Le constructeur automobile chinois BYD, désormais premier vendeur mondial de véhicules électriques, envisage sérieusement de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie d’expansion internationale en se tournant vers le sport automobile de haut niveau. Selon les informations de Bloomberg, la marque étudie plusieurs scénarios pour faire son entrée en compétition, avec un intérêt marqué pour la Formule 1 et le Championnat du monde d’Endurance, deux disciplines qui offrent une visibilité mondiale incomparable.
La Chine, devenue le marché automobile le plus dynamique de la planète, cherche à renforcer son influence au-delà de ses frontières, et BYD apparaît comme l’acteur le plus ambitieux de cette nouvelle offensive. Les discussions rapportées par Bloomberg évoquent une réflexion avancée autour d’une participation en F1 ou en Endurance, soit par la création d’une structure dédiée, soit par l’acquisition d’une équipe déjà présente sur la scène internationale. La marque n’a pas souhaité commenter ces informations, mais plusieurs sources proches du dossier confirment que la piste d’un rachat serait privilégiée, le coût d’entrée colossal en Formule 1, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars par saison, constituant un frein majeur à la création d’une écurie.

L’intérêt de BYD pour ces compétitions automobiles s’inscrit dans une logique de consolidation de son image mondiale. Après avoir dépassé Tesla en volume de ventes de véhicules électriques, le groupe chinois cherche désormais à renforcer son prestige sur les marchés occidentaux. La Formule 1, vitrine technologique absolue, et la catégorie Hypercar du WEC, portée par des règlements très orientés vers l’hybridation et l’électrification, représentent des plateformes idéales pour mettre en avant son savoir‑faire industriel et technologique. Rappelons que la manche principale du WEC, à savoir les 24 Heures du Mans, offre aux marques automobiles une visibilité internationale à fort impact.

Cette perspective s’inscrit également dans un mouvement plus large d’intérêt croissant des constructeurs chinois pour l’Endurance. En décembre 2025, le groupe Chery a officialisé avec l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) une collaboration visant à faire entrer la marque EXEED aux 24 Heures du Mans dans les prochaines années. Quelques semaines plus tôt, Geely, via Lynk & Co, avait déjà annoncé son intention de rejoindre le WEC après son engagement en TCR World Tour. BYD s’inscrit donc dans une dynamique déjà amorcée, mais avec une ambition nettement supérieure, puisqu’une arrivée simultanée en Endurance et en Formule 1 est envisagée.
Si BYD devait opter pour le rachat d’une écurie active dans les deux disciplines, Alpine apparaît comme la cible la plus logique. La structure française est engagée à la fois en F1 et en WEC, mais le groupe au A fléché a déjà annoncé son retrait du Championnat du monde d’Endurance à l’issue de la saison 2026, ce qui ouvre une fenêtre stratégique pour BYD qui pourrait alors s’associer avec Signatech. Par ailleurs, des rumeurs persistantes évoquent depuis plusieurs mois la possibilité d’une cession partielle d’actifs en Formule 1, avec les noms de Christian Horner et Toto Wolff cités parmi les potentiels repreneurs de la part détenue par Otro Capital, comme l’a révélé récemment The Telegraph. Aucun lien direct n’a été établi avec BYD, mais la concomitance des signaux nourrit les spéculations.
Enfin, à ce stade, aucune annonce officielle n’a été formulée par BYD. Mais l’ensemble des éléments disponibles confirme que le constructeur automobile chinois explore activement une entrée dans les deux plus grandes scènes du sport automobile mondial, avec une stratégie qui pourrait bouleverser l’équilibre actuel du paddock et du WEC. L’arrivée d’un géant industriel de cette ampleur en F1 et/ou en WEC constituerait un tournant majeur pour les deux disciplines, déjà engagées dans une transition technologique où l’électrification joue un rôle central.
La rédaction
Photos : Alpine F1 Team et LesVoitures.com

