Stellantis choisit une trajectoire que peu de constructeurs automobiles osent encore assumer. Alors que les ventes de modèles thermiques s’effritent et que le marché du 100 % électrique, pourtant présenté comme l’horizon incontournable de l’industrie, progresse moins vite que prévu, le groupe franco-italo-américain opère un virage inattendu : le retour du diesel sur plusieurs de ses véhicules. Cette décision marque la volonté du groupe automobile de maintenir une offre de motorisations fonctionnant au gazole, dans le but de répondre aux demandes clients toujours soutenues.
Depuis décembre, Stellantis a ainsi réintroduit le moteur BlueHDi 100 ch sur des modèles qui n’étaient plus proposés qu’en version électrique, comme l’Opel Combo, le Peugeot Rifter ou le Citroën Berlingo. Au total, une quinzaine de véhicules sont concernés, notamment plusieurs fourgonnettes telles que l’Opel Vivaro ou le Citroën Spacetourer.

Ce retour de motorisations diesel décidé par Stellantis marque une rupture avec la stratégie adoptée entre 2022 et 2024, période durant laquelle le diesel avait été progressivement retiré de nombreux catalogues, conséquence du scandale Volkswagen de 2015, des nouvelles normes Euro et d’un marché alors convaincu que l’électrique allait s’imposer rapidement. Mais la réalité est plus nuancée : selon l’ACEA, la part du diesel est tombée à 7,7 % des immatriculations en 2025, tandis que les électriques atteignent 19,5 %, un niveau encore loin des projections initiales. Parallèlement, la Commission européenne a assoupli les conditions d’interdiction des moteurs thermiques en 2035, ouvrant une brèche stratégique.
Stellantis a d’ailleurs revu ses ambitions électriques à la baisse, annonçant un reset stratégique accompagné de 22 milliards d’euros de charges exceptionnelles, ce qui avait entraîné une chute de 25 % du titre en Bourse. Dans ce contexte, le diesel redevient un outil de différenciation face à une concurrence chinoise très présente sur l’électrique, mais quasi absente sur le gazole. En effet, les marques automobiles restent expertes sur ce type de motorisation.
En France, l’Opel Combo diesel débute à 24 100 €, loin des 37 000 € de la version électrique de 136 ch, pour une autonomie sans commune mesure. Le diesel émet moins de CO₂ qu’un moteur essence, même s’il reste surpassé par l’électrique en matière d’émissions locales.
Enfin, le mouvement touche aussi les berlines : un moteur diesel fait son retour sur la DS 4, la Peugeot 308 ou l’Opel Astra, aux côtés des versions hybride, hybride rechargeable et électrique. Stellantis poursuit également la production diesel des DS 7, Alfa Romeo Tonale, Giulia et Stelvio. Une stratégie assumée, à rebours du discours dominant, mais qui pourrait bien redessiner les équilibres du marché européen.
La rédaction
Photos : Stellantis et Peugeot

