Peugeot 308 GT 2.0 l BlueHDi 180 EAT8 : plaisir automatique, essai !

    Publié le 11 juin 2017

Arrivée à mi-carrière, la seconde génération de la Peugeot 308 s’offre un restylage synonyme de mises à jour stylistiques et technologiques. C’est en Bavière, sur les terres de sa concurrente allemande « Das Auto », que nous avons été conviés à essayer la berline compacte française équipée d’une nouvelle boîte automatique à 8 rapports, l’EAT8.

La marque au lion se porte bien. Les ventes sont au beau fixe à travers le monde et les nouveaux SUVs 3008 (« Voiture de l’Année 2017 ») et 5008 remplissent les carnets de commandes des concessionnaires. C’est donc un timing parfait pour lancer la nouvelle version de l’autre « Voiture de l’Année », celle de 2014.

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Esthétiquement, la 308 évolue subtilement afin d’être en accord avec les dernières créations Peugeot citées précédemment. Ainsi, l’avant de l’auto a été revu à travers un capot plus horizontal et une chute vers la calandre plus droite. Cette dernière trône au sein d’un bouclier redessiné qui accueille une nouvelle signature visuelle. On remarque également des entrées d’air plus généreuses et acérées.

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Les flancs de notre modèle d’essai diesel GT profitent de nouvelles jantes en aluminium Saphir Black de 18″ au rendu brut savamment étudié : stries circulaires et traitement bi-ton. Elles accompagnent deux autres nouvelles jantes de 16″ : Zyrcon et Jade.

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Concernant l’arrière de la 308 2017, les changements sont mineurs. Mis à part des optiques aux fonds plus sombres et les « 3 griffes rouges lumineuses » qui sont désormais constamment allumées, rien d’autre à signaler. Au global, ces ajustements de design modernes suffisent amplement pour renforcer le caractère visuel à la fois consensuel et sportif de la 308.

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A l’intérieur, le déjà très accueillant i-Cockpit au petit volant se voit doté, pour notre version d’essai, de la commande de boîte automatique. L’impression d’espace y gagne et la position de conduite est toujours aussi idéale même s’il faut un certain temps pour la régler car un si petit volant demandera aux acheteurs de la 308 un temps adaptation. Pour nous, cela a été immédiat car nous avons emmené il y a peu la version actuelle de la 308 Gti by Peugeot Sport sur les Spéciales du Tour de Corse WRC (vidéo ici). Parenthèse de ce souvenir mémorable fermée, notons également l’arrivée d’un écran tactile capacitif (9,7″) et de la fonction Mirror Screen pour Mirrorlink, Apple CarPlay et Android Auto.

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L’ambiance originale qui fait en partie le succès de la 308 développée, bien sûr, grâce à l’i-Cockpit, n’a pas pris une ride et reste largement en avance sur son temps et sur celles, trop austères, des compactes allemandes, si on fait abstraction du fait que les Audi A3 et Volkswagen Golf disposent de l’instrumentation digitale.

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Passons à la mise à niveau des ADAS. Mais que signifie cet acronyme ? Dans le jargon automobile, il représente tout simplement les aides à la conduite : Advanced Driver Assistance Systems. Elles sont pléthore sur la nouvelle 308. Le terme « nouvelle » colle parfaitement aux 3 chiffres dans ce domaine. En effet, la 308 est désormais disponible avec le Pack Safety de série (à partir de la finition Allure). Il inclut l’alerte de franchissement involontaire de ligne, l’alerte en cas de fatigue du conducteur, la commutation automatique des feux de route et la reconnaissance/préconisation des panneaux de limitation de vitesse. En option, hélas, le Pack Safety Plus (300 €) ajoute l’Active City brake (freinage d’urgence automatique) le Distance Alert (alerte en cas de risque de collision). Pour faire un pas supplémentaire vers la conduite autonome, il faut opter pour le Pack Drive Assist (700 €) qui intègre les aides présentées précédemment avec, en supplément, le régulateur de vitesse adaptatif. Précisons que l’EAT8 permet à la 308 de s’arrêter toute seule lorsque le risque de collision avant est trop important. Ceci à n’importe quelle vitesse alors que pour l’EAT6 du bloc 2.0 l BlueHDi, cette intelligence de freinage fonctionne uniquement jusqu’à 30 km/h, soit en ville.

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Pour être tout à fait complet, l’offre 308 2017 propose aussi le Visiopark 1 (caméra de recul avec une matérialisation de la voiture sur l’écran à 360 degrés (de série à partir d’Allure) et le Park Side Security : Park Assist (assistance au stationnement avec surveillance des angles morts).

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Sous un superbe soleil, les routes de Bavière aux paysages champêtres et montagneux nous ont offert un terrain de jeu varié pour jauger la boîte EAT8. Soyons directs : en mode « normal » le plaisir de conduire est immédiat grâce au très bon agrément de conduite qu’elle procure. A vitesse normale, les rapports montent les uns après les autres avec douceur et rapidité, sans aucun à-coup. Sur les routes très vallonnées aux lacets impressionnants de Bavière, l’EAT8 intelligente remplit parfaitement son rôle. Dans ce contexte, les progrès par rapport à l’EAT6 sont considérables. On notera que le dispositif à convertisseur de couple, développé par les spécialistes japonais de chez Aisin, privilégie la vitesse inférieure lorsque l’on sollicite la pédale de droite alors que l’EAT6 joue plus sur le couple. Sur les grands axes et sans surprise, l’intelligence de la boîte choisit le rapport le plus bas.

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Une fois le mode « Sport » enclenché, via le Driver Sport Pack, et en faisant très attention à la « faune locale », nous avons été immédiatement tentés d’utiliser les palettes fixes situées derrière le volant. Rappelons que ce mode durcit la direction en atténuant fortement son assistance, rend la pédale d’accélérateur plus réactive et envoie dans les hauts-parleurs un grondement artificiel sur lequel nous reviendrons. Les palettes fixes ne sont pas gage d’une facilité d’utilisation optimale et manquent de réactivité mais, on trouve un plaisir certain à maîtriser totalement les changements de rapports surtout à la relance en sortie de virage. En revanche, sur le BlueHDi 180, le son qui remplit l’habitacle devient rapidement fatigant. Nous aurions apprécié de pouvoir le désactiver et « jouir » seulement des compteurs qui passent en rouge. Pondérons nos propos, car sur la 308 1.6 THP essence de 205 chevaux, le bruit est moins prononcé et augmente les sensations de plaisir au volant.

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Pour les « flemmards sportifs », l’EAT8 utilisée en automatique est de nouveau très efficace mais il ne faudra pas trop pousser la 308 à son maximum. La boîte montre alors ses limites car elle n’est évidemment pas paramétrée pour. Par exemple, elle n’apprécie pas la descente d’une vitesse pour utiliser fortement le frein moteur. Tout l’intérêt de l’EAT8 réside donc dans sa fluidité exemplaire dans des conditions de roulage quotidiennes et quel que soit le relief. Elle ajoute du dynamisme à la 308 qui est la référence incontestée du segment des berlines compactes en termes de tenue de route et d’agilité. La Volkswagen Golf est clairement plus aseptisée et moins vive. Le plus impressionnant au volant de la 308 Blue HDi 180 EAT8, c’est qu’elle fait presque oublier que l’on est au volant d’une voiture diesel.

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En chiffres, les 180 chevaux sont disponibles à 3 750 tr/min et le couple de la « lionne » est de 400 Nm (à 2 000 tr/min). Peugeot étant en attente des consommations homologuées, il faudra patienter pour compléter la fiche technique de la 308 GT. En Allemagne, avant de passer en mode « Sport »  nous avons relevé un excellent 6,8 l/100 km, sur, rappelons-le, des routes au profil escarpé.

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Avant de conclure, prenons de la hauteur afin de présenter l’autre grande nouveauté de la gamme 308. Il s’agit du BlueHDi 130 Euro 6.c qui remplace le BlueHDi 120. Ce tout nouveau moteur a fait l’objet de 200 brevets dans le cadre de sa conception. Il promet des consommations de carburant réduites, de 4 à 6% selon le constructeur français et répond en avance de phase à la norme Euro 6.c (mise en vigueur à partir de septembre 2017). Parmi ses entrailles novatrices, les pistons de ce bloc « écolo-technologique » sont issus de la Peugeot 908 HDi FAP. Quant à ses émissions de NOx, elles sont réduites de manière significative grâce à deux SCR (Selective Catalyc Reduction), moteur et FAP, qui sont regroupés au plus proche du moteur. Précisons que les futurs acheteurs de la 308 BlueHDi 130 devront remplir tous les 6, 7 pleins le réservoir d’AdBlue. Mais qu’est-ce que c’est encore ? Ce liquide est composée à 32,5% d’urée et à 67,5% d’eau déminéralisée. Il permet de transformer 85% des NOx en vapeur d’eau et azote inoffensif. Une nouvelle trappe à AdBlue est située à côté de celle utilisée pour le carburant. Peugeot nous a précisé que ce BlueHDi 130 respecte d’ores et déjà la norme de 2020, l’Euro 6.d, grâce à un dépassement autorisé de 150% des émissions de NOx comparativement aux mesures relevées sur banc moteur. Pour l’Euro 6.c, le dépassement autorisé est de 210%. Peugeot fait très fort car il est le premier généraliste à annoncer de telles données. Un beau coup en période post-Dieselgate !

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En conclusion, la berline compacte 308 fait un réel bon avant avec l’arrivée de l’EAT8 exclusivement réservée à la version GT BlueHDi 180 dont le prix sera connu à son lancement (automne 2017). Ajoutez à cela les upgrades des ADAS et un lifting habile et vous obtiendrez la voiture la plus aboutie du segment C surtout que les mois à venir verront débarquer d’autres nouveaux moteurs. Avec la 308 2017, Peugeot maîtrise parfaitement ce que l’on pourrait nommer l’équation automobile hyper-complexe entre efficacité, plaisir, consommation maîtrisée et écologie. La Peugeot 308 GT 2.0 l BlueHDi 180 EAT8 est bien la nouvelle « Das Automatique ». Retrouvez ci-dessous d’autres photos de notre essai avec une allemande mythique et sympathique, également rouge, qui s’est incrustée sur un cliché.

Texte, essai et photos : Frédéric Lagadec

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