La tension monte dans les stations-service françaises. Selon les données gouvernementales compilées par Carbu.com pour RMC, le mardi 31 mars, pas moins de 1 243 stations-service se sont retrouvées en rupture de gazole ou de SP95, les deux carburants les plus utilisés dans le pays. Une situation qui s’explique en grande partie par l’opération commerciale menée par TotalEnergies, même si le ministère de l’Énergie préfère tempérer.
Sur environ 10 000 stations-service que compte la France, 750 ne disposaient plus de gazole hier et 569 étaient à court de SP95‑E10. Cela représente 12,59 % du réseau national en rupture partielle. Les stations totalement à sec restaient minoritaires, en date du 31 mars, avec 156 établissements, soit 1,58 % du total, qui ne proposaient plus ni gazole ni SP95‑E10, ni SP98. Précisons que ces chiffres proviennent de la plateforme officielle mise à jour en continu par les distributeurs eux-mêmes.

La pression se concentre particulièrement sur les stations-service opérées par TotalEnergies, prises d’assaut depuis la prolongation de l’opération « prix bloqués » jusqu’au 7 avril. Avec un litre d’essence plafonné à 1,99 €/l et le diesel limité à 2,09 €/l, l’enseigne affiche des tarifs plus attractifs que la concurrence, provoquant un afflux massif d’automobilistes et, mécaniquement, l’épuisement rapide des stocks et, in fine, une pénurie de carburant.
Face à ces tensions, le ministère de l’Énergie refuse de parler de pénurie et évoque plutôt des « difficultés logistiques ». L’entourage de la ministre Maud Bregeon souligne que « c’est classique : les consommateurs attirés par l’opération commerciale [de Total] se retrouvent au même moment au même endroit ». Pour éviter que la situation ne s’aggrave, l’État a commencé depuis la semaine dernière à puiser ponctuellement dans ses stocks stratégiques, afin de réalimenter certaines zones en manque.
TotalEnergies, de son côté, se veut rassurant. « Il n’y a pas de pénurie de carburants en France », affirme une porte-parole, assurant que l’entreprise « fait le maximum pour approvisionner au plus vite toutes les stations ».
Enfin, un dernier élément permet de relativiser l’ampleur de cette pénurie de carburant que nous pouvons qualifier de partielle. Une partie des ruptures constatées découle du fait que de nombreuses stations-service ne sont pas livrées le week-end, la majorité des dépôts étant fermés, ce qui crée mécaniquement des creux d’approvisionnement en début de semaine.
La rédaction
Photos : LesVoitures.com

