Les données publiées chaque semaine par la Direction Générale de l’Énergie et du Climat (DGEC) ne laissent aucune place à l’interprétation. En quatre semaines, depuis le déclenchement des frappes sur l’Iran le 28 février 2026, le prix du gazole à la pompe a bondi de 1,62 € à 2,1888 € le litre. C’est une augmentation de 57 centimes, soit une hausse de 35 % en moins d’un mois.

Les données de la DGEC sont brutales à lire. De la semaine 52 à la semaine 09, soit de fin décembre à fin février, les prix des carburants sont très stables. Le Brent stagne alors entre 65 et 75 $/baril, le gazole tourne à 1,60 €/l. Puis la semaine 10 arrive, celle qui suit les premières attaques orchestrées par Israël et les États-Unis contre l’Iran. C’est depuis ces événements que le graphique se redresse de manière quasi-verticale. En quatre semaines, le baril franchit les 127 $, son plus haut depuis des années, avant de retomber à 110,6 $/b cette semaine encore. Mais les prix à la pompe ne redescendent pas en France, surtout que la situation reste aujourd’hui extrêmement tendue dans le détroit d’Ormuz. Cette nuit, Donald Trump a déclaré : « Nous allons frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l’âge de pierre auquel ils appartiennent » On est donc loin de la fin du conflit et les prix des carburants devraient donc continuer de monter.

Rappelons que le 27 mars dernier, le gouvernement français a mis en place des aides, à hauteur de 70 M€, dans le but d’aider principalement les professionnels de la route, sachant que les particuliers, les infirmières libérales et les infirmiers libéraux, entre autres, ne sont pas concernés. Rappelons également qu’une pénurie de carburants touche la France. Cette situation est notamment causée par les blocages de prix chez TotalEnergies.

prix des carburants

Revenons sur les prix des carburants. Le SP95-E10 n’est pas épargné, mais il résiste mieux : 25 centimes d’augmentation en un mois, à 1,9712 €/l. L’écart entre les deux carburants atteint désormais +22 centimes en faveur de l’essence. La raison est mécanique : les bruts du Golfe persique, précisément ceux qui ont disparu avec le blocage du détroit d’Ormuz, sont les seuls à produire efficacement du gazole et du kérosène. Les bruts américains de substitution, plus légers, produisent, quant à eux, de l’essence. Les motorisations diesel, qui représentent encore 69 % de la consommation française, absorbent donc le choc de plein fouet.

Enfin, la DGEC tient ses relevés hebdomadaires depuis 1985. En quarante ans de données, jamais les prix des carburants, dont celui du gazole, n’avaient atteint ce niveau.

La rédaction

Photos : DGEC et LesVoitures.com

Frédéric Martin

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