conditions d’adhérence, en coordination avec le différentiel « Active M » capable de moduler en continu le couple entre les roues arrière. Par défaut, la M2 conserve un fonctionnement typé propulsion, la totalité de la puissance étant envoyée au train arrière tant que l’adhérence le permet. Les roues avant ne s’enclenchent que lorsque la motricité arrière atteint ses limites, garantissant une stabilité directionnelle accrue et une capacité d’accélération supérieure. Le conducteur peut également sélectionner un « mode 2WD » qui désactive l’intervention du train avant, restituant un comportement de propulsion pure pour les amateurs de dérive et de pilotage plus radical.
De plus, le 6‑cylindres en ligne 3,0 l biturbo S58, commun aux BMW M2, M3 et M4, inaugure une nouvelle phase de son développement avec l’adoption d’un système de combustion à préchambre directement dérivé de la compétition. Le constructeur bavarois a breveté sa propre architecture de préchambre en 2024, intégrée à la culasse et reliée à la chambre de combustion principale par une série d’orifices calibrés. Cette préchambre dispose de sa propre bougie et de sa bobine d’allumage, ce qui porte à deux le nombre de systèmes d’allumage par cylindre. À bas et moyen régime, l’allumage est d’abord assuré par la bougie conventionnelle dans la chambre principale, la préchambre n’intervenant qu’ensuite. À haut régime et sous forte charge, le rôle s’inverse : la préchambre enflamme en premier une partie du mélange air‑carburant, puis les jets de flamme qui en sortent à très haute vitesse viennent embraser simultanément le mélange dans la chambre principale. Ce mode de combustion accélère la vitesse de flamme, améliore le rendement global et réduit la consommation, tout en abaissant la température des gaz d’échappement et en limitant le risque de cliquetis, avec des bénéfices particulièrement sensibles en conduite intensive sur circuit, comme le souligne BMW.
En complément de ce système de combustion à deux chambres baptisé « BMW M Ignite », le moteur S58 évolue en profondeur avec l’adoption de nouveaux turbocompresseurs à géométrie variable, une première sur ce bloc, ainsi qu’un taux de compression revu à la hausse. L’ensemble de ces modifications permet à ce 6‑cylindres biturbo de conserver ses performances de haut niveau tout en se conformant aux futures exigences réglementaires, notamment la norme « Euro 7 », prolongeant ainsi la carrière de ce moteur thermique d’exception sans recourir à l’hybridation.
Cette nouvelle architecture impose l’association exclusive avec la boîte automatique « M Steptronic » à huit rapports, seule capable de gérer la répartition de couple propre au système intégral. Malgré un surpoids mesuré, la BMW M2 M xDrive devient la version la plus rapide de la gamme, abattant le 0 à 100 km/h en 3,7 s, soit un gain de trois dixièmes par rapport à la M2 propulsion équipée de la même transmission automatique. BMW souligne que cette amélioration se manifeste aussi bien sur route sèche que dans des conditions d’adhérence dégradées, où la motricité intégrale exploite pleinement les 480 ch du moteur « M TwinPower Turbo ». Le prix d’accès de cette variante est fixé à 90 800 €, soit un supplément de 3 000 € par rapport à la version deux roues motrices.
L’arrivée de cette déclinaison intégrale s’accompagne d’un enrichissement du catalogue avec le pack « M Performance Track », une option homologuée pour la route mais pensée pour les conducteurs souhaitant exploiter la BMW M2 sur circuit. Ce pack comprend un ensemble aérodynamique complet intégrant un splitter avant réglable, des déflecteurs latéraux, une prise d’air spécifique sous le radiateur d’huile ainsi qu’un aileron arrière à fixation en col de cygne, dont la position « Race », reculée de 5 cm, reste réservée à un usage strictement sur circuit.
L’ensemble est complété par des combinés filetés réglables en compression et en détente, permettant d’abaisser la caisse jusqu’à 2 cm, associés à des coupelles ajustables. BMW précise qu’il s’agit du « premier système d’amortisseurs Motorsport spécifique bénéficiant d’une homologation routière ». Ce pack sera disponible à la commande à partir de juillet 2026 pour un tarif de 15 000 €.
Enfin, la gamme BMW M2 continue par ailleurs d’évoluer sur le plan tarifaire. Lancée en 2022 à 79 900 €, la sportive compacte voit son prix d’entrée grimper à 87 800 € en 2026, désormais uniquement en boîte automatique, la boîte manuelle subissant une hausse supplémentaire de 650 €. Quel que soit le choix de transmission ou de configuration, la M2 reste soumise au malus maximal de 80 000 € selon le barème français 2026. La M2 CS, version plus affûtée et plus légère qui coiffait la gamme, disparaît du catalogue.
La rédaction
Photos : BMW
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