La baisse des ambitions électriques en Europe, aux États‑Unis et en Chine contraste violemment avec la réalité géopolitique : la guerre en Iran et la flambée des prix du pétrole rappellent que les véhicules électriques ne dépendent d’aucun carburant fossile. Deux études publiées mercredi montrent qu’en 2025, l’électrification mondiale a déjà permis d’éviter 1,7 à 2,3 millions de barils de pétrole par jour, un choc silencieux mais massif pour le marché énergétique.
Selon Claudio Lubis, analyste chez BloombergNEF, cette économie de pétrole va croître chaque année jusqu’en 2030, portée par l’adoption accélérée des voitures électriques. Aujourd’hui, l’essentiel de la réduction provient des deux‑roues et trois‑roues électriques, omniprésents dans les pays émergents. Mais la bascule du marché automobile mondial pourrait faire exploser l’impact : BloombergNEF anticipe 5,25 millions de barils économisés par jour d’ici 2030, un volume capable de remodeler la demande mondiale, surtout en cette période de crise au Moyen-Orient, alors que les prix des carburants explosent.

Un second rapport, signé Ember, confirme cette dynamique : les voitures électriques ont évité 1,7 million de barils par jour en 2025, contre 1,3 million en 2024. Le think tank estime qu’une électrification généralisée ferait chuter d’un tiers les importations mondiales d’énergies fossiles, soit 600 milliards de dollars d’économies annuelles. Avec un baril à 80 dollars, la Chine économiserait 28 milliards de dollars par an, l’Europe 8 milliards, et l’Inde environ 600 millions.
Cette montée en puissance intervient alors même que les ventes de voitures électriques devaient ralentir : réduction des subventions en Chine, assouplissement du calendrier européen vers 2035, revirement américain sur les technologies propres. Mais la flambée des prix des carburants, alimentée par le conflit au Moyen‑Orient, a inversé la tendance. Comme le souligne Daan Walter, analyste chez Ember, « les véhicules électriques sont de plus en plus compétitifs par rapport aux voitures à essence » et « la volatilité du prix du pétrole fait des véhicules électriques un choix judicieux pour les pays qui souhaitent se prémunir contre les chocs futurs ».

Enfin, Transport & Environnement rappelle que l’avantage économique est désormais tangible pour les automobilistes. Avec un litre d’essence autour de 2 euros, un conducteur dépense 142 euros par mois, contre 104 euros avant la crise. À distance équivalente, les recharges des voitures électriques coûtent 65 euros par mois, même en intégrant une hausse potentielle du prix de l’électricité liée au gaz. L’écart est net : 77 euros économisés chaque mois, soit 924 euros par an.
La rédaction
Photos : LesVoitures.com et Transport & Environnement

