Quelques semaines après avoir estimé que le dispositif n’offrait pas encore un niveau de sûreté suffisant, la France s’apprête pourtant à ouvrir un nouveau chapitre dans l’examen du FSD de Tesla. Le pays va en effet accueillir, dans les prochains jours, des essais en conditions réelles menés sur deux voitures qui intègrent des systèmes permettant une conduite supervisée (FSD Supervisé), spécialement configurées pour intégrer cette technologie d’aide avancée à la conduite.
Ce revirement intervient à la suite d’un échange direct entre le ministre des Transports, Philippe Tabarot, et Elon Musk. Mercredi soir, les deux hommes ont discuté du système Full Self‑Driving (FSD). Le ministre a publié sur X un message où il évoque un « Échange constructif ce soir avec @elonmusk autour du dispositif Full Self-Driving (FSD) de Tesla », rappelant que les autorités françaises collaborent « depuis plusieurs mois » avec le constructeur afin d’identifier les ajustements techniques indispensables à une éventuelle homologation. Celle‑ci doit être tranchée « au niveau européen dans les prochaines semaines ». Tabarot a confirmé que Tesla met désormais à disposition deux voitures équipées du système de conduite supervisé, ajoutant : « Nous entrons désormais dans une nouvelle étape : celle des essais sur route ».
Échange constructif ce soir avec @elonmusk autour du dispositif Full Self-Driving (FSD) de Tesla.
Depuis plusieurs mois, les autorités françaises travaillent étroitement avec @Tesla sur les adaptations techniques qui permettront à la France de soutenir son homologation, qui sera… pic.twitter.com/d1Y90cGJLf
— Philippe Tabarot (@PhilippeTabarot) September 2, 2026
Cette annonce surprend d’autant plus qu’elle intervient un mois seulement après que le même ministre avait déclaré que la France ne souhaitait pas autoriser, à ce stade, le système de conduite FSD supervisée de Tesla, en raison de doutes persistants sur son niveau de sécurité.
Le dispositif actuellement proposé par Tesla en Europe porte le nom de FSD Supervisé. Contrairement à ce que suggère son appellation américaine, il ne rend pas les voitures autonomes comme les robotaxis Waymo : le conducteur doit rester pleinement attentif et prêt à intervenir. La marque précise sur son site que ce système repose sur une intelligence artificielle entraînée par les données issues de plus de 6 millions de véhicules Tesla en circulation dans le monde. Grâce à un ensemble de caméras extérieures couvrant l’environnement sans angle mort, le FSD est capable de gérer la circulation urbaine ou autoroutière, de réaliser des manœuvres de stationnement complexes, ou encore de sortir le véhicule d’une place de parking pendant que le conducteur observe la scène depuis l’extérieur.
Aux États‑Unis, au Canada, au Mexique, en Australie ou en Corée du Sud, cette option équipe déjà des millions de voitures. En Europe, les Pays‑Bas ont été les premiers à accorder une autorisation provisoire mi‑avril, en dérogeant au cadre réglementaire international qui impose que le conducteur conserve en permanence la maîtrise du véhicule. Le ministre français rappelait en juillet que « En général, au moins une main doit rester sur le volant ». Les pays ayant ouvert la porte au FSD l’ont donc fait via des dérogations spécifiques. La France, elle, cherche plutôt à déterminer quelles modifications permettraient de rendre le dispositif FSD Supervisé pleinement conforme aux règles européennes sur les systèmes d’aide à la conduite
Enfin, le dossier du FSD Supervisé figure à l’agenda d’un comité technique de l’Union européenne, qui doit se réunir le 6 octobre puis début décembre. Depuis la décision néerlandaise, quatre autres États membres (Estonie, Belgique, Lituanie, Danemark), ont suivi la même voie. Sur son site français, Tesla indique que la disponibilité du FSD est « en attente d’approbation réglementaire », tout en soulignant que l’option est déjà accessible dans « douze pays et ce n’est pas fini ».
La rédaction
Photo : Tesla

