L’exercice 2025 restera atypique pour Renault : en l’espace d’un mois et demi, trois directeurs généraux se sont succédé à la tête du groupe automobile français. Luca de Meo, en poste depuis 2020, a quitté le groupe le 15 juillet 2025 pour rejoindre Kering. Pendant quinze jours, la direction a été confiée à Duncan Minto, alors directeur financier, avant que François Provost ne prenne officiellement les commandes le 31 juillet. Cette valse managériale a mécaniquement conduit à une rémunération répartie au prorata pour chacun, pour un total cumulé d’environ 3,2 M€, un montant nettement inférieur à celui versé à Antonio Filosa chez Stellantis (5,4 M€) et très loin des 12 M€ attribués à Carlos Tavares l’année précédente.

Concernant les différents dirigeants qui se sont succédés à la tête de Renault Group en 2025, le cas de Luca de Meo illustre le choc financier de son départ anticipé. Selon nos confrères de L’Argus, sa démission a entraîné l’annulation de 3,13 M€ d’actions de performance, ce qui a considérablement réduit son solde de tout compte. L’ancien patron n’a bénéficié d’aucune prime de départ, contrairement à Carlos Tavares lors de son retrait de Stellantis.

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Au final, la rémunération de Luca de Meo en 2025 s’est limitée à 1,74 M€, composée d’un salaire fixe ramené à 914 393,96 €, d’un variable de 813 810,60 € et de 11 307,83 € d’avantages en nature. À titre de comparaison, il avait perçu 5,31 M€ en 2024 et 3,27 M€ en 2023.

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En 2025, le successeur de Luca de Meo, François Provost, a touché 1,44 M€ pour sa prise de fonction en tant que directeur général de Renault Group. Cette somme se décompose en 504 545,45 € de fixe, 398 590,91 € de variable, 4 523,35 € d’avantages en nature, ainsi que 533 039 € en actions. Pour 2026, Renault Group a décidé de revoir la structure salariale à la baisse : le fixe est ramené à 1,2 M€, contre 1,7 M€ sous l’ère de Luca de Meo, et le variable plafonné à 2,4 M€, soit 200 % du fixe. Son bonus dépendra de l’atteinte d’objectifs précis : marge opérationnelle, flux de trésorerie libre, réduction des coûts, mais aussi critères de stratégie, développement durable, qualité et satisfaction client. S’y ajoutera potentiellement un lot de 75 000 actions de performance, valorisé à plus de 2 M€ au cours actuel, dont l’attribution ne sera confirmée qu’en 2028.

Renault Group 2035 François Provost

Enfin, la situation de Duncan Minto est plus anecdotique : les 25 772,72 € qu’il a perçus correspondent simplement à une prime exceptionnelle pour avoir assuré l’intérim durant deux semaines à la tête de Renault Group, avant de reprendre son rôle de directeur financier. Quant au président du conseil d’administration, Jean‑Dominique Senard, il a touché une rémunération fixe de 450 000 €, complétée par 11 192 € d’avantages en nature, incluant notamment une voiture de fonction, un chauffeur, ainsi que l’accès aux régimes de prévoyance et de mutuelle appliqués aux salariés français.

La rédaction

Photos : LesVoitures.com, Renault Group et Stellantis

Frédéric Martin

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