Depuis février, une série d’incendies visant des radars automatiques frappe le nord des Bouches‑du‑Rhône, non loin de Marseille. Les appareils sont systématiquement détruits selon un procédé identique, suffisamment troublant pour que les gendarmes privilégient désormais la piste d’un ou plusieurs auteurs organisés. Le vendredi 17 avril 2026, les automobilistes circulant sur la D556 à Meyrargues ont découvert un nouveau radar réduit à une carcasse calcinée, confirmant une tendance qui inquiète les autorités locales et nationales.

Selon actu Marseille, l’un des radars automatiques incendiés la semaine dernière n’est donc pas un cas isolé. Depuis plusieurs semaines, les radars fixes installés sur les axes secondaires du nord du département sont méthodiquement pris pour cible. Les enquêteurs constatent un mode opératoire récurrent : intervention nocturne, utilisation probable d’un accélérant, destruction totale de la cabine et absence de revendication. Les premiers éléments recueillis laissent penser à des auteurs connaissant parfaitement les lieux, capables d’agir rapidement sans attirer l’attention.

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Rappelons que selon l’ONISR (Observatoire national interministériel de la Sécurité routière), près de 10 % du parc national des radars subit chaque année des dégradations, mais la concentration d’incendies observée dans cette zone des Bouches‑du‑Rhône, aux alentours de Marseille, dépasse largement les statistiques habituelles.

Les radars automatiques détruits appartiennent à la dernière génération de dispositifs automatiques, dotés de capteurs multifréquence, d’un module de transmission 4G sécurisée et d’un système de mesure haute sensibilité permettant de contrôler simultanément plusieurs voies. Leur remplacement représente un coût important pour l’État, estimé entre 40 000 et 80 000 € par radar selon le modèle, sans compter les pertes liées à l’interruption des contrôles. Les communes concernées rappellent que ces radars jouent un rôle essentiel sur des axes où les excès de vitesse sont fréquents, notamment sur la D556, régulièrement citée dans les bilans départementaux de Sécurité routière.

Enfin, les gendarmes de la compagnie de Pertuis, appuyés par les unités départementales, multiplient les relevés techniques et exploitent les images de vidéoprotection pour tenter d’identifier les auteurs de cette série d’incendies de radars. La destruction volontaire d’un radar constitue un délit passible de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende, une peine pouvant être aggravée en cas de mise en danger d’autrui. L’enquête se poursuit afin de déterminer si cette série d’incendies relève d’une action coordonnée ou d’actes isolés inspirés par un premier sabotage.

La rédaction

Photos : images d’illustration LesVoitures.com

Frédéric Martin

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