La tension monte autour du site de Viry‑Châtillon, berceau historique des motoristes Renault en Formule 1. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, accompagnée d’un communiqué de presse, le maire Jean‑Marie Vilain accuse frontalement Renault Group de préparer un abandon pur et simple des engagements pris en 2024, lors de l’annonce de l’arrêt du programme moteur F1. Selon l’élu, le groupe automobile français s’apprêterait à tourner la page de manière brutale, au mépris des promesses faites aux salariés et aux collectivités locales.
Lors de l’arrêt du programme moteur, Renault avait pourtant assuré que Viry‑Châtillon ne serait pas sacrifié. Le site devait être transformé en « Hypertech Alpine », présenté comme un « centre d’excellence en ingénierie et haute technologie ». Cette structure devait travailler sur des projets stratégiques du groupe, notamment la future supercar Alpine, la R&D hydrogène, les moteurs électriques, tout en maintenant une cellule de veille F1 pour préserver un lien avec la discipline reine. Pour Jean‑Marie Vilain, les choses ne vont pas dans le bon sens. Il l’a exprimé dans une vidéo publiée sur X, accompagnée d’un communiqué.
❌ MENSONGES ET TRAHISON DU GROUPE RENAULT CONCERNANT LE SITE ALPINE DE VIRY-CHATILLON ❌
Communiqué de presse à télécharger en cliquant sur le lien :https://t.co/lQHboziFh0 pic.twitter.com/gM9PfL9IEx
— Jean-Marie Vilain (@JMVilain) February 8, 2026
Pour revenir sur l’annonce officielle de l’arrêt de la production de l’unité de puissance Renault, du 30 décembre 2024, dès le lendemain, les représentants du personnel d’Alpine Racing avaient exprimé leurs doutes. Ils alertaient déjà sur le manque de clarté du projet, déclarant que « le contenu, les ressources et la pérennité des nouveaux projets que la direction souhaite apporter à Viry apparaissent encore très largement imprécis ». Ils pointaient également une cellule F1 sous‑dimensionnée, estimant que « le dimensionnement communiqué de la cellule de veille F1 (effectifs et budget) semble encore trop faible et remet en question le retour potentiel d’Alpine comme motoriste à terme ».
Un an et demi plus tard, les inquiétudes semblent se confirmer. Jean‑Marie Vilain affirme avoir appris que Renault s’apprête à « renoncer à ses engagements concernant le site Alpine », une annonce qui serait officialisée lors d’un CSE (Comité Social d’Entreprise) prévu le 12 février. Dans sa vidéo, l’élu ne cache ni sa colère ni son sentiment de trahison. Il déclare : « Ma stupéfaction est à la hauteur de ma colère face à ce reniement et ce non respect de la parole donnée qui traduit également un irrespect total à l’égard des salariés ». Il ajoute également : « Je demande donc instamment au groupe Renault et à son actionnaire, l’État, de revenir sur cette décision et je me réserve le droit de mener […] toutes les actions possibles pour manifester contre ce que je considère comme une véritable trahison. »
Si ces informations se confirment, Renault Group tournerait définitivement la page de son histoire motoriste à Viry‑Châtillon, un site qui a produit certains des moteurs les plus titrés de l’histoire de la F1. Le projet « Hypertech Alpine », présenté comme une reconversion ambitieuse, pourrait n’avoir été qu’une transition temporaire avant une restructuration plus profonde. Rappelons qu’Alpine F1 Team est devenue cette année une écurie cliente, car la monoplace A526 est motorisée par une unité de puissance Mercedes-AMG, une solution beaucoup moins coûteuse que le moteur Renault et jugée plus performante.

Enfin, dans un contexte où Renault Group revoit l’ensemble de ses investissements sportifs et technologiques, une autre décision lourde de conséquences pourrait suivre. Selon plusieurs sources internes, Renault Group devrait également stopper le programme d’endurance Alpine après les 24 Heures du Mans. Une telle décision marquerait un nouveau tournant stratégique pour la marque et constituerait un signal supplémentaire des restrictions budgétaires souhaitées par Renault Group, dans un contexte industriel particulièrement délicat en Europe.
La rédaction
Photos : Alpine F1 Team

